Judes Vallée: prendre le temps de bien faire les choses

Judes Vallée... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

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Judes Vallée

Imacom, Jocelyn Riendeau

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(SHERBROOKE) N'eut été un communiqué envoyé par la direction du Phoenix de Sherbrooke lundi, il aurait été difficile de déceler chez le personnel d'entraîneurs de l'équipe un quelconque indice qu'ils venaient de se voir accorder une prolongation de contrat qui leur assurait une rémunération au cours des deux prochaines années.

Dans le bureau qui leur est consacré au Palais des sports, sans tambour ni trompette, l'entraîneur des gardiens Jean-François Labbé visionnait des séquences des derniers matchs pendant que l'entraîneur adjoint Benoît Desrosiers préparait le suivant. C'est sans doute ce que l'entraîneur-chef Judes Vallée s'apprêtait à faire une fois son entrevue terminée, une entrevue au cours de laquelle il insistait sur l'importance de « prendre le temps de bien faire les choses »

« C'est une chance que j'ai comme entraîneur de pouvoir récolter les fruits qu'on a semés depuis deux ans, deux années qui ont été très difficiles, acquiesce Vallée. Mais d'un autre côté, le contrat fait juste me garantir un salaire. En arrière du banc, il faut que je gagne ma place et que je la garde. La motivation est encore plus là et on veut que ça continue le plus longtemps possible.

Le défi est là

« Je me dis qu'on a deux ans et demi de fait et qu'on a deux ans et demi en avant. On est rendus à mi-chemin et on a avancé beaucoup à travers ça. Si on avance autant pendant ce temps là qu'on l'a fait de l'an passé à aujourd'hui. Wow! Le défi est là et c'est ce qu'on espère faire, tout simplement », renchérit celui qui a mené le Phoenix à 26 victoires en 47 parties jusqu'ici.

Le pilote sherbrookois est néanmoins bien placé pour apprécier la chance qu'il s'est vue accorder par la direction du Phoenix. En 2002, il s'était retrouvé à l'autre bout de la lorgnette lorsqu'il avait accepté de diriger les Tigres de Victoriaville, eux qui s'étaient inclinés en finale de la Coupe Memorial l'année précédente. Au bout de deux saisons, et même s'il détenait une année d'option à son contrat, Vallée a préféré se retirer de son propre chef.

« J'ai décidé de partir, parce que j'avais une équipe très jeune. On était en reconstruction. La première année, on avait gagné le championnat de division, c'était les vapeurs de l'année d'avant qui était allée à la Coupe Memorial. L'année d'après on avait la pression de gagner pareil, mais on n'était pas aussi solides. En respect pour mes jeunes, et par respect pour moi-même, j'ai décidé de prendre un pas de recul et de ne pas embarquer dans ces conditions-là. Une semaine après, j'étais avec les Cougars du Collège Champlain. »

«J'ai eu quelques offres, mais je n'ai pas dit oui, je l'ai ai déclinées.»


Un choix qui s'est avéré judicieux si l'on considère qu'au cours des huit années suivantes à la tête des Cougars, Vallée a remporté le championnat de la LHJQ à deux reprises en plus d'être sacré entraîneur de l'année à quatre reprises. Plusieurs entraîneurs se seraient peut-être empressés d'utiliser ces succès comme tremplin pour retourner au niveau supérieur. Le Sherbrookois, lui, a pourtant préféré attendre la bonne occasion.

« J'ai eu quelques offres à travers ça [pour la LHJMQ], mais je n'ai pas dit oui, je l'ai ai déclinées. J'avais mon programme sport-études ici qui prenait de l'expansion, il y avait aussi les Cougars avec qui j'étais bien et il faut prendre le temps de bien faire les choses. Quand le Phoenix est arrivé ici, dans ma ville; mon cheminement faisait que c'était là qu'il fallait que je sois. »

Savoir gagner

« J'ai eu la chance de gagner avant d'être ici, continue l'entraîneur. J'ai gagné avec les Cougars, j'ai gagné au Midget AAA les Championnats canadiens avec les Cantonniers de Magog et Mario Durocher. Je sais c'est quoi et je sais ce que ça prend pour gagner. »

C'est possiblement cette expérience qui lui a également permis de diriger son équipe sans se soucier exagérément de l'épée de Damoclès qui flottait au-dessus de sa tête depuis le début de la saison. L'an dernier, le Phoenix n'a remporté que trois victoires à ses 32 derniers matchs et Vallée s'était fait clairement indiquer qu'on procéderait à son évaluation en 2014-2015, lui qui devait être en tête d'une équipe ayant les éléments pour rivaliser avec les autres formations.

« C'est le travail d'un entraîneur. Je savais que j'allais me faire dire ça; le contraire m'aurait surpris, parce qu'il faut que ça progresse. Comme entraîneur je me faisais dire souvent si tu passes la deuxième année, tu vas être correct. C'est la plus compliquée tout le temps, mais quand on la vit, ce n'est pas la même façon que lorsqu'on le dit. On l'a vécue, on a été jugés, mais Pat [Charbonneau] a toujours gardé le cap; on a gardé le cap, et c'est ce qui fait qu'on commence à avoir du succès. Le meilleur reste à venir. »

« Ce que je fais aujourd'hui, ce que j'ai appris, c'est que tous les jours on vit des expériences et on avance, et il faut essayer de ne pas trop penser au lendemain. J'essaye de faire du mieux que je peux, aujourd'hui. Il nous arrive plein de défis à travers ça et il faut prendre le temps de bien faire les choses », répète Vallée.

Prendre le temps de bien faire les choses, c'est probablement le leitmotiv qui a dirigé le Sherbrookois au cours des 12 dernières années, et c'est probablement ce qui a convaincu la direction du Phoenix que ce dernier était le mieux placé pour les faire gagner.

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