L'auteur, enseignant, est porte-parole de la Coalition pour la liberté en éducation
Rémi Robert, dans son texte sur le cours d'éthique et culture religieuse, dit: «l'étudiant s'éveille et cherche par lui-même le sens et les enjeux de sa spiritualité» avec ÉCR. Sachez qu'au primaire et au secondaire, il n'y a aucun étudiant, il n'y a que des élèves (voir le site de l'OLF: élève qui fréquente un établissement d'enseignement supérieur).
Mais quel âge a «un étudiant», M. Robert? Le Code civil mandate les parents comme l'autorité première. Cependant, le gouvernement usurpe ce droit pour inculquer une culture religieuse obligatoire dès 6 ans et sur 11 années. Le MÉLS détient un «monopole». On affirme qu'un processus de consultation a eu lieu. Celui-ci est-il complet, objectif et valable pour un «monopole»? Vous parlez d'une société désertant les lieux de culte, mais cela donne-t-il le droit moral au gouvernement de forcer les parents? Vous parlez des réfugiés. Certains demandent l'exemption!
Avez-vous lu le récent livre Le Québec sur le divan? Psychologues et psychiatres d'ici et d'ailleurs y analysent le Québec. Ils parlent de notre exagération à vouloir s'ouvrir à la diversité religieuse comme si nous n'étions pas déjà très ouverts (un complexe même selon certains auteurs). Le gouvernement semble vouloir amplifier de façon démesurée ce désir d'ouverture et inculquer au peuple l'obligation de «devenir» ce qu'il doit être selon l'État. Plusieurs parents ne veulent pas de religion à l'école et sont ignorés! L'ancien cours de morale sans religion faisait leur affaire! Le gouvernement doit respecter la liberté de conscience de tous ses citoyens!
Le problème se situe bien au-delà de la foi de l'enfant. C'est une question de contrôle de l'État. À ce sujet, j'invite les lecteurs à consulter ces sites: coalition-cle.org et pouruneecolelibre.blogspot.com. La commission scolaire du Val-des-Cerfs a donné comme motif de refus de l'exemption ceci: «il n'appartient pas à la commission scolaire de juger des contenus pédagogiques». Autrement dit, les commissaires élus (directeurs, enseignants) devraient-ils demeurer de simples exécutants?
Vous parlez de «tolérance à l'égard de la différence de culte», mais qu'en est-il de la tolérance de la part du gouvernement? Pourquoi ce gouvernement libéral tient-il autant à imposer à tous unilatéralement ce cours? Les enfants ont besoin d'entendre parler d'abord de leur croyance afin d'en faire un point de référence. Ceci est nécessaire au bon équilibre du développement. En insérant des contenus de différentes croyances trop tôt, ce processus d'identification est outrepassé. On bouscule la pensée de l'enfant avant de l'aider à définir et à solidifier ses propres croyances. L'enfant se retrouve confronté trop tôt face à ce à quoi il peut croire. Au-delà de l'aspect culturel, l'enfant qui n'a pas encore de croyance de base bien définie, recherchera à s'en approprier une sans avoir la capacité et le développement mental pour le faire. Voilà pourquoi la présentation d'une variété de «culture» religieuse n'a pas sa place dans un cours imposé à des «élèves» du primaire.