«J'ai perdu ma famille», dit Judes Vallée

Judes Vallée respecte la décision, mais ne l'accepte pas encore. Le deuil de... (Archives La Tribune)

Agrandir

Archives La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Judes Vallée respecte la décision, mais ne l'accepte pas encore. Le deuil de l'ancien entraîneur-chef du Phoenix de Sherbrooke ne se fera pas du jour au lendemain: «J'ai perdu ma famille après tout.»

Vallée a pris son courage à deux mains vendredi matin en acceptant de revenir sur sa déception des dernières heures.

«Je suis comme un père de famille qui perd ses fils ou même ses frères», a affirmé à La Tribune celui qui s'est fait montrer la porte immédiatement après l'entraînement matinal de mercredi en compagnie du directeur général Patrick Charbonneau.

«J'ai passé beaucoup de temps avec les membres de l'équipe lors des quatre dernières années. J'étais entouré de gens incroyables. Autant sur la glace que dans les bureaux administratifs. Je respecte beaucoup les actionnaires et je sais qu'il s'agissait d'une décision d'affaire.»

Il avait encore les patins dans les pieds lorsqu'il a appris la mauvaise nouvelle.

Même durant l'entraînement, Judes Vallée sentait que tout était terminé lorsqu'il a vu les actionnaires Denis Bourque et Jocelyn Thibault dans les gradins.

«Je savais aussi que nos trois défaites en trois jours du dernier week-end auraient des répercussions, mais je n'allais pas jusqu'à penser que je perdrais mon emploi», a-t-il confié.

Selon lui, ce n'était qu'une question de temps avant de voir le vent changer de côté.

«Le calendrier des prochaines parties et le retour de Jérémy Roy me permettaient de croire qu'il s'agissait d'une belle occasion de relancer l'équipe. La journée la plus difficile pour moi est d'ailleurs celle d'aujourd'hui (vendredi). C'est le premier match du Phoenix depuis mon congédiement. J'aimerais être là et aider encore l'équipe à gagner, mais je ne peux plus. Je dois passer à autre chose», a admis le Sherbrookois. 

Pas des excuses, mais des faits

La fiche de 85 victoires et 151 défaites de Judes Vallée en 236 parties lui aura finalement coûté son emploi.

L'absence du Phoenix en séries lors de la deuxième saison aussi. Tout comme l'élimination hâtive des Oiseaux l'an dernier face aux Islanders de Charlottetown au premier tour. Sans parler de la campagne actuelle, qui se déroule en dents de scie.

«Quand tous les joueurs sont présents, le Phoenix a une excellente équipe. J'aurais aimé avoir de nouveaux éléments pour donner un peu plus d'expérience à notre formation. Sans les blessures, on aurait certainement quelques victoires de plus. Ce n'est pas des excuses, mais des faits.»

Il faut avouer que la malchance a souvent frappé le Phoenix. L'absence des piliers aura coûté cher. Cette année ainsi que lors de la dernière saison.

«Ça prenait une nouvelle énergie dans le vestiaire et sur la glace: l'ajout de nouveaux joueurs aurait aidé. On avait besoin de renfort. Patrick Charbonneau a toutefois fait ce qu'il a pu. Il a réalisé tout un travail du début jusqu'à la fin. C'est difficile pour lui aussi. Il travaillait pour l'équipe presque sept jours par semaine, 24 heures sur 24. Il a fait un très bon travail.»

«On passera à travers, mais je serais curieux de savoir combien de victoires on aurait pu ajouter sans les nombreuses absences», a aussitôt ajouté Judes Vallée, qui a reçu l'appui de plusieurs personnalités de la planète Hockey durant les derniers jours dont celui de Stéphane Waite, qui lui aussi voit son club connaître plus de difficulté depuis la blessure à Carey Price chez le Canadien.

Faire face à la réalité

Bien connu de la population sherbrookoise, Judes Vallée préférait rester seul lors des deux premières journées afin de digérer le tout.

«Je me suis caché un peu», a-t-il confirmé tout en précisant qu'il devra faire face à la réalité.

«Je dois aller au restaurant avec un ami ce midi et je sais que je me ferai apostropher par les gens. Je vais entendre les mêmes commentaires. Je suis triste d'avoir déçu certaines personnes. Mais je pense que je peux garder la tête haute. »

Avant même de se lancer tête première dans l'expérience du Phoenix, Vallée savait à quoi s'attendre.

«Dès qu'un entraîneur se fait embaucher, il sait qu'il sera congédié un jour. C'est une tâche ingrate.»

L'homme de hockey tient d'ailleurs à remercier les amateurs sherbrookois.

«Ils ont été patients et justes envers nous. Je suis heureux d'avoir participé au retour du hockey junior à Sherbrooke. On a de très bons fans ici.»

Des regrets

Sans entrer dans les détails, l'ancien pilote du Phoenix avoue qu'il a des regrets.

«Mais je suis fier de m'être investi autant, souvent plus de 80 heures par semaine. J'aurais aimé quitter avec une coupe dans les mains. Diriger une équipe d'expansion n'est pas toujours évident, même s'il s'agit d'un défi plus qu'intéressant.»

La piqûre du hockey

Étant un passionné, Judes Vallée a bien l'intention de demeurer dans le monde du hockey.

«D'ailleurs, je vais aider mon ami de longue date Patrick Joncas avec l'équipe atome de son garçon!» dit-il en riant.

Plus sérieusement, Vallée croit qu'il écoutera les prochaines propositions et fera certainement parvenir un jour son curriculum vitae à d'autres organisations si un poste intéressant se libère.

«J'ai la piqûre du hockey. Je prendrai le temps d'y réfléchir encore, mais je suis toujours allumé par cette passion», résume-t-il.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer