Un Kerouac désarmant de sincérité

Accompagné par le pianiste John Roney, le comédien... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Accompagné par le pianiste John Roney, le comédien et auteur Robert Lalonde a fait vivre Kerouac sur la scène des Correspondances d'Eastman vendredi soir.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Eastman) Un auteur mythique, un interprète habité et un pianiste au fin doigté. Le spectacle Jack Kerouac : la vie est d'hommage, présenté vendredi soir au Cabaret Eastman, avait beaucoup à offrir aux spectateurs, surtout à ceux qui ont accepté de lâcher prise entièrement et de se laisser transporter au coeur de la vie de Kerouac, banale à sa façon mais aussi pleine d'aspirations et de frustrations.

Accompagné par le pianiste John Roney, le comédien et auteur Robert Lalonde a lu la prose de Kerouac pendant une heure et demie sur une scène sans véritable décor. Il a gardé tout au long de sa lecture un accent qui pouvait rappeler celui du célèbre écrivain américain de souche « canadienne-française ».

Dans l'un des passages les plus captivants livrés par Robert Lalonde, l'auteur de l'incontournable roman Sur la route raconte la fin de son adolescence alors qu'il se demande comment il pourrait lui aussi réussir à travailler comme le font les hommes de son entourage. Il se sait « paresseux » et pressent que seule la littérature le contenterait.

Kerouac fait notamment état d'un déménagement fort déstabilisant dans la ville de New Heaven. Il arrive avec sa mère dans cette localité qui lui paraît sale et inhospitalière, mais où le travail ne semble pas manquer. Il est abasourdi et ne peut croire que ses parents ont choisi de déménager là-bas. Ses rêves tanguent.

Plus tard, il choisira de quitter l'école sans prévenir pour se diriger vers le sud des États-Unis, lui qui pourtant avait des capacités intellectuelles évidentes. « J'ai arrêté d'étudier parce que je commençais à savoir tout ce que je voulais », confie-t-il.

Rien de particulièrement renversant au plan littéraire dans les extraits proposés. N'empêche, pour peu qu'on se rendait disponible, on voyait apparaître l'écrivain lui-même devant nous dans toute sa simplicité, avec ses doutes et son fond d'enfant rebelle mais attachant. Car il avait le génie de raconter, sa sincérité désarmante réussissant à tracer les contours de son âme. Quelques passages remplis de poésie néanmoins durant le spectacle. « C'était aussi beau que le jour où Dieu a créauté l'univers » ou encore « des beaux gars noirés de soleil ». Et des instants plus sombres également : « Je n'ai pas aimé ma vie, mais j'ai toujours aimé le coeur du monde ».

Ce spectacle était présenté dans le cadre des Correspondances d'Eastman. L'événement se poursuit toute la fin de semaine. En outre, les soeurs Boulay grimperont sur la scène du Cabaret Eastman aujourd'hui samedi et le bédéiste Michel Rabagliati participera à un brunch littéraire dimanche.




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