Sher-Gym lance un cri de détresse

David Altmeyer, directeur technique du Club de gymnastique... (Spectre média, Frédéric Côté)

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David Altmeyer, directeur technique du Club de gymnastique Sher-Gym, espère obtenir l'aide de la Ville de Sherbrooke afin de relocaliser le club, améliorer l'équipement ou rénover l'édifice Expo-Sherbrooke.

Spectre média, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Une bâtisse en ruine. Un plancher qui n'est pas au niveau. Un plafond trop bas. Des équipements désuets. Le Club Sher-Gym lance un cri de détresse et demande l'aide de la Ville de Sherbrooke afin de réagir à la forte croissance de l'organisation.

L'édifice d'Expo-Sherbrooke ne conviendrait plus du tout à la pratique de la gymnastique. Surtout depuis que Sher-Gym compte 1300 membres, dont certains de haut niveau. Quelques années avant son déménagement vers l'ancien édifice CERAS, Sher-Gym accueillait seulement 120 membres en 2011...

« On a un réel problème puisqu'il faut mettre tous les appareils au niveau à cause du plancher. Auparavant, il y avait des animaux ici et l'angle du plancher permettait de rediriger les excréments vers des conduits. Mais dans notre cas, si la barre penche vers la droite, ça devient compliqué de faire de la gymnastique. On doit tout niveler pour que nos appareils soient droits », raconte David Altmeyer, directeur technique du Club de gymnastique Sher-Gym.

« Dès que nous mettons nos appareils au niveau, ils ne sont plus aux normes, poursuit-il. On achète un appareil qui respecte les normes de la Fédération, mais en le mettant au niveau, il n'est plus homologué et c'est un problème pour nous en ce qui concerne les assurances. »

Ce qui décourage le plus le directeur technique, c'est de voir que la qualité des équipements, ou du local, n'a pas été améliorée malgré la croissance rapide du club de gymnastique.

« La gymnastique est un sport souvent ignoré au Québec, sauf lors des Jeux olympiques, soutient l'entraîneur. Pourtant, on accueille 1300 membres. On ne compte que 50 garçons et près de 1250 filles. Je suis certain que nous sommes le club le plus populaire auprès des filles. Nous sommes passés de 700 membres il y a deux ans à 1300. Notre chiffre d'affaires a presque doublé, atteignant les 900 000 $ par année. On ne compte plus seulement un employé à temps plein, mais bien six aujourd'hui. Et pourtant, nos installations ne s'améliorent pas. Ce n'est pas adapté à notre croissance. »

Comme l'URSS

Jusqu'à cette année, l'Estrie n'avait jamais envoyé de gymnastes au championnat national et pour la première fois, Sher-Gym comptera sur deux jeunes athlètes afin de le représenter aux Nationaux, qui auront lieu à Montréal du 23 au 28 mai. Et ce, un peu grâce à la venue de David Altmeyer.

« On est 15 ou 20 ans en retard sur les autres clubs. Lorsque les athlètes participent à des compétitions organisées ailleurs qu'à Sherbrooke, c'est un bonheur pour eux et ils performent bien. On est comme l'URSS à l'époque. Les athlètes sont excellents, mais nos équipements sont terribles. »

Voilà pourquoi l'entraîneur doit prendre les devants en faisant preuve d'originalité et de débrouillardise.

« J'ai loué un camion, je me suis rendu à Québec pour récupérer les vieux équipements du club pour 3000 $ et j'ai vu l'une de ses deux nouvelles salles avec 900 000 $ d'équipements neufs à l'intérieur. Je ne suis pas jaloux, car malgré tout, on rivalise contre leurs membres en ayant de meilleurs résultats. Mais en termes d'installations, on ne rivalise pas du tout. »

Risque de blessures

Si Sher-Gym manquait d'espace dans les anciens locaux du Séminaire de Sherbrooke, c'est encore le cas aujourd'hui.

« À l'occasion, on arrive le soir avec 15 groupes du volet récréatif, donc 150 jeunes, en plus des groupes du volet compétitif, raconte David Altmeyer. On doit réorganiser la salle pour la rendre sécuritaire. On est rendus à voir des jeunes de cinq ans courir en dessous des athlètes qui font de la barre fixe. Personne de l'extérieur ne veut venir faire des camps d'entraînements ici. Il y a même certains éléments que nous ne pouvons pas faire ici, donc on doit aller ailleurs. »

Malheureusement, les risques de blessures augmentent à cause des mauvais équipements.

« Pourtant, on envoie quand même deux athlètes au championnat national, mais nos gymnastes effectuent des éléments d'une plus grande complexité et dans nos installations, ils sont difficiles à faire. On compte même un garçon au sein de l'équipe étoile du Canada », informe David Altmeyer.

Un garage municipal

dans l'édifice

Le comble du ridicule : on retrouve dans l'édifice Expo-Sherbrooke un garage municipal, qui est séparé du Club Sher-Gym par un simple voile.

« Les jeunes sont parfois incommodés par l'odeur de l'essence, allant même jusqu'à être étourdis. Ce n'est simplement pas logique de retrouver des camions de la Ville dans un lieu clos fréquenté par 1300 jeunes. »




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