Josée Bélanger accroche ses crampons

La médaillée olympique Josée Bélanger met un terme... (La Presse, Robert Skinner)

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La médaillée olympique Josée Bélanger met un terme à 25 années de soccer.

La Presse, Robert Skinner

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(SHERBROOKE) Josée Bélanger avait le sentiment d'avoir accompli tous ses rêves. Médaillée olympique, elle a décidé d'accrocher ses crampons de joueuse active afin de poursuivre une autre de ses passions : enseigner le soccer aux jeunes filles et promouvoir les saines habitudes de vie.

C'est en point de presse, à Montréal lundi, que la Coaticookoise a officialisé le tout.

Un deuil qui se passe plutôt bien, pour l'instant, puisque la décision était en gestation depuis des mois, confirme-t-elle. Il était temps de passer à autre chose.

« Après les Jeux olympiques de Rio, j'ai volontairement pris un moment de réflexion sur mon avenir. Je ne voulais surtout pas hâter les choses et prendre une décision que je pourrais regretter. J'ai analysé mon parcours soccer des 25 dernières années. Je suis très fière de ce que j'ai accompli et réalisé au fil du temps. Je voulais finir sur une bonne note », a-t-elle expliqué en entrevue avec La Tribune.

On sentait déjà depuis la médaille de bronze récoltée par l'équipe canadienne de soccer aux Jeux olympique de Rio, en 2016, que Bélanger tendait vers cette décision d'accrocher.

Après avoir demandé une pause à la direction de l'équipe canadienne féminine de soccer et son entraîneur John Herdman, Bélanger a commencé à placer les pièces de sa deuxième carrière, en donnant un peu partout en province des conférences et en participant à des cliniques de soccer.

Coupure nette

Le deuil sportif devra cependant suivre son cours. Après ses années de soccer mineur à Coaticook, son soccer universitaire à l'Université de Sherbrooke, un passage avec l'Amiral de Québec en ligue semi-pro féminine, ses deux séjours chez les pros, en Suède et aux États-Unis et surtout, son passage remarqué au sein de l'équipe nationale féminine, la coupure sera nette.

Fait à souligner au-delà de tous, Bélanger aura entre autres inscrit son nom dans le livre des records du soccer féminin canadien en étant la première Québécoise à avoir marqué un but lors d'une Coupe du monde de soccer FIFA.

Un exploit qui est survenu à la maison, à Vancouver en 2015, un but inscrit à la 52e minute qui a mené le Canada à une victoire de 1-0 contre la Suisse.

« C'est vraiment difficile d'extraire un seul moment marquant d'une aussi longue carrière. Je dirais que c'est la somme de tous les moments spéciaux qui caractérise cette carrière de 25 ans. Par contre, ce but contre la Suisse aura toujours une symbolique particulière pour moi, il a amené tellement d'émotions! C'était la récompense d'avoir surmonté les obstacles, les blessures, pour enfin participer à des matchs de Coupe du monde. Non seulement y participer, mais avoir un impact direct sur le résultat final du match. Ma célébration a marqué les gens, je crois. Je me rappelle un grand moment d'émotions, de gratitude d'avoir pu contribuer directement », s'est-elle souvenue.

« C'est un deuil à faire, j'ai tissé plusieurs belles amitiés au fil du temps, mais j'étais prête à davantage de stabilité dans ma vie. Et comme aucun autre débouché n'était offert ici au Canada pour continuer à jouer, que je devais m'exiler encore afin de poursuivre une carrière chez les pros, j'ai fait le choix de quitter. »

À ce titre, l'absence d'une ligue professionnelle féminine de fort calibre au Québec et au Canada est un jalon manquant dans la pyramide de développement du soccer au pays.

Besoin de développement

« C'est manquant, en effet. Pourtant, je crois avoir réussi à avoir un impact auprès des jeunes, même si ces derniers ne pouvaient assister en personne aux matchs. J'aime croire qu'il va y avoir dans le futur des projets en ce sens. Le soccer féminin canadien a récolté deux podiums en deux Jeux olympiques et on se fie encore aux autres pour développer notre sport. Je crois que le soccer féminin a besoin de se développer au Québec, comme au Canada et j'aime croire que je pourrais contribuer à son essor », a expliqué la diplômée en kinésiologie de l'Université de Sherbrooke, en 2011.

S'impliquer directement auprès des jeunes joueuses de soccer, voilà justement ce qui attend Josée Bélanger au cours des prochains mois.

« Je me trouve privilégiée de pouvoir partager mon expérience avec les jeunes. Le sport a joué un rôle majeur dans ma vie, dans mon développement en tant que personne, j'ai le goût de redonner. Pour l'instant, je vais me concentrer sur ce projet. Quant à une implication éventuelle auprès du développement du sport, on va voir le synchronisme des choses. Je veux commencer à petite échelle et on verra les petites opportunités par la suite. Je ne veux pas pour l'instant me restreindre à une seule organisation », a-t-elle expliqué.

Cet été, celle qui a été sacrée « athlète en sport collectif - niveau international » au dernier Gala Sports Québec offrira des ateliers de perfectionnement de soccer pour des jeunes filles de niveau U12-U14.

Les jeunes passionnées de soccer seront invitées à prendre le terrain d'assaut et à bouger à travers des cliniques, exercices, conférences et parties de soccer, le tout, dirigé par Josée elle-même.

Les valeurs qui l'ont mené jusqu'au podium soit le courage et la persévérance, les saines habitudes de vie, la confiance, la motivation et le dépassement de soi seront véhiculées.




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