Le bâtisseur idéaliste est décédé

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Engagé dans le monde du sport pendant plus de 50 ans, Yvon Lamarche a été directeur du Centre sportif de l'Université de Sherbrooke et de celui de l'UQTR, en plus d'être responsable du programme Rouge et Or à l'Université Laval. Il a également été président des fédérations québécoises de basketball et de natation.

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(Sherbrooke) Le monde sportif sherbrookois a perdu deux importants bâtisseurs au cours des derniers jours. Après le décès de Clément Fortier (voir écran suivant), qui fut entre autres président du comité organisateur des Jeux du Québec en 1977, ce fut au tour d'Yvon Lamarche de nous quitter, mercredi. M. Lamarche laisse derrière lui un héritage sportif important en basketball et en football, tant en Estrie qu'en Mauricie.

« Yvon, c'était un bâtisseur, un rassembleur et à certains égards, un idéaliste. Lorsqu'il était impliqué dans un projet et qu'il nous demandait de l'y rejoindre, c'était difficile de lui dire non », s'est rappelé Paul Deshaies, ancien doyen de la faculté d'éducation physique à l'Université de Sherbrooke.

La liste des implications de M. Lamarche est longue.

Engagé dans le monde du sport pendant plus de 50 ans, il a été directeur du Centre sportif de l'Université de Sherbrooke et de celui de l'UQTR, en plus d'être responsable du programme Rouge et Or à l'Université Laval.

Il a également été président des fédérations québécoises de basketball et de natation.

Son immense travail a été reconnu à plusieurs endroits : il a été intronisé au Hall de la renommée du sport à l'Université de Sherbrooke, à l'UQTR, au Séminaire de Trois-Rivières et à la Fédération québécoise de basketball.

Son apport exceptionnel au développement du sport a été souligné par le Temple de la renommée sportive de la Mauricie, et du RSEQ.

Paul Deshaies a surtout connu M. Lamarche en basketball, à Trois-Rivières puis à Sherbrooke.

« Je connaissais Yvon depuis 1962, au Séminaire de Trois-Rivières, où il était éducateur physique et entraineur en football et en basketball. J'ai joué pour lui à Sherbrooke, au sein de l'équipe francophone qu'il avait mise sur pied, une équipe compétitive. Il est aussi à l'origine de Basketball Sherbrooke. »

« Ce n'était pas un homme qui recherchait la gloire ou la reconnaissance; c'était un gars de terrain, un fer de lance. »

« C'était aussi un homme déterminé. On m'a raconté cette anecdote à propos du départ du football au Séminaire de Trois-Rivières, dans les années 1960. En compagnie de son bon ami Charles Tiffault, il s'était présenté à Montréal à la réunion annuelle de la Ligue intercollégiale du Québec. Trois-Rivières avait alors une équipe qui disputait des matchs hors-concours. »

« Lors de la réunion, le président Pierre Proulx a annoncé qu'une expansion était possible. Sans en parler à personne, Yvon a fait la demande au nom du Séminaire! Personne n'était au courant! De retour à Trois-Rivières, il a appelé son bon ami Claude « Pit » Mongrain au Nouvelliste, en lui donnant l'information de la venue d'un programme de football collégial en ville. Le Séminaire et son supérieur Albany Melançon n'ont pas eu le choix d'embarquer dans le projet! »

Éducateur physique plutôt que dentiste

Charles Tiffault perd en Yvon Lamarche un ami de longue date.

Les deux hommes se sont connus dans le train, là où le destin les a finalement réunis par la suite.

« Je suis originaire de Cap-de-la-Madeleine, et lui, de Trois-Rivières. On se connaissait de nom. En 1958, j'ai pris le train à destination d'Ottawa afin d'y entreprendre des études en éducation physique; Yvon était dans le même train, mais il s'en allait à Toronto, pour suivre son cours en dentisterie. On a jasé. Il semblait intéressé par ce que je lui disais. L'année suivante, il venait me rejoindre à Ottawa. »

Les deux amis ont par la suite été éducateurs physiques au Séminaire de Trois-Rivières. Ils ont également travaillé ensemble à Québec, à l'UQTR et à l'Université de Sherbrooke.

« C'est lui qui a amené le nom ''Vert & Or'' à Sherbrooke; c'était aussi le nom des équipes sportives du Séminaire à Trois-Rivières. Yvon était un grand amateur de football, il a même dirigé avec le Vert & Or, à Sherbrooke, lors des premières années. »

« Je suis triste, il va me manquer. Mais je suis content qu'il soit parti aussi vite, il avait assez souffert. »

Son legs le plus important : le Panthéon des sports de Sherbrooke

Pour son ami de longue date Ivan Beaulieu, la création de l'Alliance omnisport de même que la concrétisation du Panthéon des sports de Sherbrooke sont les deux principaux legs d'Yvon Lamarche au monde du sport à Sherbrooke.

« C'est une semaine difficile, avec les départs de Clément et d'Yvon. Ce sont deux pans importants du monde sportif sherbrookois qui nous quittent », a dit celui qui a autrefois occupé le poste de directeur des sports à la Ville de Sherbrooke

« On a mis sur pied l'Alliance omnisport, avec le concours de Jean Perrault (ancien maire de Sherbrooke); tous les intervenants du milieu travaillaient ensemble à la planification à long terme des infrastructures sportives. On travaillait avec Jacques Bilodeau et le Cégep de Sherbrooke, Bertrand Cyr et la CSRS (Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke). C'est ainsi qu'on a pu accueillir les Jeux du Québec en 1977, en 1995, les Mondiaux Jeunesse de 2003, et les Jeux du Canada en 2013 », s'est-il souvenu.

« Le Panthéon des sports, c'est un peu la continuité du Mérite sportif de l'Estrie, un gala où on honore chaque année les sportifs d'ici. On devait continuer le projet et garder leur mémoire bien vivante, par la suite. Avec les bronzes installés autour du lac des Nations, on s'assure de ne pas les oublier. »

M. Lamarche était membre du conseil d'administration et du comité de sélection du Panthéon des sports de Sherbrooke.

Il a également reçu, l'été dernier, la médaille de l'Assemblée nationale, pour la promotion du sport, des mains de l'actuel ministre de la Culture et des Communications.

M. Lamarche laisse dans le deuil sa femme Huguette et ses deux filles Sylvine et Sonia.

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