Le rêve de Yaroslav Alexeyev

Avec Yaroslav Alexeyev, Julien Pelletier et Nicolas Poulin... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Avec Yaroslav Alexeyev, Julien Pelletier et Nicolas Poulin représenteront une part importante de l'offensive sherbrookoise cette saison

Spectre Média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) Il le sait depuis l'âge de sept ans : le hockey, c'est sa vie. En ayant quitté sa Russie natale, Yaroslav Alexeyev mise gros sur son sport en espérant gagner son pari.

Le rêve du nouveau joueur du Phoenix de Sherbrooke ne date pas d'hier. Depuis l'âge de 14 ans, il songe à faire carrière en Amérique du Nord.

« J'ai commencé à jouer au hockey dès l'âge de trois ans. Quatre ans plus tard, je savais que je devais me diriger vers le hockey pour gagner ma vie. Puis il y a trois ans, mon entraîneur de l'équipe nationale russe, tout comme l'entraîneur du Dynamo de Moscou, m'a fortement suggéré de partir de la Russie. Parce que l'enseignement du hockey est plus évolué au Canada et aux États-Unis et parce que les chances de percer sont meilleures qu'en Russie. »

En sachant que l'attaquant était prêt à tout laisser derrière lui afin de vivre l'expérience du hockey junior canadien, le Phoenix a fait de Yaroslav Alexeyev le 12e choix du repêchage européen de la Ligue canadienne de hockey cet été. Une sélection qui s'avère payante jusqu'à présent.

Après quatre matchs préparatoires, Alexeyev possède l'un des meilleurs ratios de points par match grâce à ses quatre buts et trois mentions d'aide en quatre parties. Même s'il sait très bien que les recruteurs scrutent les statistiques, le Russe préfère avoir le succès de son équipe à coeur.

« Pour être franc, je ne compte pas les points. Je fais tout pour que mon équipe gagne. Je dois travailler fort dans tous les aspects du jeu et redoubler d'efforts afin d'offrir plus d'offensive au Phoenix, qui en aura besoin », a expliqué celui qui sera admissible cet été au repêchage de la LNH.

« Comme tous les jeunes, je rêve de jouer dans cette ligue. Mes joueurs préférés sont Patrick Kane et Pavel Datsyuk. Je crois que mon style s'apparente au leur. J'aime aussi beaucoup les Blackhawks de Chicago. D'ailleurs, j'aimerais aller voir une partie du Canadien de Montréal. J'ai hâte, parce que je n'ai évidemment jamais assisté à une partie de la LNH. »

Un monde à intégrer

C'est à l'aide du logiciel de traduction de Google que l'interview avec Yaroslav Alexeyev a été réalisé. Parce que l'ailier ne parle pas anglais. Et surtout pas le français.

« Je veux apprendre l'anglais rapidement afin de bien m'intégrer à l'équipe et à la communauté. Je tente de regarder le plus possible la télévision afin de comprendre ce que les gens disent. Je poursuis toutefois mes études en russe avec un programme à distance. J'étudie également beaucoup l'anglais durant mes temps libres. »

Heureusement, Alexeyev a la chance de séjourner chez une famille serbe avec laquelle il peut échanger.

« Ma famille de pension est à Sherbrooke et Julia et Bojan m'aident beaucoup. Mes coéquipiers aussi. Je suis heureux là où je suis présentement. »

Le jeune homme de 17 ans ajoute qu'il a été accueilli à bras ouverts par le Phoenix de Sherbrooke.

« L'esprit d'équipe est déjà excellent. Tout le monde travaille dans le même sens et donne tout sur la glace. Je suis très content d'être ici et j'espère que notre club connaitra beaucoup de succès cette saison. »

L'offensive, l'affaire de tous

Dès leur arrivée au Palais des sports, les Européens Marek Zachar et Jaroslav Alexeyev ressentaient une certaine pression : ils doivent contribuer largement à l'offensive du Phoenix. Et pour marquer des buts, plusieurs comptent également sur Julien Pelletier et Nicolas Poulin, qui ont tous deux franchi la barre des 25 buts l'an dernier.

« On devrait être en mesure de répartir l'apport offensif sur deux ou trois lignes, estime Poulin. On pourra entre autres compter sur des gars comme Kevin Gilbert, Chase Harwell et Hugo Roy pour marquer des buts importants. Il y a plusieurs joueurs qui peuvent marquer chez le Phoenix. Personne n'a nécessairement la pression de devoir transporter l'équipe sur ses épaules en marquant tous les buts. Même les plus jeunes sur le quatrième trio peuvent apporter de l'offensive. »

Sur papier, la force des Oiseaux semble en effet se situer à la défensive.

« On est plus expérimentés en défensive et on possède l'un des meilleurs gardiens du circuit, constate Julien Pelletier, un vétéran de 20 ans. On devrait être une équipe qui n'accordera pas beaucoup de buts, mais qui n'en marquera pas non plus sept à chaque partie. Evan Fitzpatrick nous aidera cette saison, mais il ne volera pas toutes les victoires et on ne doit surtout pas nous fier juste sur lui pour connaître du succès. Ça doit passer par le travail collectif. »

Les deux as marqueurs précisent d'ailleurs que le style de jeu adopté par leur club ne sera pas axé uniquement sur la défensive.

« On sera libre de pouvoir être créatif à l'attaque, assure Pelletier. La pression appliquée sur l'adversaire et la vitesse seront nos principaux atouts. On ne tombera toutefois pas dans la dentelle pour autant. L'important, ce sera d'être efficaces à l'attaque. »

Une équipe jeune et sous-estimée

Le Phoenix présentera l'une des plus basses moyennes d'âge du circuit. Voilà l'une des raisons qui poussent les amateurs et les experts à sous-estimer les Sherbrookois.

« L'équipe est jeune, mais on a de bons vétérans qui peuvent montrer l'exemple, explique Julien Pelletier. Dans le passé, on ne pouvait pas dire qu'on avait le meilleur groupe de leaders. Cette fois, il faudra montrer le bon chemin aux nouveaux. Si les autres nous négligent et croient qu'on ne sera pas bons cette saison, ça ne me dérange pas. Ce que je sais, c'est que l'on donnera tout pour connaître du succès. On s'en reparlera à la fin de la saison. »

« Nos nouveaux joueurs sont travaillants, renchérit Poulin, qui remplit déjà un rôle de leader malgré ses 18 ans. On pourrait surprendre, mais on refuse d'avoir des attentes trop élevées. Notre équipe est jeune. Chaque leader aura un rôle important à jouer. Notre plan de match est basé sur l'effort. Ça peut faire toute la différence. On n'a qu'à regarder la saison de l'Armada de Blainville-Boisbriand l'an dernier... »

« Bref, je refuse de me fier sur les prédictions, ajoute aussitôt Nicolas Poulin. Ça me passe dix pieds au-dessus de la tête. L'an dernier, les experts nous classaient au troisième rang et on a fini en 15e position. Je préfère attendre quelques matchs avant de me forger une opinion sur notre potentiel. »

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