En voulez-vous des preuves?

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Derrière les bureaux de La Tribune ou en bordure de la rue du Pacifique, les chevreuils sont également  bien visibles à l'autre extrémité du parc Blanchard. Ses citoyens vivant à l'ouest de cette zone verte (dans le secteur des rues Lisieux et Delorme) souhaitent que les cerfs soient recensés.

La Tribune, Luc larochelle

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) Bien que j'aie l'habitude de fermer de manière assez étanche le robinet des courriels durant mes vacances, je n'ai pu m'empêcher d'ouvrir celui qui avait pour objet « des chevreuils broutent à deux pas de ton bureau ».

Le périmètre du Jardin collectif des Nations a... (La Tribune, Luc Larochelle) - image 1.0

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Le périmètre du Jardin collectif des Nations a été clôturé cette année, sans quoi les plants de légumes auraient été rasés comme c'est le cas des végétaux qui ne sont pas protégés ,tel que montré par l'animateur du projet communautaire, Nicholas Lauder.

La Tribune, Luc Larochelle

Trois cerfs ont pique-niqué la semaine dernière sous... (La Tribune, Jacynthe Nadeau) - image 1.1

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Trois cerfs ont pique-niqué la semaine dernière sous un soleil de plomb et en plein après-midi derrière l'édifice de La Tribune. Une collègue les a photographiés de la fenêtre de mon bureau.

La Tribune, Jacynthe Nadeau

Une collègue a capté la semaine dernière par la fenêtre de mon poste de travail la photo de trois cerfs pique-niquant au beau milieu d'après-midi sur la pelouse se trouvant derrière l'édifice de La Tribune : une femelle, son faon tacheté né du printemps ainsi qu'un mâle adulte. La famille au complet, a-t-elle ajouté comme remarque.

Correction pédagogique, Papa, Maman et Bambi ne vivent ensemble que dans les contes de Disney. Dans la vraie vie, les géniteurs n'entretiennent pas systématiquement de liens familiaux. Même que, loin d'être des pères attentionnés, les mâles ont tendance à s'impatienter durant la période d'accouplement de novembre, n'hésitant pas à intimider les rejetons freinant le « rythme de reproduction »....

Cette observation corrobore les témoignages d'habitants de la rue Delorme à l'ouest du parc Blanchard, qui trouvent que la commune de chevreuils du voisinage commence à compter pas mal d'individus. Ce pourquoi, ils demandent aux autorités municipales ainsi qu'aux gestionnaires de la Faune de s'en soucier avant que cette cohabitation devienne encore plus problématique.

Le filtre de la fenêtre a malheureusement trop altéré la qualité de la photo pour la reproduire dans le journal. Vous la trouverez par contre sur nos plates-formes numériques.

Je n'ai toutefois pas eu à chercher longtemps la solution de rechange pour illustrer chronique. Chemin faisant vers le journal jeudi matin, un cerf prenait son petit déjeuner sous un pommier, à quelques mètres de la rue du Pacifique. Ma présence ne l'a guère importuné, il n'a même pas interrompu son repas durant la séance de photos.

J'ai immédiatement pensé aux membres du Jardin collectif des nations qui s'investissent dans la culture de légumes, une nourriture dont raffolent aussi les cerfs.

« L'an dernier, la récolte au complet a été perdue. Nous n'avons pas pris de chance cette année, le jardin a été clôturé. Mais alors que les cerfs ne s'intéressaient auparavant qu'aux plants de tournesol, ils bouffent maintenant tout ce qui est à leur portée », m'a montré quelques heures plus tard l'animateur du projet communautaire, Nicholas Lauder.

Ce dernier dose son propos.

« Le vandalisme causé par des humains est bien plus décevant que ce que les chevreuils peuvent nous prendre. Ces animaux ont droit à la nourriture autant que nous. Nous sommes même plus chez eux qu'ils sont chez nous. Je me rallie tout de même à l'idée qu'il est souhaitable de chercher un équilibre » ajoute M. Lauder, qui avait tourné la veille autour du potager des images des trois chevreuils photographiés derrière La Tribune.

Le Jardin collectif des Nations se trouve à l'est du parc Blanchard, voisin du nouveau SPA urbain et de la caserne de pompiers longeant le corridor vert du champ des Buttes. Même si la compagnie Supermétal produit dans ce secteur les immenses poutres d'acier destinées au nouveau pont Champlain, le couvert boisé ceinturant la rivière et le lac des Nations offre qux chevreuils une aire de repos et une zone tampon suffisamment efficace pour qu'ils tolèrent les activités industrielles et le passage de nombreux randonneurs.

Ce micro habitat se raccorde à l'autre zone industrielle, moins dense, mais plus vaste, délimitée par les rues Roy, Panneton, Sherwood et Lisieux, là où des citoyens sont préoccupés par le nombre de cerfs devenant des résidents permanents de cette partie de l'arrondissement du Mont-Bellevue éloignée des zones de chasse autorisées.

Jusqu'à quand les laissera-t-on proliférer avant de chercher à tout le moins d'évaluer d'un point de vue scientifique, comme cela a déjà été fait dans la région de Montréal, si leur nombre dépasse la capacité de support d'un tel milieu ?

Dans un précédent article sur le sujet, le biologiste responsable de la grande faune en Estrie, Éric Jaccard, s'est dit prêt à travailler de concert avec les autorités municipales pour essayer d'avoir une vision d'ensemble de la présence de chevreuils sur le territoire de la Ville, de manière à pouvoir également anticiper les impacts du développement à venir. Ce dialogue n'est toutefois pas encore engagé.

Quel serait là-dessus le point de vue des chevreuils ?

Peut-être était-ce leur désir de réclamer droit de parole en s'approchant de ma fenêtre. S'ils se pointent à nouveau, je tenterai de les interviewer...




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