Plaidoyer en faveur de l'école publique

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La Voix de l'Est

Suite à la parution dans votre quotidien de la nouvelle concernant l'acceptation par le MELS de l'implantation du primaire au Collège Mont Sacré-Coeur, je me suis posé une simple question: où va donc s'arrêter le privé dans cette espèce de chasse aux sorcières à l'encontre du système scolaire public? Mon principal souci, c'est encore une fois la manière dont notre système scolaire public est perçu. J'ai comme l'impression que, de plus en plus, le bon citoyen se posera la question à savoir si nos écoles primaires publiques sont aptes à bien préparer nos jeunes. La perception des gens envers l'école publique vient encore d'en prendre un coup!

Sachez une chose, chers parents concernés, que j'ai l'immense privilège de côtoyer vos jeunes au secondaire, étant moi-même enseignant, et je peux vous affirmer sans me tromper que tout est mis en oeuvre dans nos écoles publiques pour encadrer le plus favorablement possible vos enfants. Tuteurs, récupérations, suivi personnel et approprié, plans d'intervention, voilà des exemples de ce que nous faisons pour vos enfants.

 

Sachez une autre chose, chers parents concernés, que j'ai moi-même passé mes années au secondaire dans une école privée de Granby. Oui, j'y ai passé de belles années, oui j'y ai tissé des liens qui tiennent encore aujourd'hui. Cependant, je me rends bien compte aujourd'hui que l'école privée que je fréquentais n'avait pas nécessairement plus à m'offrir qu'une école publique. Je m'explique en disant que chaque école a ses bons côtés et ses moins bons. Les problèmes que l'on rencontre dans nos écoles sont les mêmes, école privée ou publique. À mon avis, l'école privée donne souvent l'illusion que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes sous son toit. Cependant, est-ce la réalité? À l'école secondaire où j'enseigne depuis bientôt 12 ans, je m'occupe du programme Volet Réussite par le Sport (Sport-Études). Année après année, nous allons chercher une clientèle d'élèves parmi lesquels certains ont déjà fréquenté une école privée. Après avoir goûté pendant quelques semaines à notre façon de faire, ces mêmes élèves nous avouent que l'encadrement et l'enseignement n'est pas mieux au privé qu'ici. Je cite même le cas d'une élève qui s'est vu montrer la porte de sortie d'une école privée de Granby parce qu'elle éprouvait des difficultés dans une de ses matières de base. C'était dans cette même école où l'on se vantait haut et fort d'offrir un encadrement serré et du temps de récupération pour ses élèves dans le besoin. Ironique quand je constate que cette même élève montre présentement un rendement scolaire satisfaisant dans notre système. Ses parents ont vite réalisé que l'école publique répondait bien aux besoins de leur enfant.

Sachez une dernière chose, chers parents concernés, que je suis le père de deux jeunes demoiselles qui fréquentent aujourd'hui une école primaire du système public et que jamais ne m'est venue l'idée de les envoyer au privé. Il en sera de même lorsque qu'elles seront au secondaire. J'ai la ferme conviction que l'école privée n'a vraiment pas mieux à leur offrir que l'école publique. J'aimerai certainement mieux investir mon argent...

Benoit Gariépy

enseignant au secondaire dans une école publique

 

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