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L'héritage d'un homme de passion et d'engagement

Le tournoi de pêche annuel Nil Dezainde, qui... (Photo fournie)

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Le tournoi de pêche annuel Nil Dezainde, qui commencera samedi matin au lac Memphrémagog, aura comme trame de fond le récent décès de Réal Vézina, un biologiste ayant été un bénévole engagé au sein de plusieurs organisations.

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Luc Larochelle
La Tribune

Chronique / L'effervescence ne tardera pas à se propager sur le lac Memphrémagog à compter de samedi matin, alors que débutera le populaire tournoi de pêche annuel Nil Dezainde. Pour les organisateurs ainsi que pour de nombreux participants, l'édition de cette année aura comme trame de fond le souvenir d'un grand absent, Réal Vézina, décédé ces derniers jours à la suite d'un long combat contre le cancer. Il était âgé de 72 ans.

La feuille de route de cet homme efficace et discret est éloquente : il a été directeur du service d'aménagement de la Faune de l'Estrie; cofondateur du Club de chasse et pêche des 4 loups, qui organise les activités de pêche au lac Memphrémagog; il a été un ardent promoteur du patinage artistique, le sport que ses deux filles ont pratiqué; et également trésorier du Gala du Mérite sportif de l'Estrie.

C'est à se demander s'il lui restait du temps pour vivre ses propres passions : chasser et pêcher.

« La chasse et la pêche n'ont pas été seulement au coeur de son travail, elles furent sa vie! » résume Aliette Hoogan, qui a veillé sur son mari durant sa rude épreuve de fin de parcours.

« Depuis un an, il n'avait plus une très grande qualité de vie. Malgré cela, Réal vivait encore d'espoir de pouvoir nous accompagner, Anne et moi, pour notre traditionnelle excursion de pêche au doré. Dans ses derniers moments, même les puissants sédatifs qui lui étaient administrés semblaient le garder où il aimait tant se retrouver, dans la forêt. Car, à un moment donné, il m'a spontanément lancé : je finis de fumer le poisson et on part pour la chasse! » relate son frère Alain.

Les étudiants qui sortaient de l'Université de Sherbrooke avec un diplôme en biologie n'étaient pas légion au début des années 70. Ce fut le cas pour Réal Vézina, qui a passé ses premières années à l'emploi du ministère de la Faune en Gaspésie. L'occasion s'est ensuite présentée pour lui de revenir en Estrie.

« Réal était un gars exigeant, mais capable de reconnaître et de mettre en valeur le travail des gens autour de lui. Sous ses ordres, nous avons formé une belle équipe. Il était si proche de nous qu'une fois la fin de semaine arrivée, le lien d'autorité disparaissait et nous partions chasser ensemble », garde en souvenir l'ancien technicien Jean-Jacques Dubois.

« Compétent et généreux sont deux mots qui le décrivent bien. Nous avons eu, lui et moi, la tâche de faire accepter l'émission des premiers permis spéciaux pour contrôler le cheptel de chevreuils lorsque la densité a grimpé à 20 cerfs/km² », rappelle un autre de ses anciens collègues de travail, Bernard Larochelle.

Estimant par la suite que les pressions de l'UPA devenaient trop fortes, Réal Vézina est de ceux qui ont reproché publiquement au Ministère de « gérer le chevreuil comme de la vermine ». Même s'il était alors retraité, sa crédibilité avait tout de même parlé.

« La charte de notre club a été en bonne partie écrite par Réal. Il était également notre expert pour remplir toute la paperasse pour obtenir le maximum des programmes d'ensemencement. Beaucoup de pêcheurs du lac Memprhémagog ont profité et profitent encore des heures incalculables qu'il a données à notre organisation. C'était un vrai de vrai », retient un ancien président du Club des 4 loups, Michel Giroux.

Une efficacité qui a également été mise à profit lors de la tenue de compétitions de patinage artistique d'envergure à Sherbrooke.

« C'est un homme très dévoué à la cause des jeunes. C'est notamment lui qui a propulsé le patinage synchronisé », relève le Magogois Jocelyn Proulx, qui est à la tête de Patinage Québec et qui l'a vu à l'oeuvre sur le terrain.

« Je retiens de Réal son assiduité, sa droiture. Il était tout un homme de confiance », confie le journaliste Jean Arel, qui pilote chaque année le gala récompensant les efforts des athlètes de la région.

Devant autant d'éloges provenant de collaborateurs d'horizons différents, le constat saute aux yeux : son héritage est immense.




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