Le «bogue» de l'an 2000, dix ans plus tard

Hugo Samson de la Caisse populaire Granby Haute-Yamaska.... (photo Alain Dion)

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Hugo Samson de la Caisse populaire Granby Haute-Yamaska.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(GRANBY) Appelez-le comme vous voulez, le bug, le bogue de l'an 2000 ou le Y2K, mais ne prétendez pas avoir oublié cet épisode historique. Personne ne vous croirait! Pour monsieur et madame Tout le monde, et davantage chez ceux qui ont vécu l'arrivée du nouveau millénaire de l'intérieur, dans l'antre des systèmes informatisés, ce souvenir demeure bien vivant, même dix ans plus tard.

Reculons d'une décennie. La frénésie du tournant de l'an 2000 est à son comble. On craint le pire, à commencer par l'anéantissement pur et simple des réseaux informatiques dans le monde. Confusion dans le trafic aérien, lancement accidentel d'ogives nucléaires, pannes d'électricité générales, problèmes financiers, sans compter le dysfonctionnement des appareils de la vie quotidienne, tout est envisagé.On pense, non sans raison, que les programmes informatiques ne "passeront" pas la nuit du 31 décembre 1999 au 1er janvier 2000, en raison des systèmes de dates à deux chiffres. Et si tous les systèmes, en passant à 00, revenaient à 1900? Pour contrer cette menace, plusieurs anciens systèmes ont dû être remplacés complètement, alors que les plus récents ont pu être restaurés.

Bien que difficiles à chiffrer, les sommes qui ont été dépensées sur la planète pour assurer ce passage sans heurts auraient atteint des sommets vertigineux. Le montant de 600 milliards$ a souvent été avancée.

"C'était quelque chose!"

Avant que l'an 2000 fasse son entrée officielle, Jean-Paul Desrochers faisait déjà partie de l'équipe informatique du groupe Gesca. Il était membre d'une équipe "volante" assignée aux quotidiens La Voix de l'Est, La Tribune et Le Nouvelliste. Il se rappelle avoir vécu les mois précédents avec beaucoup de fébrilité. "Des efforts incroyables avaient été faits par Gesca pour prévenir les problèmes. Au printemps 1999, on avait créé un ''laboratoire de l'an 2000'' au Nouvelliste. C'était une grande salle informatique isolée. Ça a duré six mois. C'était quelque chose!"

Celui qui est aujourd'hui conseiller informatique à La Voix de l'Est avait pour mandat de tester tous les systèmes en application au sein des trois quotidiens, en simulant à l'avance le passage à l'an 2000 et en observant la réaction des appareils.

"On faisait poste par poste pour s'assurer que tous passaient le test. Il n'y a presque pas eu d'impact finalement", relève-t-il en concédant que beaucoup d'argent avait été investi dans ce laboratoire d'essai.

Pour l'avoir vécu de près, Jean-Paul Desrochers est convaincu que ce fameux bogue n'était pas qu'une menace créée de toutes pièces. Le risque était réel et faisait l'objet d'inquiétudes depuis aussi loin que 1993.

"Beaucoup d'entreprises n'auraient pas passé l'an 2000 si elles n'avaient pas été bien préparées", insiste-t-il.

Par ailleurs, l'informaticien fait remarquer qu'on a beaucoup moins parlé du "bogue" causé par la décision du Canada, en 2007, de s'ajuster au passage à l'heure normale et à l'heure avancée en vigueur aux États-Unis. "C'est aussi problématique, dit-il. Ça nous force à modifier nos systèmes informatiques, téléphoniques et même les systèmes d'alarme. On n'a pas encore fini de s'ajuster."

En douceur

Hugo Samson est soutien technique senior à la caisse populaire Granby Haute-Yamaska. En 1999, il oeuvrait déjà au sein du mouvement Desjardins pour la caisse Saint-Benoît de Granby. Il se rappelle avoir vécu en douceur les mois précédant le jour J. "L'équipe chez Desjardins m'avait envoyé une "patch" sur disquette pour s'assurer que tous les postes informatiques passent le test. Et on faisait davantage de vérifications et de ''back-ups''. Mais tout s'est fait facilement."

M. Samson avoue néanmoins avoir ressenti une certaine incertitude au passage de l'an 2000. "J'avais le goût de me lever à minuit juste pour aller voir si tout était correct!"

Il y a bien quelques logiciels "maison" qui sont retombés à l'an 00 au matin du 1er janvier, mais rien de bien compliqué à régler, relate-t-il.

Avec le recul, l'homme demeure convaincu: "On s'est énervés pour rien. Ce n'était pas si pire, après tout."

Bien préparés

Chez IBM Canada, le problème était connu des années avant l'an 2000. On a donc eu amplement le temps de s'organiser. La responsable des communications, Joanne Fortin, rappelle que la compagnie n'avait pas lésiné sur l'approche auprès de sa clientèle. "Aux dernières heures de 1999, presque tous nos effectifs spécialisés étaient en veille pour pouvoir réagir rapidement."

Dans les services corporatifs comme à l'usine de Bromont, une grande attention a été portée aux fuseaux horaires, l'Asie traversant le millénaire avant l'Amérique. "On surveillait pour évaluer la situation, mais il n'y a pas eu d'alertes majeures ailleurs."

Pas question, cependant, de minimiser le bogue annoncé. "Il fallait être bien sûrs que les systèmes embarqueraient dans l'an 2000. Tout aurait été possible, mais on s'était bien préparés", affirme Mme Fortin.

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