Vincent Lefebvre charge Tennis Canada

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Considérant le manque de soutien de la part de Tennis Canada, Vincent Lefebvre a pris la décision de mettre un terme à la compétition de haut niveau.

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Vincent Lefebvre a décidé de mettre un terme à sa carrière de joueur de tennis. Une blessure, des résultats en deçà des attentes mais surtout l'absence de soutien de Tennis Canada ont motivé sa décision.

« La Fédération supporte très peu de joueurs, deux ou trois seulement. Mais ceux-ci sont supportés dans les six chiffres par année », souligne Vincent.

Sans aide financière, plusieurs joueurs de talent décident d'accrocher leur raquette une fois rendu au niveau professionnel.

Une année sur le circuit professionnel coûte environ 100 000 $ - des coûts incluant entre autres le transport, l'hébergement lors des déplacements, les honoraires de professionnels nécessaires au développement.

Depuis le début de sa carrière sportive il y a 10 ans, ce sont les parents de Vincent qui financent son développement.

Mais il est impossible pour eux de continuer à payer de telles sommes pour plusieurs années. Et Tennis Canada n'est d'aucune aide.

En réflexion depuis quelques semaines, le Sherbrookois a décidé d'accrocher sa raquette au retour de la Floride où il prenait part à deux tournois Futures dans les dernières semaines.

« Après mon année difficile et ma blessure, j'arrive à la conclusion que ça va être difficile d'atteindre mon objectif ultime qui a toujours été de percer le top 100. Il me faudrait encore environ cinq ans de développement, mais comme je n'ai pas d'aide financière de la fédération, j'ai décidé de me retirer », explique l'athlète de 18 ans.

« J'ai vu plusieurs joueurs abandonner pour cette raison au fil des ans. Tout l'argent est mis sur les mêmes deux joueurs alors que 99,9 % des autres joueurs canadiens qui tentent de gravir les échelons n'ont aucune considération de la part de Tennis Canada », dénonce le Sherbrookois.

Le phénomène s'avère pire en région.

« Il n'y a personne de Tennis Canada qui va se pointer au Centre récréatif de Rock Forest pour me regarder jouer », illustre l'athlète.

« Il n'y pas non plus d'invitation à des camps d'entrainement de la part de Tennis Canada pour nous voir », poursuit-il.

Vincent Lefebvre prend la parole pour dénoncer cette situation dans l'espoir que les choses changent dans l'univers du tennis canadien.

« C'est frustrant et démotivant. On travaille tellement fort pour avoir des résultats, mais malgré tous nos efforts on n'a aucune considération de la part de la Fédération », affirme-t-il.

« Les années se suivent

et se ressemblent »

Le père de Vincent Lefebvre est également son entraîneur. Il s'agit de François Lefebvre, bien connu dans le milieu du tennis. Il a lui-même manié la raquette pendant des années et s'est hissé parmi les huit meilleurs champions de clubs au Canada dans les années 1980. C'est également lui qui a propulsé Frédéric Niemeyer au deuxième tour à Wimbledon en 2003 et au 134e rang mondial en 2004, en plus d'enseigner à des centaines d'autres les rudiments du tennis depuis 30 ans.

C'est donc dire que le milieu du tennis, il le connait comme le fond de sa poche. Et il appuie la décision de son fils et partage ses doléances.

« Les années se suivent et se ressemblent. Tennis Canada sélectionne quelques jeunes et met tout l'argent sur eux. La Fédération ne parle pas de ses joueurs, mais bien ses produits. Ça en dit long... », soutient l'entraîneur de l'école de tennis Tennestrie.

Malgré de bonnes performances, un joueur qui évolue à l'extérieur du centre national n'arrivera pas à se faire remarquer par les gens de Tennis Canada.

« Le centre national est un centre fermé et les autres joueurs ne peuvent pas espérer percer ce cercle sélect. Mais ce n'est pas comme ça que l'on va développer à long terme une séquence de joueurs qui vont s'entraider à être meilleurs », affirme M. Lefebvre.

La disparité dans le traitement des joueurs créerait également une ambiance néfaste au développement du sport.

« Ça crée de la jalousie entre les joueurs. Ça ne crée pas une belle atmosphère dans notre sport », se désole-t-il, précisant du même coup que plusieurs entraîneurs partagent son opinion.

M. Lefebvre s'interroge également sur les parts du budget de Tennis Canada destinées aux jeunes versus l'administration.

« Tennis Canada va dire que le fait de dépenser de l'argent sur seulement certains joueurs est une question de budget, mais c'est une très, très grosse structure et j'aimerais connaitre les montants attribués au développement des jeunes et les montants consacrés à l'administration », questionne le Sherbrookois.

Malgré tout, M. Lefebvre assure qu'il continue d'entrainer les jeunes avec autant de passion qu'avant. « Le tennis est le sport le plus noble et je veux continuer à permettre aux jeunes de réaliser leur rêve », assure-t-il.




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