Le « sénateur de l'Ouest » n'est plus

Clément Fortier, l'homme d'affaires, le philanthrope et l'un... (Archives, La Tribune)

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Clément Fortier, l'homme d'affaires, le philanthrope et l'un des principaux bâtisseurs de la scène sportive sherbrookoise, n'est plus. L'homme jovial, au sourire facile, est décédé vendredi dernier des suites du cancer. Il avait 75 ans.

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) Clément Fortier, l'homme d'affaires, le philanthrope et l'un des principaux bâtisseurs de la scène sportive sherbrookoise, n'est plus. L'homme jovial, au sourire facile, est décédé vendredi dernier des suites du cancer. Il avait 75 ans.

Bien qu'il fut l'un des pionniers du très populaire Festival des Cantons au début des années 1970, Clément Fortier est devenu un visage connu du public sherbrookois en tant que grand manitou des Jeux d'été du Québec de 1977. L'immense succès qu'ont connus ces Jeux et l'expertise qui en a découlé ont par la suite permis à Sherbrooke de se tailler une place enviable parmi les villes-hôtesses de grands événements sportifs à l'échelle du Québec et du Canada.

Devant le succès remporté par les Jeux de 1977, il est invité à joindre les rangs du conseil d'administration de la Société des Jeux du Québec, dont il présidera les destinées deux ans plus tard. Il sera ensuite nommé gouverneur puis membre à vie de cette société.

Sa feuille de route sur le plan sportif n'allait pas s'arrêter là.

Durant les années 1980, il a été tour à tour ou simultanément président du comité organisateur du Mérite sportif de l'Estrie, membre du comité exécutif du Club de hockey collégial AAA les Sélects de Sherbrooke et président du comité organisateur des manifestations sportives de l'Université de Sherbrooke.

En 1993, il s'implique à fond dans la mise en candidature de Sherbrooke pour l'obtention des Jeux panaméricains de 1999. Il est alors nommé coordonnateur au sein du conseil d'administration de la Corporation des Jeux panaméricains Sherbrooke 1999.

Après un long processus de qualification le comité de sélection des Jeux arrête finalement son choix sur la ville de Winnipeg comme candidate canadienne des Jeux. Loin d'être abattu par le choix du jury, Clément Fortier déclare au lendemain de la décision que « Sherbrooke a acquis une expérience qui va lui servir à l'avenir... » Ce qui fut le cas une quinzaine d'années plus tard lorsque la Ville-reine des Cantons-de-l'Est est l'hôte des premiers Jeux d'été du Canada à se tenir au Québec en 2013.

En 1994, le monde sportif estrien lui consacrait sa plus haute distinction en lui décernant le Victor spécial Desjardins lors du Gala du Mérite sportif de l'Estrie.

Attaché à son patelin

Né à Sherbrooke le 10 mars 1941, Clément Fortier aura connu une longue et prolifique carrière, tant dans le monde du sport que dans le monde des affaires. Et ce, « malgré une neuvième année forte... », aimait-il à dire à ceux qui l'interrogeait sur son parcours académique.

Au sortir de l'école, il est embauché comme commis-comptable à l'Atelier Robert Fortier avant de devenir charpentier-menuisier à Hartford, au Connecticut.

«On a dû lui demander deux ou trois fois de se présenter à la mairie.»


À son retour à Sherbrooke, en 1961, il fonde sa première compagnie dans le domaine de la construction, Sherbrooke Dry Wall, qui deviendra Acoust-Iso dans les années 1970. Il fondera par la suite SDW Isolation Estrie et Clément Fortier et associés, dont il a présidé les opérations jusqu'à la fin. 

Tout comme dans le sport, il s'implique abondamment dans le monde de la construction en siégeant à de nombreux conseils d'administration, notamment auprès de l'Association provinciale des constructeurs d'habitation du Québec et de la Fédération de la construction du Québec.

Membre des Chevaliers de Colomb, il fut l'un des membres les plus actifs du Club social de Sherbrooke, dont il fut gouverneur, à l'époque où le Club social avait pignon sur rue à l'angle des rues Prospect et Queen-Victoria.

Homme d'affaires aguerri, il fonde en 1979 la firme les Placements Montier, propriétaire de nombreux immeubles à Sherbrooke et dans les environs.

Son sens inné de l'organisation et son vaste réseau de contacts font de lui un administrateur et un philanthrope recherché.

En 1979, il est nommé gouverneur de la Fondation du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke et président d'honneur de la Fondation canadienne des maladies du rein chapitre des Cantons de l'Est.

Impliqué pendant plus de 10 ans auprès du régiment des Fusiliers de Sherbrooke, il est décoré du titre de lieutenant-colonel honoraire, la plus haute distinction décernée à un civil.

Intégrité

Son fils Francis parle de son père comme d'un « monsieur quand même réservé », malgré ses nombreuses implications.

« Comme père, quand vous regardez sa biographie, c'est sûr qu'il n'était pas souvent à la maison. Mais il était toujours présent au bon moment dans les grandes étapes de la vie. Il était un pilier sur lequel on pouvait toujours s'appuyer...».

Francis Fortier dit qu'il retiendra surtout le sens éthique de son père, notamment en ce qui concerne la politique.

« On a dû lui demander deux ou trois fois de se présenter à la mairie, mais il a toujours refusé. Pour lui, ce qui était important, c'est de ne rien devoir à personne. Il disait qu'il voulait continuer de dormir sur ses deux oreilles... », dit-il au sujet de son père que l'on surnommait néanmoins affectueusement « le Sénateur de l'Ouest », en raison de son attachement à son quartier.

Outre ses deux fils, Francis et Patrick et leurs conjointes, Clément Fortier laisse dans le deuil son épouse Aline ainsi que deux petits-enfants, Mercedes, âgée de 5 ans, et Markus, âgée de 2 ans.

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