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Le Phoenix de Sherbrooke est écarté des séries pour la deuxième fois en cinq ans.

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / Pour la deuxième fois de sa jeune histoire, le Phoenix de Sherbrooke ne participera pas aux séries éliminatoires dans la LHJMQ. C'est la deuxième fois en cinq ans. Si les attentes étaient relativement faibles en début de saison, le constat d'échec est tout de même de mise. Encore.

Clarifions tout de suite une chose : personne à Sherbrooke, ou même aux quatre coins de la LHJMQ, ne croyait le Phoenix capable de se pointer le bout du nez dans le top 5 de la ligue, ou même dans le top 10.

Selon toute logique, l'équipe aurait dû atteindre sa maturité l'an dernier. Ce ne fut pas le cas, on se souvient tous du slogan « Ensemble pour la conquête », et toutes les attentes qui l'accompagnaient.

Cette saison 2016-17 en était une de reconstruction. Dans cette perspective, donc, l'élimination du Phoenix n'est pas totalement une surprise. C'était une possibilité, mais il y avait autant de chances que les Sherbrookois finissent en milieu de peloton.

Non, ce n'est pas tant la finalité qui me dérange, c'est la tendance. L'incapacité à trouver la bonne formule gagnante, l'incapacité à gagner, sur une base régulière.

Qu'on se le tienne pour dit, le Phoenix fait la job côté marketing, animation et tout ce qui entoure l'expérience hockey. Un rapport commandé à Ray Lalonde par la LHJMQ et dont les conclusions ont été obtenues par mon collègue Jérôme Gaudreau le démontre d'emblée.

Mais sur la glace, ça ne lève pas.

Le problème, il est là. Le Phoenix ne gagne pas.

En cinq ans, il n'a connu qu'une saison victorieuse, celle de 2014-15, où il a terminé au huitième rang du circuit Courteau (78 points en 68 matchs). C'est tout.

Cette saison, le Phoenix a conclu avec une fiche de 26 victoires et 42 défaites, au 17e rang du classement avec ses 56 points.

L'an dernier? Yable mieux, avec une fiche de 24 victoires et 44 défaites, une 15e position et 57 points au classement.

Pire, le Phoenix n'a participé aux séries éliminatoires qu'à trois reprises depuis sa renaissance. Pire encore, il n'a donné que trois victoires en séries éliminatoires à ses partisans pendant cette même période.

Des changements qui n'ont rien donné

L'équipe a tout tenté pour relancer la concession sur le chemin de la victoire; insatisfaite du travail du duo Patrick Charbonneau (directeur général) et de Judes Vallée (entraîneur), elle les a passés à la trappe le 9 décembre 2015.

Jocelyn Thibault (aussi actionnaire de l'équipe) et Stéphane Julien (entraîneur adjoint) ont pris l'équipe en charge.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que là encore, les succès se font attendre.

Le tandem Thibault-Julien a conclu la saison 2015-2016 avec une désolante fiche de 12 victoires et 24 défaites, avant d'enchaîner avec l'actuelle saison 2016-2017 qui, on va le répéter, s'est conclue avec une fiche de 26 victoires et 42 défaites.

Pire, pire encore, rappelez-vous, il n'y a pas si longtemps, le Drakkar de Baie-Comeau de Martin Bernard était au 16e rang du classement à l'issue de la dernière période des transactions.

Une équipe pourtant en reconstruction, elle aussi. Elle a conclu au 13e rang, avec 62 points.

Les dirigeants de l'équipe feront le bilan de l'équipe, mercredi, lors d'un point presse.

On va certainement y parler des nombreuses blessures à avoir frappé les joueurs de l'équipe cette saison, du manque de constance devant le filet et de je ne sais quoi encore.

Je vous le répète : ce n'est pas que les attentes étaient élevées, pour cette saison, c'est la manière dont elle est s'est déroulée qui me déroute et me fait sourciller pour le futur.

Le cas MacDonald

Le meilleur exemple? La saga Anderson MacDonald, survenue lors de la dernière importante semaine du calendrier régulier.

MacDonald n'aurait pas respecté une entente passée avec Stéphane Julien pour le respect de son poids; il a donc été écarté de l'alignement pour la première période du match contre Val-d'Or.

MacDonald ne respectait pas le poids demandé par 0,5 livre. Je répète : 0,5 livre. Sur une charpente de 6'2'' et de plus de 200 livres. En pleine croissance, à 16 ans.

Si je peux comprendre le principe, l'application du « châtiment » a privé toute l'équipe de l'un de ses meilleurs buteurs dans un moment clé de la saison. L'un des seuls à aller devant le filet adverse, manger des coups, et marquer des buts sur des retours.

Faites-lui faire du vélo stationnaire, monter ou descendre les marches du Palais pendant une journée de congé, n'importe quoi!

Donner l'exemple, vouloir aider le jeune à devenir professionnel, être strict, c'est toujours bon. C'est juste le moment qui est épouvantable.

Remarquez, on ne sait pas tout, de cette histoire. C'est juste que ça paraît mal. Ça fait jaser, pour les mauvaises raisons.

Les solutions?

Depuis son arrivée avec le Phoenix, Stéphane Julien n'a pas la langue dans sa poche; il n'hésite pas à vilipender ses joueurs. C'était le cas l'an dernier avec les Jérémy Roy, Daniel Audette, Carl Neill, et cette année, c'est Evan Fitzpatrick qui est passé dans le tordeur bien des fois.

Si le rendement de ce choix de deuxième ronde au repêchage de 2016 n'a pas toujours été à la hauteur de son talent, on peut en dire tout autant de la brigade défensive de l'équipe; la plupart du temps, c'était « bar open » pour les attaquants adverses dans la zone privilégiée. Alors moi, les critiques à l'endroit du gardien...

Un entraîneur intense, c'est toujours une bonne chose; mais quand il l'est plus que ses joueurs, il y a un problème.

Combien de fois Julien s'est-il dit déçu de ses joueurs, entre autres dans les dernières semaines? Que les gars n'étaient pas prêts, qu'ils n'avaient pas le sentiment d'urgence, etc.

Préparer l'équipe, c'est la job du personnel d'entraîneurs. Et leur fournir des joueurs capables d'amener l'équipe à un autre niveau, c'est la job du DG et de l'équipe de recruteurs.

Le Phoenix a deux choix de première ronde, à l'encan 2017, l'un des meilleurs des dernières années, avec au moins trois prodiges disponibles.

Il a 30 % des chances de décrocher le 1er choix, le très convoité Alexis Lafrenière. Ou même Samuel Poulin ou Xavier Parent.

Le travail de Thibault, et de Julien, sera scruté à la loupe comme jamais, au cours des prochaines semaines.

À un moment donné, ça va prendre des résultats.

Le public sherbrookois, encore nombreux cette année, mérite bien ça.




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