Trappeur n'est pas un métier à proprement parler, précise toutefois M. Beaumont. C'est davantage un loisir pour lequel il est rémunéré. Un permis est obligatoire, ainsi qu'une formation de deux jours offerte par le gouvernement du Québec. Mais rien ne vaut le poids de la pratique... «C'est l'expérience qui m'a appris tout ce que je sais. J'ai commencé à trapper à l'âge de 12 ans, raconte l'homme de Roxton Pond. Personne ne nous montrait ça à l'époque. C'était une sorte de chasse gardée.»
La piqûre est venue d'elle-même alors qu'il jouait le rôle de rabatteur de chevreuils pour son père lors de leurs parties de chasse sur le mont Shefford. «Un jour, j'ai vu un bobcat (lynx roux). Le lundi suivant, j'allais m'acheter deux pièges. Je n'ai jamais attrapé le bobcat, mais j'ai pris des renards!» À 20 ans, il a pris une pause pour recommencer dans la quarantaine. Il en aura bientôt 65.
Depuis 1980, grâce à un tirage au sort du gouvernement, Gilles Beaumont a comme terrain de jeu un vaste territoire de 94 km2 au nord de La Tuque, où il trappe la martre, le pékan, le loup, le renard, la loutre, le castor, le rat musqué, le raton laveur et même l'ours.
À partir du 25 octobre de chaque année, et ce, durant un mois et demi, M. Beaumont y fait des séjours de deux semaines entrecoupés de retour à la maison pour rapporter ses prises et se ravitailler. Il y retourne ensuite au printemps pour la chasse à l'ours. Là-bas, il campe dans une roulotte et sillonne le territoire deux fois par jour en véhicule tout-terrain. Seul en plein bois la plupart du temps, il est aux oiseaux. «J'éprouve un grand sentiment de liberté quand je suis là. Je suis en mode slow. Et je ne crains pas les animaux.»
Le risque est pourtant présent. Mais mis à part deux incidents en carrière, Gilles Beaumont a toujours misé sur la prévention. «Il faut être prudent, minimiser le danger.»
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