• La Voix de l'Est 
  • > Éducation sexuelle des personnes autistes ou asperger : vivre ses relations harmonieusement 

Éducation sexuelle des personnes autistes ou asperger : vivre ses relations harmonieusement

La réputée psychologue et sexologue Isabelle Hénault, également... (Photo fournie par Isabelle Hénault)

Agrandir

La réputée psychologue et sexologue Isabelle Hénault, également directrice de la Clinique Autisme et Asperger de Montréal, animera l'atelier conférence du 8 novembre.

Photo fournie par Isabelle Hénault

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Bromont) Être différent ne signifie pas qu'on ne peut mener une vie normale. Voilà l'une des prémisses de la conférence «Éducation sociosexuelle adaptée aux individus avec un TSA [trouble du spectre de l'autisme] ou un syndrome d'Asperger», qui sera tenue le 8 novembre prochain au Château Bromont.

Le programme, présenté en neuf langues un peu partout dans le monde, vient répondre à un besoin d'information et d'éducation socio-sexuelle croissant, avec le vieillissement des personnes diagnostiquées avec de tels troubles.

«Il y a 14 ans, quand j'ai commencé dans le milieu, les programmes existaient pour la petite enfance, note la psychologue et sexologue Isabelle Hénault, qui animera la journée et qui est aussi la directrice de la Clinique Autisme et Asperger de Montréal. Mais les sujets qu'on suivait à l'époque sont devenus ados ou jeunes adultes, et ils atteignent une nouvelle étape dans leur développement sexuel, tant au plan psychologique que physiologique.»

«À ce niveau-là [physiologique], ils vivent les mêmes changements dans leur corps que les autres jeunes ados de leur âge, mais ce n'est pas toujours évident de les comprendre. Eux et leurs parents sont confrontés à de nouveaux comportements», complète Caroline Hui, ergothérapeute et fondatrice de Choisir d'apprendre. Elle organise depuis une dizaine d'années divers ateliers spécialisés.

Briser le tabou

La sexualité est une facette souvent oubliée quand on pense aux individus avec un TSA ou un syndrome d'Asperger. «Il y a beaucoup de travail à faire pour lever le voile, affirme Mme Hui. La société est hypersexuelle, mais on ne parle pas de leur sexualité à eux, alors qu'au niveau hormonal, ils ont les mêmes sensations et les mêmes pulsions que tout le monde. C'est important d'éduquer les individus autant que leur entourage.»

Heureusement, le succès d'un film comme Gabrielle, même s'il traite de la sexualité de personnes aux prises avec une déficience intellectuelle, démontre l'ouverture des gens vis-à-vis le développement d'une sexualité et de relations saines pour tous. «Le film montre que les mentalités changent, se réjouit la Dre Hénault. Il y a moins de stéréotypes, et les gens semblent comprendre qu'il s'agit d'un besoin légitime, ce qui est bien représenté dans Gabrielle.»

Outiller

Loin d'encourager des comportements sexuels, mais visant plutôt à les encadrer, l'atelier conférence a donc pour objectif d'outiller les spécialistes, les individus avec un diagnostic d'autisme ou un syndrome d'Asperger, de même que leurs familles, afin d'assurer un développement sociosexuel harmonieux et des comportements adéquats. À l'aide de scénarios, d'astuces et de mises en situation, les émotions, les différentes étapes d'une relation, les comportements sociaux et sexuels, l'intimité, l'amour et l'amitié de même que l'éducation à une santé sexuelle seront abordés.

«La sexualité englobe beaucoup plus que les simples comportements sexuels, précise la Dre Hénault. Il y a tout l'aspect multidimensionnel des relations. Ce que je constate auprès de ma clientèle, c'est que des gens sont seuls alors qu'ils ont le potentiel de vivre de belles histoires.»

Le manque de connaissances, jumelé au manque d'expérience, rend les individus avec un diagnostic d'autisme ou d'Asperger plus vulnérables que leurs pairs. «En ayant moins d'information et d'expérience, ils ont moins l'occasion de développer leurs habiletés relationnelles, poursuit la spécialiste. Ils ne sont pas aussi naturels ou spontanés que peuvent l'être les autres en raison de leur trouble.»

La notion de consentement, tant chez soi que chez l'autre, est aussi expliquée afin d'éviter des comportements inappropriés ou des abus, de part et d'autre. «C'est important de leur apprendre l'importance du consensus, de savoir le donner et aussi savoir le reconnaître chez l'autre», indique Mme Hénault.

La Montérégie est la région où on retrouve le plus haut taux de prévalence (diagnostics) du trouble du spectre autiste au Québec, avec 138 cas par 100 000habitants. «Ce trouble représente 43% de l'ensemble des handicaps recensés dans les écoles de la Montérégie», peut-on lire dans le bulletin d'information printanier de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie.

Plus d'informations sont disponibles sur le site www.choisirdapprendre.ca

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer