«C'est vrai qu'il ne fait pas très beau, mais je dirais que ce sont surtout les prévisions météo qui nous sont dommageables, indique Élaine Plamondon du parc aquatique Ski Bromont. Au cours des dernières semaines, on nous a annoncé de la pluie et des orages presque à tous les jours. Mais la plupart du temps, il n'a pas plu ou il n'a plu qu'en fin de journée.»
Pour une entreprise touristique comme celle-là, les prévisions météo peuvent faire la différence entre une journée où il n'y a pas une chaise longue de libre et une autre où la nouvelle piscine à vague n'est occupée que par cinq ou six baigneurs. Et hélas, depuis quelques semaines, les prévisions météo ne parlent que de nuages et d'orages avec les conséquences que cela implique pour le tourisme.
«Trop souvent, les présentateurs météo nous font des prévisions pessimistes, mentionne Mme Plamondon. Et on sait que la météo influence beaucoup les gens quand ils planifient leurs sorties.»
Même scénario à l'Amazoo
L'autre parc aquatique de la région, l'Amazoo du Zoo de Granby, pâtit lui aussi des mauvaises prévisions du temps.
«C'est vrai que la température n'est pas idéale, admet Catherine Page, coordonnatrice aux communications du Zoo de Granby. C'est évident que, quand on annonce du beau temps, il y a plus de monde. Mais, pour le moment, on ne souffre pas encore trop du mauvais temps.»
Ce qui permet à l'attraction de bien s'en sortir, pour le moment, c'est que les prévisions de pluie n'empêchent en rien la visite du parc zoologique.
«Même que, comme il y a moins de monde les jours de pluie, on peut plus en profiter, assure Mme Page. L'eau de l'Amazoo est chauffée alors, bien souvent, on est mieux dans l'eau que dehors!»
Bien entendu, l' Amazoo n'est pas aussi achalandé qu'il pourrait l'être si le mercure flirtait avec les 30 degrés.
«Mais l'avantage que l'on a, c'est que le prix d'entrée du zoo comprend l'admission à l'Amazoo et que 80 % de nos visiteurs viennent d'abord pour les animaux. Mais il faudrait quand même qu'il se mette à faire beau un moment donné.»
En revanche, Catherine Page croit elle aussi que les prévisions météo pèsent un peu trop lourd dans le processus de décision des gens quand vient le temps de planifier leurs vacances et que celles-ci n'ont peut-être pas la précision voulue.
«C'est difficile de croire que l'on peut prédire avec précision le temps qu'il fera le dimanche quand on est mardi», dit-elle simplement.
Opération concertée
Il n'y a pas que ces deux entreprises qui en ont contre les prévisions météo. À preuve, la Société des attractions touristiques du Québec (SATQ) a lancé une offensive en règle contre les prévisions météo un peu trop alarmistes.
«On a déjà rencontré les dirigeants de Météomédia et de TVA pour leur demander d'être plus nuancés dans leurs prévisions météorologiques, indique Pierre-Paul Leduc, directeur général de la SATQ. Il faut arrêter de faire peur aux gens avec la météo.»
Parmi les demandes formulées par la SATQ, on souhaite , entre autres, que la météo soit présentée pour l'avant-midi et l'après-midi et que l'on cesse d'utiliser des pictogrammes qui ne montrent que le pire de la journée.
«On aimerait aussi que les réseaux d'information mentionnent la marge d'erreur, poursuit M. Leduc. On le fait bien pour les sondages et laissez-moi vous dire qu'il y a une bien plus grosse marge d'erreur en météo. Pour des prévisions de plus de sept jours, on parle de 50 %. C'est comme lancer une pièce de monnaie en l'air pour prédire le temps qu'il fera, ça ne veut plus dire grand-chose.»
M. Leduc admet que la météo occupe une trop grande place dans la vie et l'humeur des Québécois. Il faudrait peut-être, à son avis, arrêter de prendre les prévisions météo «pour du cash».
«Quand on nous annonce 30 % de probabilité d'averses, c'est qu'il y a 70 % de chances de beau temps, dit-il. Il ne faut plus que les gens s'empêchent de sortir parce qu'on annonce un peu de pluie. Sortez quand même. Au pire, prévoyez-vous un plan B à l'intérieur. Il y a tellement de choses que l'on peut faire au Québec.»
Et comme on nous annonce encore des orages pour la fin de la journée, mieux vaut avoir élaboré son plan B.