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Saut fatal à Farnham

Une mauvaise manoeuvre serait à l'origine de l'accident... (photo Véronique Tremblay)

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Une mauvaise manoeuvre serait à l'origine de l'accident qui a coûté la vie dimanche à Philippe Huard, un cameraman de 34 ans à l'emploi de l'école de parachutisme Nouvel Air de Farnham. Le drame a fortement secoué la trentaine d'employés de l'endroit, qui forment une communauté très unie.

photo Véronique Tremblay

Maxime Massé
Maxime Massé
La Voix de l'Est

(Farnham) L'atmosphère était lourde, très lourde, hier, à l'école de parachutisme Nouvel Air au lendemain de l'accident qui a coûté la vie à un Brighamois de 34 ans. Philippe Huard, qui y travaillait à titre de cameraman, est mort dimanche après-midi à la suite d'un saut qui a mal tourné.

Le drame est survenu vers 13h15 à Farnham. L'homme, qui filmait la descente en chute libre d'un couple en tandem, aurait effectué une mauvaise manoeuvre au moment de son atterrissage. L'impact violent qui a suivi n'a laissé aucune chance à la victime, qui comptait près de 600 sauts à son actif.

«L'enquête nous démontre que ce n'était pas une chute libre, mais une chute à haute vitesse et c'est à l'atterrissage qu'il y aurait eu un problème. Lors de sa chute au sol qui a été très brutale, il a subi de graves blessures. Il a ensuite été transporté à l'hôpital Brome-Missiquoi-Perkins où son décès a été constaté», a indiqué dimanche Steve Lalande, porte-parole de la Sûreté du Québec.

Le parachute de M. Huard se serait déployé normalement. Mais un témoin au sol aurait vu l'homme effectuer des manoeuvres non standards durant son atterrissage. «Il a été vu en dessous d'un autre parachutiste avec son parachute parfaitement ouvert. Est-ce qu'il y a eu de la témérité de sa part? Est-ce qu'il a tenté une manoeuvre risquée pour avoir des sensations fortes? Je ne sais pas. Une chose est sûre, il y a eu une mauvaise manoeuvre», a confié Michel Lemay, le copropriétaire de l'école Nouvel Air, quelques heures après l'accident.

Pour l'instant, tout indique que l'équipement du parachutiste ne serait pas en cause dans cet incident. «L'équipement va être inspecté, mais à première vue, il ne s'agit pas d'une défaillance. Ça rassemble vraiment plus à une erreur humaine», a expliqué M. Lemay.

L'équipe bouleversée

Bien que Philippe Huard était à l'emploi de Nouvel Air depuis le début de la saison seulement, sa mort a créé une véritable onde de choc au sein de la petite équipe de l'école, qui est tissée très serrée. La tragédie a fortement secoué l'ensemble des 30 employés, d'autant plus qu'il s'agissait du premier accident mortel à survenir à cet endroit.

«C'est une journée triste pour Nouvel Air. On a perdu un de nos meilleurs employés. Toute l'équipe est complètement bouleversée», a affirmé M. Lemay d'une voix étouffée.

L'émotion était d'ailleurs palpable, hier avant-midi, lors du passage de La Voix de l'Est. Des employés en pleurs ont décliné les demandes d'entrevues. La plupart s'efforçaient toutefois tant bien que mal de garder le sourire malgré les circonstances tragiques. S'il y a eu quelques annulations, la majorité des parachutistes se sont néanmoins présentés sur place pour effectuer leur saut en chute libre.

«L'ambiance est vraiment moche ce matin, mais la vie continue. On met nos émotions de côté un instant et on essaie de se concentrer sur les gens qui viennent ici pour vivre une belle expérience. Étonnamment, les gens se présentent en grand nombre et comprennent qu'il s'agit d'une erreur», relate M. Lemay.

Un saut en hommage au collègue disparu

En fin de journée, hier, les employés de Nouvel Air ont effectué ensemble un saut en chute libre afin de rendre un dernier hommage à leur collègue de travail. «C'est une façon pour nous autres de se tenir ensemble à travers cette épreuve et de lui accorder un moment bien particulier», mentionne M. Lemay.

La CSST fera enquête, puisque l'accident est survenu alors que la victime se trouvait sur son lieu de travail.

Cet accident mortel est le deuxième à secouer le monde du parachutisme québécois en un peu plus d'un an. Le 12 octobre 2009, un parachutiste d'expérience avait perdu la vie à l'école Parachute Montréal, située à Saint-Esprit dans Lanaudière, après que son parachute principal eut refusé de s'ouvrir.

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Commentaire (1)
    • C'est toujours triste quand on apprend une nouvelle comme ça, mais c'est un fait que les parachutistes expérimentés prennent plus de chances même si ce sont des risques calculés. Vous dites que c'est le premier accident mortel à cet endroit, mais en 1996 au mois de mai j'ai été sauter pour la première fois avec un groupe d'amis. La veille un parachutiste d'expérience de Montréal, je crois, s'était tué lors d'un saut chez Nouvel Air à Farnham. La nouvelle avait fait la manchette des journaux. On avait discuté avec les gens de Nouvel Air, on a sauté à la fin de la journée et ce fut une belle expérience.

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