Xavier Desharnais, le dernier de sa race

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Xavier Desharnais sera en quête d'un troisième triomphe lors de la prochaine édition de la Traversée internationale du Lac St-Jean.

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(MAGOG) Avec l'avenir de plus en plus sombre de la nage longue distance en eau libre dans le monde, le Sherbrookois Xavier Desharnais, qui se prépare à participer à la Traversée internationale du Lac St-Jean le 29 juillet, est possiblement le dernier de sa race au Québec.

L'épreuve de longue distance en eau libre n'ayant jamais été reconnue à sa juste valeur, abandonnée presque par sa propre fédération, la FINA, la discipline parvenait malgré les embûches à garder la tête en-dehors de l'eau. Aujourd'hui, Xavier Desharnais, double vainqueur du Lac St-Jean, peine à reconnaître sa discipline.

Car il faut l'avouer, la Traversée internationale du Lac Memphrémagog n'est pas la seule à avoir quitté le navire du circuit Grand Prix de la FINA ces dernières années.

« Il ne reste plus que quatre compétitions sur le circuit, sans compter qu'il n'y a pas de place pour la longue distance aux Jeux Olympiques. Puis, il y a cette décision de la FINA sur le port de la combinaison isothermique qui ne fait pas l'unanimité chez les nageurs et plusieurs organisateurs qui vient dénaturer le sport même si c'est pour notre sécurité. Apprendre à nager en eau froide sans combinaison isothermique, ça faisait partie de l'apprentissage et du quotidien du nageur longue distance. Porter cette combinaison fait en sorte qu'on flotte littéralement sans effort dans l'eau. Nous sommes loin des années où c'était le nageur seul contre les éléments de la nature dans l'eau. Là, c'est comme si on recevait de l'aide de l'extérieur», se plaint Desharnais.

Le dernier

Maintenant qu'il a mis une croix sur son rêve olympique sur 10 km, Desharnais, qui est peut-être le dernier de sa race au Québec, se consacre entièrement à l'épreuve longue distance.

« C'est une réalité qu'il est difficile d'écarter, de renchérir le nageur de 27 ans. Il y a bien Philippe Guertin qui pourrait percer en longue distance, mais il mise d'abord et avant tout sur le 10 km et une place aux olympiques, ce qui est très compréhensible. Il y a bien des nageurs et nageuses qui s'entraîneront chaque année pour défier le Lac St-Jean, mais c'est une extrême minorité et ils ne voudront pas voyager à l'extérieur. Une relève performante qui est prête à se sacrifier à longueur d'année, je crois que c'est maintenant derrière nous.»

L'époque des Simon Tobin, David Bilodeau, Robert Lachance, Alexandre Leduc, Christine Cossette et compagnie est donc révolue.

«L'entrée en scène des plus courtes distances aux Olympiques a peut-être été une bénédiction pour la nage en eau libre, mais cela a eu également un effet pervers pour l'épreuve de longue distance. C'est dommage, car c'est une discipline tellement complète. Ce n'est pas juste le plus rapide qui l'emporte. Ça prend une force mentale hors du commun pour vaincre tous les obstacles qu'on rencontre dans l'eau et je n'ai certainement pas besoin d'insister sur la condition physique que ça exige », d'enchaîner Desharnais.

Une année à la fois

Ce dernier ne pense maintenant plus à long terme.

« Je me concentre sur l'année en cours, pas plus loin. Si seulement on investissait du temps juste dans notre entraînement. Mais il faut aussi se battre pour dénicher des commanditaires. C'est un éternel recommencement. Je ne jouerai pas non plus à l'autruche et parfois c'est la motivation qui fait défaut. Nager en traînant des blessures, endurer la douleur, tout ça pour quatre compétitions sur le circuit Grand Prix, cela vaut-il réellement la peine», questionne-t-il.

Pour 2017, Xavier Desharnais a un objectif bien arrêté. « Je veux le titre de champion du monde du Grand Prix. Il reste trois compétitions. Après je verrai.»

Celui-ci assure qu'il n'aura aucun regret à la fin de sa carrière, peu importe quand elle surviendra. « J'aurai tout donné tout en préparant mon après carrière. J'ai la conscience en paix», confie Desharnais qui termine actuellement sa maîtrise en kinésiologie à l'Université de Montréal.




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