Une philosophie centenaire à perpétuer

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Lors des célébrations marquant les 100 ans du Club de chasse et pêche Compton, samedi dernier, les membres sont restés fidèles au rituel de la levée du drapeau. Se trouvaient parmi les participants (de gauche à droite), Richard Raby, Michel Codère, Wayne Rich, Ashford Lothrop, John Nichols, Daniel Dostie (président actuel), Pierre Gagnon, Jacques Vallée, Charles Leblanc et Ernie Garbutt.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / En 1917, la Loi du service militaire a imposé aux Canadiens de 20 à 45 ans l'obligation de se tenir prêts à prendre les armes pour aller combattre les Allemands avec les troupes alliées. C'est en marge des tiraillements politiques causés par la conscription qu'est né en région le Compton County Fish and Game Club, véritable institution puisqu'elle franchit cette année le cap des 100 ans.

L'organisme a célébré cet anniversaire en grande pompe, samedi dernier, lors d'un rassemblement ayant réuni près de 300 personnes.

« Nous voulions que ça fasse wow! Plusieurs convives nous ont dit que c'était wow et wow!

C'est à l'image du dynamisme de cette association depuis 100 ans », lance Daniel Dostie, son président actuel.

L'appellation a été francisée et réduite à Club Compton. Une telle longévité n'est pas monnaie courante au sein d'organisations qui reposent sur le bénévolat et l'engagement. Celle-ci a passé à travers la période plus turbulente au cours de laquelle la chasse a été dénoncée comme une activité barbare et dépassée. Certains ont réclamé son abolition. Or, sa raison d'être comme régulateur dans la gestion de la faune est scientifiquement reconnue.

En plus d'être riche de la stabilité de son membership, le Club possède un chalet et des lots d'une superficie de 1500 acres dans le secteur Island Brook de la municipalité de Newport. Ces actifs sont estimés 1,5 M$.

« Notre carte de membre nous accorde un droit d'accès, mais elle ne fait pas de nous des actionnaires. Le Club cesserait ses activités que la valeur de ses actifs ne tomberait pas dans nos poches. Selon nos statuts, ce sont de bonnes oeuvres qui en hériteraient. Le club a été fondé sur les valeurs communautaires de partage très présentes au sein de la communauté anglophone », précise le président Dostie.

« Anglophones et francophones se côtoient pour chasser, jouer aux cartes, pour passer de bons moments ensemble. Nous partageons les mêmes passions. Pour durer, ça prend constamment de la relève. Après avoir vécu les effets du déclin de la communauté anglophone de la région, c'est au vieillissement de la communauté des chasseurs que nous faisons face », raconte John Nichols, membre depuis 1955.

Ce mariage d'intérêt a été incarné par le président et fondateur de la compagnie de leurres de pêche Brecks, David Breckenridge, ainsi que par le pionnier de l'information spécialisée que Sirice (JBS) Huard a été dans les pages de La Tribune. Les deux ont été d'illustres membres de l'organisation.

Outre les terrains dont il est propriétaire, le Club Compton loue 16 500 acres de la papetière Domtar et 1000 acres supplémentaires d'autres propriétaires privés pour ses 173 membres. Ceux qui se procurent une carte annuelle au coût de 546 $ ont accès aux installations en tout temps. La carte vendue 290 $ permet de pêcher, de séjourner, d'utiliser les sentiers pour le VTT ou le territoire pour d'autres activités récréatives en dehors de la période de chasse.

« Mon grand-père Charles est devenu membre en 1929, mon père Hector s'est joint au club en 1939 et il m'a offert ma carte de membre dès que j'ai été en âge d'avoir mon permis de conduire. J'ai vécu des moments exceptionnels sur ce territoire. Il vaut veiller à ce que les attentes individuelles ne briment pas l'intérêt collectif », témoigne quant à lui Michel Codère, membre de ce club depuis près 60 ans.

Ce dernier fait référence à la méthode d'appâtage qui s'est répandue. Le Club a trouvé un mode de gestion pour garder les postes de guet à une distance sécuritaire les uns des autres, mais n'accorde aucun périmètre exclusif à un membre.

« Mon fils Charles représente lui aussi la troisième génération de chasseurs au sein du Club et c'est vrai que nous nous devons d'être les gardiens de cette philosophie centenaire au moins pour les 100 prochaines années », convient l'un des administrateurs, Yves Rancourt.

« Être membre du Club Compton est un privilège procurant énormément de bonheur. Tant que la reconnaissance du premier primera, le plaisir durera. Le Club aussi » croit le président Dostie.




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