Des effets secondaires nocifs

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Marie-Josée Croteau

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Chantal Vallée
La Voix de l'Est

(Granby) Les adeptes du yoga pourraient parler longtemps des bienfaits qu'ils en retirent: la relaxation et la sensation de bien-être pour en nommer quelques-uns. Mais cette pratique n'a pas que des côtés positifs, il peut y avoir des dangers à pratiquer le yoga soutient la sociologue de la santé Marie-Josée Croteau.

Mme Croteau présentait une conférence dimanche dernier, à Granby, dans le cadre du colloque de la Fondation médicale Agapè qui regroupe des professionnels de la santé catholiques.

 

Depuis cinq ans, la Granbyenne accumule les études scientifiques menées au sujet d'effets nocifs liés à la pratique du yoga, de la méditation et du qi gong (le yoga chinois) chez certaines personnes. Ses recherches ont débuté après qu'elle a vécu de mauvaises expériences en suivant un cours de kundalini yoga dans lequel il y avait aussi une initiation à la méditation transcendantale.

«Le yoga, la méditation transcendantale et le qi gong peuvent présenter des bénéfices pour la santé mais ils ont aussi des effets secondaires qui peuvent être très sévères. Les symptômes peuvent être autant d'ordre physique que mental. Le yoga et la méditation semblent être les principaux déclencheurs du syndrome de kundalini et des crises d'émergence spirituelle», note Marie-Josée Croteau qui a fait une revue de littérature scientifique à ce sujet.

«Le but du yoga, c'est d'éveiller l'énergie de la kundalini, c'est l'énergie sexuelle qui se trouve à la base de la colonne vertébrale par les postures, la concentration et les mantras. Selon la philosophie hindoue, l'énergie va commencer à aller d'un chakra à l'autre jusqu'au cerveau», explique Marie-Josée Croteau.

«Une fois que l'énergie arrive au cerveau, il y a un genre d'illumination, une énergie puissante, un peu comme l'effet que procurent certaines drogues. Il y en a qui disent que le but du yoga est d'atteindre des états modifiés de conscience», indique-t-elle.

Un des auteurs qu'elle a consultés, Marc-Alain Descamps, est psychologue, psychanalyste et professeur de yoga. Il a écrit le livre intitulé L'Éveil de la kundalini, publié aux éditions Alphée. «Les montées sauvages de kundalini se multiplient à notre époque et provoquent des malaises divers qu'encore trop de médecins et de psychiatres ne savent pas bien reconnaître. Pourquoi donc?», écrit cet écrivain français.

Les études parcourues par Mme Croteau font état de cas de dépersonnalisation temporaire ou permanente, d'hallucinations visuelles ou auditives, de paranoïa, d'agitation et d'agressivité chez certains adeptes de yoga.

Certaines personnes qui pratiquent la méditation transcendantale ont souffert d'anxiété et de problèmes psychiatriques. La «réaction psychotique de qi gong» est un diagnostic inclus dans le manuel chinois de classification des troubles mentaux, fait valoir Marie-Josée Croteau.

Plusieurs études portent plus spécifiquement sur le syndrome de kundalini, dont les principaux déclencheurs sont le yoga et la méditation, fait-elle valoir. Parmi les observations notées par les scientifiques on trouve: comportements irrationnels, visions, mouvements involontaires habituellement associés à la maladie mentale, troubles psychologiques et émotionnels, sautes d'humeur, confusion, etc...

Pourquoi?

Comment des pratiques en apparence inoffensives peuvent-elles avoir autant d'impacts chez certains individus? «Ce que j'ai lu, c'est davantage des observations des effets. La personne qui s'est adonnée à telles pratiques a eu tels symptômes. Je n'ai pas vu d'auteur qui a donné une interprétation», indique Marie-Josée Croteau.

Des scientifiques qui ont mené une étude sur les réactions psychotiques relevées chez certains adeptes du qi gong croient que cette pratique aurait pu précipiter l'apparition d'une maladie mentale sous-jacente comme la schizophrénie, la maladie bipolaire ou un désordre de stress post-traumatique.

Mme Croteau relève que les effets secondaires négatifs de ces pratiques sont suffisamment importants pour que l'on trouve des centres pour aider ces personnes à Ottawa, Vancouver et en Californie notamment.

«La population n'est informée que des côtés positifs du yoga, mais elle devrait avoir l'heure juste, savoir que ces techniques-là peuvent aussi avoir des effets secondaires négatifs. C'est une question de transparence», soutient-elle.

Pour obtenir plus d'informations à ce sujet, elle invite les gens à consulter le site dangeryoga.com

Religion

Marie-Josée Croteau, qui est aussi présidente de la Coalition pour la liberté en éducation, s'oppose à l'entrée du yoga et de la méditation transcendantale dans les écoles à cause des effets secondaires nocifs notés chez certaines personnes.

Elle est aussi en désaccord d'un point de vue spirituel. «On n'a pas déconfessionnalisé les écoles, on a déchristianisé les écoles», déplore-t-elle. On a retiré la religion catholique, mais en faisant entrer le yoga, c'est comme si on introduisait une pratique qui est fortement connectée à l'hindouisme par la porte arrière, déplore-t-elle.

À la commission scolaire du Val-des-Cerfs, on ne partage pas cet avis. «Le terme yoga est utilisé à tort. On offre des exercices de détente et de relaxation dans nos installations. Ce qui est parfois nommé yoga est très loin d'être du yoga avec des valeurs de l'hindouisme et l'entrée en transe», précise la coordonnatrice aux communications Sandra Thibodeau.

Les cours de yoga offerts aux élèves à la CS du Val-des-Cerfs sont optionnels, souligne-t-elle. Un volet yoga est inclus dans la voie santé offerte dans le cadre des activités parascolaire à l'école secondaire J.-H.-Leclerc. Les élèves de l'école primaire de Sutton peuvent aussi s'inscrire à des cours de yoga, à l'extérieur des heures de classes.

 

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