Le départ de deux sauveteurs, récemment, a porté un dur coup au parc. L'un a quitté pour travailler à la piscine Miner de Granby, alors que l'autre, une personne de l'extérieur de la région, était lasse de voyager.
"Je la comprends, c'est vrai qu'elle avait beaucoup de voyagement", soutient Hélène Plante, responsable des ressources humaines au parc national de la Yamaska.
La gestionnaire doute qu'elle réussira à attirer d'autres sauveteurs. "Nous sommes rendus à la fin du mois de juillet", lance-t-elle.
Recrutement
Ce printemps, des offres d'emploi ont été publiées à l'extérieur de la région pour recruter. "Nous offrons de payer la formation de sauveteur national plage, détaille Mme Plante. Et nous avons fait l'acquisition d'une roulotte pour héberger les jeunes de l'extérieur."
La responsable n'a pas trop voulu discuter du salaire offert. Mme Plante a toutefois fait savoir qu'une dérogation a été demandée à la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) pour hausser le salaire à 12 $ de l'heure, la moyenne payée pour les sauveteurs dans la région.
"On garantit les heures s'il ne fait pas beau et s'il y a des cyanobactéries. Nous faisons faire des tâches connexes aux jeunes, ajoute Hélène Plante. Beau temps, mauvais temps, ils font 40 heures."
Le parc aquatique Ski Bromont et l'Amazoo sont des concurrents de taille pour le recrutement de sauveteurs. "Les jeunes veulent un "trip" de gang, constate Mme Plante. Ici, ce n'est pas la même chose, ils sont cinq."
La directrice des communications au Zoo de Granby, Catherine Page, confirme que l'effet de groupe semble faciliter le recrutement. "Ça attire d'être dans un parc aquatique, soutient-elle. Les jeunes aiment l'esprit d'équipe. Il y a un entraînement en groupe au quotidien."
Le zoo craignait tout de même avoir de la difficulté à trouver les 50 sauveteurs nécessaires pour la saison estivale. "Avec Hurakan, nous avions besoin de huit personnes de plus", souligne Mme Page.
Entraînement et formation
Plusieurs des sauveteurs embauchés cette année ont fait savoir qu'une vidéo destinée aux visiteurs mise en ligne sur le site du zoo les a convaincus de postuler. "Dans la vidéo, il était question de l'entraînement et de la formation des sauveteurs", explique la directrice des communications.
Le zoo offre des formations en réanimation cardiorespiratoire et en défibrillation aux jeunes. Le cours de sauveteur national plage et pour parc aquatique est aussi offert. Les jeunes doivent toutefois débourser pour cette formation.
De son côté, pour allécher les jeunes, le parc aquatique Ski Bromont paie entièrement la formation de sauveteur national d'une centaine d'heures. "Mais on rembourse les frais de la formation sur trois ans pour inciter les jeunes à demeurer chez nous, mentionne la directrice du marketing chez Ski Bromont, Élaine Plamondon. Les deux premières années, on rembourse 25 % et la troisième année 50 %."
Malgré ces incitatifs, Mme Plamondon ne cache pas que le recrutement des sauveteurs occasionne un stress chaque année. "Le problème, c'est qu'il n'y a pas assez de sauveteurs formés", considère-t-elle.
Un avis que partage le directeur général de la Société de sauvetage du Québec, Raynald Hawkins. "À Granby, il n'y a qu'un endroit pour former les sauveteurs et c'est à la piscine Miner, soulève-t-il. La solution, c'est d'augmenter la formation."
M. Hawkins chiffre entre 5000 et 6000 le nombre de sauveteurs formés chaque année au Québec. "Nous sommes en progression, insiste-t-il. La notion de manque de sauveteurs est ponctuelle, ce n'est pas partout. À Granby, c'est le cas, il y a deux endroits alléchants Amazoo et Ski Bromont. Le principe de travail d'équipe attire les jeunes."