Un buffet de 400 cerfs à Sherbrooke

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Malgré une récolte record de 413 cerfs sur le territoire de Sherbrooke l'automne dernier, de vieux rusés ont survécu à la période de chasse.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Il y a maintenant plus de cerfs récoltés par les chasseurs qu'il y a de kilomètres carrés à Sherbrooke. Ça paraît invraisemblable, mais c'est vrai!

Le décompte de la dernière saison de chasse indique une récolte de 413 chevreuils sur le territoire sherbrookois. Il s'agit d'une hausse de 66 bêtes ou de 19 % par rapport à 2015.

Bien qu'appréciable, cette progression n'est toutefois pas disproportionnée par rapport aux résultats du reste de la zone 6 sud à laquelle Sherbrooke appartient. Il y a eu croissance de 21 % du nombre de cerfs abattus dans cette zone l'automne dernier.

Ce qui frappe l'imaginaire par contre, c'est que la manne des chasseurs excède maintenant la superficie de la ville qui est de 366 km². Le ratio du nombre de bêtes par kilomètre carré est un indice de référence pour la densité.

« Cette mesure est difficile à déterminer pour Sherbrooke. Lorsque nous procédons aux inventaires aériens, il y a des restrictions de vol au-dessus des zones habitées. De même, les attroupements durant l'hiver se font en petits groupes en périphérie des zones habitées. Il nous est donc impossible d'utiliser le modèle habituel pour calculer la densité », commente le biologiste responsable de la grande faune, Éric Jaccard.

L'étonnement de voir d'aussi bons résultats de chasse au gros gibier dans la 6e ville en importance au Québec tient à de fausses perceptions. Toutes les personnes à qui j'ai posé la question ont estimé le secteur urbain à au moins 50 % du territoire sherbrookois. Or, cette proportion n'est que de 31 %.

Les zones rurale (32 %) et agricole (37 %) sont plus vastes. C'est dire que 69 % de la superficie de la ville fusionnée, correspondant à 252 km², représente un environnement plus propice à la multiplication des chevreuils qu'à celle des humains!

« En proportion de l'habitat faunique, un prélèvement aussi élevé par les chasseurs n'est atteint que dans les secteurs agricoles les plus productifs de la région » compare M. Jaccard.

La récolte de 2016 est de 26 % supérieure à la moyenne des 5 dernières années à Sherbrooke alors que cet écart n'est que de 17 % pour la zone 6 sud au cours de la période correspondante.

Les « chevreuils de ville » sont moins exposés aux rigueurs de l'hiver, à la rareté de la nourriture ainsi qu'à la traque des coyotes. Par contre, ils doivent composer avec la circulation automobile en plus de la présence des chasseurs.

À ce rythme, ces derniers viendront-il qu'à frapper trop fort?

« Je n'ai aucune crainte à cet effet. Les contraintes d'accès sont un facteur de limitation de la pression de chasse. D'autre part, même si les cerfs vivent à proximité des humains, ils nous perçoivent d'instinct comme des prédateurs et ils ne sont pas des proies faciles. »

Comme la réglementation municipale interdit l'utilisation d'armes à feu sur la majeure partie du territoire de Sherbrooke, bon nombre de chasseurs doivent se rabattre sur l'arc et l'arbalète. Déjouer les sens alertes d'un cerf et le laisser approcher à moins de 20 mètres pose un défi plus grand que de le mettre en joue à une distance dix fois plus élevée.

« Dans une agglomération urbaine, lorsque des gens s'aperçoivent qu'il y a moins de chevreuils dans leur voisinage, ce n'est pas parce que les chasseurs les ont éliminés. C'est la résultante d'une multitude de facteurs liés au développement », analyse le biologiste.




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