Les absents sont suspendus

Lynda Foisy et ses deux fils, Xavier et... (photo Marie-France Beaudry)

Agrandir

Lynda Foisy et ses deux fils, Xavier et Pierre-Élie Lasnier, suspendus respectivement lundi et mardi prochains.

photo Marie-France Beaudry

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Alexandra Arbour
La Voix de l'Est

(Granby) La direction de l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc de Granby serre la vis aux élèves qui boycottent le cours d'éthique et culture religieuse. Un élève de quatrième secondaire a été suspendu, hier, et cinq autres ont reçu des avis de suspension pour la semaine prochaine. C'est le début d'un bras de fer entre les parents de ces jeunes et la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

Jonathan Gagné a été suspendu pour avoir manqué 20 périodes du cours d'éthique et culture religieuse (ÉCR). Depuis le début de l'année, l'adolescent évite le cours, avec la bénédiction de ses parents.

 

Pour qu'il puisse retourner en classe, ceux-ci doivent signer un contrat de réintégration avec la direction de l'école. Dans le document, les parents s'engagent à obliger leur enfant à se présenter au cours d'ÉCR.

«On ne signera pas le contrat, martèle sa mère, Diane Gagné, qui est convoquée à l'école lundi matin. On persiste à retirer notre fils du cours.»

Expulsion

Sans la griffe de ses parents, Jonathan risque l'expulsion. La commission scolaire du Val-des-Cerfs confirme qu'elle appliquera les sanctions prévues dans le code de vie de l'école J.-H.-Leclerc contre l'absentéisme.

«Nous avons l'obligation de mettre de l'avant le régime pédagogique, indique le directeur général de la commission scolaire, Alain Lecours. Un élève absent, même partiellement, contrevient à cette règle. Nous devons donc sévir.»

Les sanctions du code de vie varient selon le nombre de périodes manquées. Elles vont de l'avertissement verbal au retrait définitif de l'école, en passant par des suspensions de différentes durées.

Selon la Loi sur l'instruction publique, un parent est tenu de prendre les moyens nécessaires pour que son enfant fréquente l'école. «Si le parent ne signe pas le contrat de réintégration, on est dans une zone grise, dit M. Lecours. On ne peut pas réadmettre le jeune. Il faudra que les parents trouvent une solution avec la direction de l'école.»

Diane Gagné condamne cette position. «Nous nous attendons à ce que Jonathan soit expulsé lundi, déplore-t-elle. C'est très difficile, parce qu'il ne veut pas revenir sur sa décision et nous non plus. Surtout que nous n'avons pas vraiment d'alternatives à part changer de commission scolaire ou déménager dans une autre province.»

Comme Jonathan a 16 ans, il pourrait aussi fréquenter l'école des adultes.

Absences non-motivées

Les deux fils de Linda Foisy, Xavier et Pierre-Élie Lasnier, seront suspendus respectivement lundi et mardi prochains. À l'instar de Diane Gagné, elle ne signera pas pour que ses enfants retournent à leur cours d'ÉCR.

«J'appelle à l'école pratiquement tous les matins pour justifier leur absence au cours, affirme-t-elle. Le problème, c'est que l'école les considère comme des absences non-motivées. On remet en question mon autorité de parent. Ils ne comprennent pas que ce cours-là, on ne le veut pas!»

La Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ), un regroupement de parents qui s'opposent au cours d'ÉCR, dénonce cette politique de l'école J.-H.-Leclerc.

«C'est complètement arbitraire. Un élève qui va deux semaines en Suisse pour faire du ski avec ses parents aura une absence motivée!», s'indigne le porte-parole Richard Décarie. Selon lui, le seul moyen honorable pour la commission scolaire de dénouer l'impasse est d'accepter d'exempter les élèves. Il fait valoir que même si le cours d'ÉRC est obligatoire, il n'est pas nécessaire à l'obtention du diplôme d'études secondaires.

Valeurs

Le directeur général de la commission scolaire du Val-des-Cerfs rétorque que l'école est dans son droit de refuser de motiver les absences des jeunes concernés.

«Leurs parents ont déjà fait des demandes d'exemption à la commission scolaire pour le cours d'ÉCR et elles ont toutes été refusées, dit Alain Lecours. On sait que ce n'est pas l'application du code de vie qui pose problème. Le fond du débat, c'est les valeurs et les croyances.»

 

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer