Nouveau record... d'insuccès!

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Les chasseurs ont abattu 455 orignaux cet automne dans les zones 4 et 6 de l'Estrie.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / J'ai écrit après la saison de chasse à l'orignal de 2014 en Estrie qu'elle avait été pire que pire. Nous n'avions malheureusement pas encore atteint le creux du baril ! La récolte régionale plonge de nouveau, et jusqu'à passer cette fois sous le seuil des 500 bêtes.

Les chasseurs ont abattu 455 orignaux cet automne dans les zones 4 et 6 de l'Estrie. Il s'agit d'une baisse de 105 bêtes ou de 19 pour cent. La région se retrouve une fois de plus à contrecourant puisque la récolte d'orignaux a légèrement augmenté (2 pour cent) à l'échelle de la province.

La dégringolade a particulièrement frappé cette année les 1100 détenteurs de permis n'ayant eu qu'un maigre butin de 45 orignaux à se partager dans la zone 6. Le recul est de 35 pour cent par rapport aux résultats de 2015, qui avaient été dans la moyenne des cinq dernières années. Jusqu'à maintenant, le déclin du cheptel d'orignaux avait été beaucoup moins perceptible dans cette zone du centre de l'Estrie que dans la 4, qui couvre pour l'essentiel les MRC du Haut-Saint-François et du Granit.

« La mauvaise surprise, cette année, c'est la zone 6. À cause de la stabilité des dernières années, rien ne permettait d'anticiper une baisse comme celle-là », avoue le biologiste Éric Jaccard, responsable de la grande faune pour les régions de l'Estrie et de la Montérégie.

Ces résultats ne peuvent être imputés à une baisse du nombre de chasseurs puisque la vente de permis dans la zone 6 est demeurée à peu près stable. Tout comme les 5300 chasseurs de la zone 4, d'ailleurs.

Dans ce secteur, qui est parmi ceux où la pression de chasse à l'orignal est la plus élevée au Québec, la récolte de 410 orignaux a été de 19 pour cent inférieure à celle de l'an dernier. La baisse est répartie proportionnellement dans le segment des mâles et des veaux.

Le biologiste Jaccard relève tout de même un élément qu'il juge positif.

« La récolte de mâles de cette année dans la zone 4 a été sensiblement la même qu'en 2014. C'est peut-être l'automne 2015 qui nous a donné une lecture erronée ».

De fait, l'emballement nous a peut-être gagnés un peu trop rapidement l'an dernier après une première récolte à la hausse après les reculs successifs ayant incité les gestionnaires de la faune à suspendre indéfiniment l'abattage de femelles en Estrie. La moyenne des cinq dernières années, qui repose uniquement sur des statistiques de récoltes mâles et veaux, nous situe à mi-chemin entre les résultats de 2014 et 2015 dans les deux zones de la région.

Rappelons d'autre part que la seule récolte de 491 femelles en 2011 en Estrie avait dépassé les chiffres totaux enregistrés cette année. Ce n'est pas peu dire.

« Ce n'est pas très rassurant. La région de Chaudière-Appalaches subit tout comme nous les effets d'un débordement réduit d'orignaux en provenance des États américains limitrophes, où la tique a aussi causé beaucoup de mortalité chez les orignaux. Nous travaillerons avec nos collègues de la Beauce ainsi qu'avec nos confrères américains à raffiner nos analyses cartographiques afin d'identifier les endroits précis où les récoltes ont le plus reculé et essayer de mieux de comprendre les causes. Ça aurait été le cas notamment cette année dans la Zec Louise-Gosford bordant le Maine » explique le biologiste.

Ce dernier ne prévoit pas de changements réglementaires pour l'an prochain, mais il ne cache pas que la récolte des veaux pourrait être remise en question lors de la révision du plan de gestion en 2019.

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