Des parents exigent d'annuler les suspensions

Jocelyn Gagné, Pierre-Yves Lasnier et Lynda Foisy font... (photo Janick Marois)

Agrandir

Jocelyn Gagné, Pierre-Yves Lasnier et Lynda Foisy font partie des parents qui ont mis en demeure l'école secondaire J.-H.-Leclerc.

photo Janick Marois

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Alexandra Arbour
La Voix de l'Est

(Granby) Six parents qui s'opposent au cours d'éthique et culture religieuse (ÉRC) ont expédié une mise en demeure à l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc. Ils somment la direction de l'établissement d'annuler l'avis de suspension remis à leurs enfants la semaine dernière, sans quoi ils pourraient porter la cause devant les tribunaux.

«Nous sommes rendus à une étape où notre bonne volonté ne suffit plus, affirme Linda Foisy, la mère des jumeaux Xavier et Pierre-Élie Lasnier, suspendus respectivement hier et aujourd'hui. Le gouvernement nous a enlevé le droit de regard sur l'éducation de nos enfants. C'est David contre Goliath!»

 

Les parents des élèves se sont présentés à l'école hier matin vers 8h30 pour y rencontrer la direction. Ils avaient en mains trois mises en demeure, concernant quatre élèves de quatrième secondaire. «La direction nous a fait jouer une cassette, raconte Pierre-Yves Lasnier, le père des jumeaux. Ils répétaient constamment que nos enfants devaient assumer les conséquences de leurs absences au cours d'ÉCR.»

Les parents interrogés par La Voix de l'Est considèrent que l'école ne respecte pas leur droit de parent en refusant de motiver les absences de leurs enfants au cours d'ÉCR. Ainsi, les élèves qui boycottent le cours cumulent les absences non motivées et s'exposent à des sanctions prévues par le code de vie de l'école. Les parents indiquent qu'ils se battront tant et aussi longtemps que la commission scolaire du Val-des-Cerfs n'assouplira pas ses règles ou n'exemptera pas leurs jeunes.

Contrat de réintégration

Après avoir rencontré la direction de J.-H.-Leclerc, le père de Jonathan Gagné, suspendu vendredi, ne savait toujours pas ce qu'il adviendrait de son fils aujourd'hui. Pour que Jonathan retourne en classe, ses parents doivent signer une entente de réintégration, qui stipule qu'il assistera à l'avenir à ses cours d'ÉCR.

«Hier, ils l'ont laissé aller à ses cours parce que le contrat de réintégration n'était pas prêt, dit Jocelyn Gagné. Alors nous devons attendre que l'école nous fasse parvenir le document. Comme nous refusons de le signer, nous ne savons pas si Jonathan sera réintégré en classe, suspendu à l'interne, renvoyé à la maison ou expulsé.»

La balle est maintenant dans le camp de la commission scolaire. «La direction de J.-H.-Leclerc nous a transmis les mises en demeure pour que nos avocats les étudient, dit le directeur général, Alain Lecours. Nous n'avons pas encore déterminé notre plan de match.»

M. Lecours déplore la tournure des événements depuis le début de la saga du boycottage du cours d'ÉCR. Il fait valoir que la commission scolaire et les parents ont chacun des responsabilités vis-à-vis des jeunes. «Selon la loi, nous devons appliquer le régime pédagogique, dit-il. Les parents doivent quant à eux prendre tous les moyens nécessaires pour que leur jeune fréquente l'école. On espère qu'on pourra concilier ces deux responsabilités.»

Un cours anticonstitutionnel?

L'idée d'envoyer une mise en demeure à l'école J.-H.-Leclerc a germé dans l'esprit de l'avocat Jean-Yves Côté dimanche dernier. «Quand j'ai appris que des élèves avaient été suspendus à cause du boycott du cours d'ÉCR, j'ai lancé la balle à leurs parents et ils l'ont vite attrapée, dit celui qui a rédigé les documents déposés ce matin. J'ai été interpellé par la cause non seulement comme avocat, mais aussi comme parent et comme croyant.»

L'avocat plaidera au palais de justice de Drummondville en mai prochain au sujet du cours d'ÉCR, dans une autre cause. «La Cour supérieure déterminera si l'obligation de suivre ce cours porte atteinte à la liberté de conscience et de religion, explique-t-il. Si des parents musulmans réussissent à faire exempter leurs enfants d'un cours de musique pour des motifs religieux, je ne vois pas pourquoi on n'accorderait pas la même chose aux parents qui s'opposent au cours d'ÉCR. J'appelle cela de la «christianophobie».» Les familles Lasnier et Gagné espèrent que la commission scolaire du Val-des-Cerfs attendra ce jugement pour décider du sort de leurs enfants.

D'ici là, Me Jean-Yves Côté remarque que plusieurs parents retirent leur enfant du cours d'ÉCR sans embûche. «Le seul endroit où il y a un problème, c'est à J.-H.-Leclerc. J'ai moi-même un fils en secondaire 2 dans un autre établissement et je le retire du cours aisément», dit-il.

 

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer