La nouvelle vie de Stéphane Julien

Stéphane Julien a vu sa vie changer complètement... (Spectre Média, René Marquis)

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Stéphane Julien a vu sa vie changer complètement en devenant entraîneur-chef du Phoenix.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Il s'est fait connaître à Sherbrooke avec les Faucons dans la LHJMQ. Il a évolué durant une douzaine d'années en Europe pour ensuite s'impliquer chez le Phoenix tout en étant propriétaire d'une compagnie de gestion immobilière. Aujourd'hui âgé de 42 ans, Stéphane Julien a vu sa vie changer complètement en devenant entraîneur-chef du Phoenix.

Au terme de sa première saison entière derrière un banc, Stéphane Julien admet avoir eu la piqûre.

«J'ai été assistant-entraîneur lors de la première saison du Phoenix en 2012 et ce rôle me convenait à cause de mon emploi. Depuis 1998, j'accumulais les immeubles à logements. J'ai eu une occasion d'affaire et ma compagnie a grossi rapidement. Je gérais près de 40 employés. J'ai dû délaisser mes responsabilités avec le Phoenix en me satisfaisant du titre de directeur du développement.»

Rapidement, Julien s'est ennuyé du hockey.

«Il y a deux ans, j'ai eu des moments difficiles. J'étais proche du burn-out du sportif. Comme plusieurs autres athlètes, je m'ennuyais de l'adrénaline et de l'esprit de groupe. Ma première erreur: ne pas m'être associé avec quelqu'un. Parce que j'étais seul à gérer 50 millions $ d'actif en immobilier. Quand je revenais à l'aréna, je me sentais bien. Pendant un an, j'ai vu du noir et heureusement, le hockey m'a redonné une joie de vivre.»

Stéphane Julien est alors revenu derrière le banc aux côtés de Judes Vallée et peu après, le Phoenix procédait au grand ménage en nommant Julien entraîneur-chef.

«Depuis décembre 2016, j'ai presque tout vendu mes immeubles. C'était une grosse décision. Mais j'avais le goût de vivre de ma passion. Tout est arrivé au bon moment quand on m'a offert le poste d'entraîneur-chef. Le directeur général Jocelyn Thibault a toujours été un bon ami et on travaille très bien ensemble.»

Les succès ne s'accumulent pas chez le Phoenix depuis sa naissance ou la nomination de Julien. Mais ce dernier rappelle que le virage ne se fait pas du jour au lendemain.

«J'avais sous-estimé la difficulté de redresser un club. On comptait sur des têtes fortes la saison dernière et peu à peu, l'équipe possède l'image que je souhaite lui donner.»

Gravir les échelons

Stéphane Julien aime tellement son nouvel emploi qu'il compte maintenant gravir les échelons derrière le banc, allant même jusqu'à postuler pour des emplois au sein des équipes canadiennes.

«Je serai assistant-entraîneur de l'équipe des moins de 18 ans au Tournoi Ivan-Hlinka et j'espère piloter l'équipe des moins de 17 ans. J'adore mon rôle chez le Phoenix, mais je serais aussi prêt à aller partout pour prendre du galon.»

Une carrière bien remplie

 Né à Shawinigan, Stéphane Julien a tout fait son hockey mineur à Saint-Tite.

«J'aurais pu aller à Magog avec les Cantonniers à l'âge de 15 ans, mais ça coûtait 10 000$ et les joueurs de cet âge étaient très rares dans le midget AAA. J'ai donc fait une dernière année bantam pour ensuite être repêché par les Draveurs de Trois-Rivières. C'était la première fois que la LHJMQ permettait aux équipes de repêcher des jeunes de 15 ans et j'ai été le premier.»

Rapidement, le défenseur s'est fait un nom.

«Le gardien des Draveurs Jean-François Labbé m'a déjà dit que tout le monde n'en revenait pas de voir les Draveurs repêcher un gars de 15 ans en deuxième ronde. J'ai percé l'alignement à ma première année. Je pesais 165 livres et je mesurais 5'10. Mon cochambreur était Yanic Perreault. Il a été un modèle pour moi. Il était passionné, déterminé et sous-estimé à cause de son style et de sa taille.»

Par la suite, Jocelyn Thibault s'est amené avec les Draveurs. Tout comme Pascal Rhéaume. Près de 30 ans plus tard, Thibault, Rhéaume, Julien et Labbé se retrouvent avec le Phoenix de Sherbrooke.

«L'organisation a procédé à un déménagement vers Sherbrooke. Mais Jean-François Labbé a été échangé à Hull. Avec les Faucons, on s'est rendus deux fois en finale, mais on a perdu contre Verdun et Laval. On avait un club exceptionnel, mais c'était douloureux de s'incliner deux fois à la toute fin.»

Un exemple à suivre

Stéphane Julien en doit d'ailleurs beaucoup à l'un de ses entraîneurs.

«Guy Chouinard a été très bon pour moi. Il a joué dans la LNH et a marqué 50 buts à Calgary. Il était de la nouvelle génération d'entraîneurs et avait une mentalité différente. Les coups de pied au derrière se donnaient moins, la communication était meilleure. Avec mon ancien entraîneur Gaston Drapeau, c'était le régime militaire. De plus en plus, les entraîneurs se sont adoucis et le hockey a changé.»

Après avoir participé au camp des Rangers de New York à titre de joueur invité, Stéphane Julien, alors âgé de 19 ans, espérait signer un contrat. Plus tard, il se présentait aussi au camp des Nordiques de Québec, pour ensuite être envoyé à Cornwall dans le club-école, lors de la saison du lock-out de la LNH.

«J'ai été renvoyé dans le junior. J'ai par la suite connu une année exceptionnelle à 20 ans dans la LHJMQ en étant nommé défenseur de l'année. J'avais les meilleures statistiques au Canada. Malgré tout, aucune équipe ne m'avait envoyé d'invitation. En dedans de moi, je ressentais une frustration énorme. Je suis donc parti en Europe.»

À son retour en Amérique, après un essai avec les Rafales de Québec dans la Ligue internationale, Julien s'est rendu dans la Ligue de la Côte Est durant une saison.

«Je n'ai pas joué mon meilleur hockey. J'étais déçu et je sentais que je n'avais pas eu ma chance à cause que les circonstances n'étaient pas favorables. On devait être 12 défenseurs, je suis donc retourné en Europe.»

C'est sur le Vieux Continent que Julien a fait la pluie et le beau temps sur les patinoires.

«Mon seul regret, c'est de ne pas avoir essayé de faire mon chemin dans les ligues mineures en Amérique. Mais j'ai passé une belle carrière en jouant durant quatre ans en Suisse et neuf ans en Allemagne notamment. J'ai été bien traité pendant six ans à Cologne et ce fut de très belles années.»

Une équipe gagnante au Palais

L'objectif numéro du pilote du Phoenix aujourd'hui: offrir une équipe gagnante aux Sherbrookois.

«Ce serait l'une de mes fiertés. Beaucoup de travail a été fait depuis 2012, alors que le Phoenix partait de rien. Bientôt, tous les joueurs détesteront perdre et adopteront une philosophie de gagnants. C'est un travail de longue haleine, mais tous les membres de l'organisation ont le même souhait et on se dirige vers la bonne direction.»

 

En bref

Stéphane Julien a rencontré sa femme actuelle Isabelle Caron... dans sa famille de pension! «On s'est liés d'amitié lors de la première année à Sherbrooke pour finalement se fréquenter et ça fait 23 ans que ça dure. On a eu deux enfants ensemble et on s'est tous installés en Europe pour ensuite revenir à Sherbrooke.»

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 Stéphane Julien a rarement été blessé durant sa carrière. Sa pire blessure aura toutefois été une fracture du crâne. «J'ai aujourd'hui deux plaques de métal dans la tête.»

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 La meilleure saison de Stéphane Julien: 52 points en 51 matchs dans la DEL. 

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 L'entraîneur du Phoenix a été courtisé par des formations européennes récemment. «Mon rêve, c'est d'être entraîneur chez les professionnels dans un avenir rapproché.»




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