Contestation sociale : Le mouvement s'essoufle

Parti du parc Daniel-Johnson, le petit groupe de... (photo Stéphanie Mantha)

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Parti du parc Daniel-Johnson, le petit groupe de 60 personnes a déambulé dans les rues de Granby pendant près de deux heures, avant de revenir à leur point de départ.

photo Stéphanie Mantha

 

Dominique Talbot
La Voix de l'Est

(Granby) Les opposants à la hausse des droits de scolarité et la loi 78 décrétées par le gouvernement de Jean Charest ont profité des festivités de la Saint-Jean Baptiste pour se faire entendre de nouveau dimanche. Parti du parc Daniel-Johnson, le petit groupe de 60 personnes a déambulé dans les rues de Granby pendant près de deux heures, avant de revenir à leur point de départ.

Force est de constater que cette neuvième manifestation depuis le début du conflit étudiant n'aura pas soulevé les foules, bien que les manifestants aient fait le tour du parc Daniel-Johnson, où quelques milliers de personnes s'y agglutinaient dans le cadre de la Fête nationale. Plusieurs personnes n'ont pas hésité à exprimer un certain mécontentement envers les marcheurs, une joueuse de volleyball leur lançant même un ballon qui a atterri directement sur la poussette d'un manifestant.

«J'aurais aimé qu'il y ait plus de gens. Surtout à la Saint-Jean. Beaucoup de personnes nous disaient que c'est une journée pour fêter et pas pour manifester. Je ne suis vraiment pas d'accord avec ça. On se l'est fait dire. C'est normal que dans une foule, il y ait des gens en désaccord. Je trouve seulement triste de voir que la Fête nationale, qui était jadis synonyme de souveraineté, est aujourd'hui une journée où on préfère s'écraser avec une bière. Mais comme d'habitude, les gens qui sont avec nous manifestent avec certitude», commente Tristan Rivard, organisateur de la marche.

Garder le mouvement vivant

Parmi les manifestants se trouvait Éric Bédard, qui sera candidat de Québec solidaire aux prochaines élections provinciales. Selon lui, il est important que le mouvement lancé en février dernier ne soit pas relégué aux oubliettes pendant la saison estivale.

«C'est important de continuer pour ne pas permettre au gouvernement de croire que les gens vont s'endormir pendant l'été. Le problème reste entier. Absolument rien n'est réglé. Ce même gouvernement a contribué à élargir le mouvement», exprime-t-il.

Le professeur à l'école secondaire J.-H.-Leclerc ne s'explique pas vraiment pourquoi Granby reste immunisé contre le mouvement qui a gagné plusieurs régions du Québec au cours des derniers mois. «Peut-être une question de richesse collective... Il y a tellement moins d'écart ici dans le niveau de vie si on compare avec Montréal. La population vit assez bien ici. Peut-être est-elle moins sensibilisée à la cause. Ce sont des hypothèses. Il n'y a pas de réponse précise», dit-il.

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