«On peut faire mieux, admet le maire de Granby, Richard Goulet. Nous allons mettre des experts sur le dossier qui sera à l'étude.» La Ville n'a pas encore accordé le contrat à une firme pour l'étude, mais le maire promet que ce sera cette année.
Pour l'instant, trois circuits d'une heure existent: le rouge, le vert et le bleu. Ce dernier a été créé en 2007 pour amener les gens vers le Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin (CINLB). «Ça fait deux ans que l'on persiste avec ce circuit, mais il n'y a personne, souligne le maire. La firme déterminera peut-être qu'il y a des endroits où on ne doit plus aller.»
Le responsable du service d'évaluation à la Ville, Jean-Marc Couture, mentionne que les usagers du service réclament souvent des trajets moins longs. C'est le cas de Mathieu Rousseau, un travailleur du parc industriel, qui réside tout près de l'hôpital. Plutôt que de prendre le bus près de chez lui, il marche une quinzaine de minutes pour se rendre à l'arrêt au coin des rues Saint-Jacques et Saint-Charles Sud. «À partir de là, il me reste 20 minutes d'autobus à faire, explique-t-il. À partir de l'hôpital, j'ai 45 minutes d'autobus à faire.»
Réjeanne, qui prend l'autobus régulièrement, considère que les trajets actuels desservent des secteurs où le service n'est pas requis. «Le circuit 1 qui se rend sur la rue de l'Iris, je n'ai jamais vu personne monter à bord dans ce secteur, soulève-t-elle. J'ai fait signer une pétition dans mon bloc pour que le trajet ne s'y rende plus. J'ai eu une vingtaine de noms.»
Clientèle à la baisse
En 2007, pour faire mousser le transport en commun, la Ville de Granby a offert plusieurs journées gratuites pour profiter du service. Pour tous les week-ends de décembre, notamment. Quelque 192 000 passages ont été enregistrés pour cette année. En 2008, ce nombre a chuté à 180 000 puis à 175 000 en 2009. «Il y a une raison, c'est certain, nous essayons de la déceler, avance Jean-Marc Couture. Est-ce l'effet de la récession?»
Les travaux réalisés sur le pont Mountain en 2008 et ceux sur la rue Drummond en 2009 ont peut-être aussi causé la perte d'usagers, émet comme hypothèse M. Couture. «Nous avons été obligés de modifier les circuits dans ces secteurs pendant plusieurs mois, signale le responsable de l'évaluation. Les gens ont décidé de déserter le service. Ils ne sont pas revenus par la suite.»
Sylvie Loof, une utilisatrice du transport en commun, suggère au maire de prendre le bus. «Pendant une journée, il devrait organiser ses déplacements en fonction des circuits disponibles», propose-t-elle.
Réjeanne le met tout de même en garde de ne pas choisir un jour férié pour réaliser l'expérience. «Le boxing day, le 26 décembre, il faut oublier ça, il n'y a pas de transport», déplore-t-elle.