Les bonnes idées qui n'évoluent pas

En tapant le mot « chasse » dans... (Archives, La Tribune)

Agrandir

En tapant le mot « chasse » dans le moteur de recherche du site internet de la Ville, on accède à la carte illustrant les zones où il est permis de chasser à Sherbrooke. Les autorités municipales n'ont toutefois pas eu jusqu'à maintenant un grand souci de vulgarisation pour rendre toutes les exigences réglementaires simples de compréhension.

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) Quoi, la chasse est vraiment autorisée à Sherbrooke?

Cette réaction, je l'ai entendue souvent ces derniers jours. L'existence d'une réglementation municipale encadrant les pratiques de la chasse est réapparue dans l'émoi provoqué par la présence de coyotes, samedi soir dernier, dans un boisé adjacent au quartier Dubreuil, aux limites des arrondissements de Brompton et Fleurimont.

Les coyotes seraient restés dans l'ombre, qu'on ne se serait pas soucié de leur présence. Pourtant, des prédateurs sauvages vivent en permanence sur notre territoire. Idem pour les chasseurs, les prédateurs humains récoltant chaque automne des cerfs et quelques orignaux (ce fut le cas certaines années, du moins) dans l'agglomération populeuse de Sherbrooke.

En se référant à la carte produite par la direction régionale de la Faune, on relève que pas moins de 347 cerfs ont été abattus l'automne dernier à Sherbrooke.

Retour sur une politique municipale ayant déjà été qualifiée d'avant-gardiste. L'harmonisation des règlements de chasse qui étaient en vigueur dans les anciennes villes, dont Rock Forest, a été réalisée dès la première année suivant la fusion de 2002. Rappelons qu'il a fallu dix années de plus et un référendum pour compléter le même exercice d'harmonisation des règlements d'urbanisme.

Le bureau régional de la Faune estimait alors qu'au moins 1000 cerfs vivaient sur le territoire sherbrookois. Son directeur d'alors, feu Réal D. Carbonneau, avait recommandé aux élus sherbrookois d'éviter les extrêmes. Une interdiction complète de chasse aurait risqué de mener à une surpopulation causant une présence invasive et multipliant les collisions routières, avait d'une part fait valoir M. Carbonneau.

Laisser entrer les chasseurs partout et n'importe comment aurait par ailleurs été source de conflits, en semant l'inquiétude chez les citoyens et en rendant les propriétaires hésitants à accorder des droits de passage, avait également soulevé celui qui est parvenu à orienter les décideurs municipaux vers l'approche contrôlée.

Le conseil municipal dirigé par Jean Perrault a alors souscrit à une approche réglementaire définissant des périmètres d'accès aux chasseurs, avec des types d'armes adaptés à la densité des zones habitées, tout en spécifiant que la permission du propriétaire était un préalable partout.

En tapant « chasse » dans le moteur de recherche du site internet de la Ville, vous accéderez à la carte des trois catégories de zones où il est possible de chasser à Sherbrooke (cliquez ici). Le codage par couleur permet de comprendre les restrictions. La zone verte, qui ceinture les secteurs résidentiels dans tous les quartiers, est restreinte aux seuls chasseurs utilisant l'arc ou l'arbalète. Dans d'autres zones, les fusils ainsi que les armes à chargement par la bouche sont permis. Il n'y a que dans les secteurs agricoles les plus isolés qu'un chasseur peut utiliser une carabine à longue portée.

La dernière mise à jour du règlement municipal et de la carte remonte à 2009. On s'entend que l'urbanisation a gagné du terrain depuis. Un chasseur ne peut donc se référer qu'à la carte. Car, s'applique également une distance minimale d'éloignement de 150 m de tout bâtiment, voie publique, piste cyclable, sentier multifonctionnel, etc., à moins que le propriétaire d'un terrain consente à ce que le chasseur soit plus près d'un bâtiment. Un poste d'affût est également exigé et il doit avoir une hauteur minimale de 2,5 m pour assurer un tir vers le sol réduisant les risques d'un projectile égaré.

La Ville ne voit pas l'utilité d'adapter sa carte à la réalité de 2016, estimant que ces normes d'éloignement assurent une protection adéquate dans les nouveaux développements.

D'un point de vue juridique, c'est vrai. En pratique par contre, il n'est aucunement fait mention des spécifications techniques avec la carte et il n'est pas aisé pour un citoyen de s'y retrouver dans les dédales réglementaires.

Alors que la Ville nous annonce des investissements de plusieurs centaines de milliers de dollars pour rendre ses outils informatiques plus conviviaux, le premier souci devrait être de réunir toute l'information et de la vulgariser. Voilà un bon test.

Cette réglementation est une bonne idée qui, malheureusement, a peu ou pas évolué dans le temps. Elle devrait pourtant être mise en valeur.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer