Les pantoufles au pied du lit

Le calendrier hâtif de la saison de chasse... (Photo fournie par Guy Robert)

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Le calendrier hâtif de la saison de chasse à l'arme à feu réduit cette année l'espoir de vivre l'effervescence du rut qui fait sortir les mâles de leur zone de confort. Celui-ci avait été pris de court par la clarté après une escapade amoureuse dans mon quartier. Il avait été photographié par un voisin.

Photo fournie par Guy Robert

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / J'ai trouvé mon premier grattage frais au sol dans un secteur en retrait, signe qui m'amène à penser que les mâles effarouchés par l'odeur humaine sont encore hésitants à sortir de leur zone de confort.

Il ne reste que quatre jours à la période de chasse au chevreuil à l'arme à feu pour espérer profiter du rut. Sans vouloir vous décourager, les saisons hâtives (celles qui commencent à la fin d'octobre comme ce fut le cas cette année) réduisent nos chances de chevaucher cette période d'effervescence, qui s'accroît généralement à compter de la mi-novembre. Elles seront meilleures l'an prochain avec une saison du 4 au 19 novembre.

Si vous observez un changement de comportement dans votre secteur, si les femelles se regroupent ou commencent à éloigner les faons, ce sont des réactions annonçant l'imminence de l'accouplement. L'apparition de nouveaux venus sur vos caméras est également signe que les mâles en quête d'une compagne augmentent leurs déplacements.

À moins qu'il y ait eu une évolution en ce sens au cours des derniers jours dans mon coin de chasse, pour un, je passerai samedi au plan B : je déposerai mes pantoufles au pied du lit.

Un grattage frais au sol à proximité de sentiers très fréquentés indique une intrusion des mâles à l'intérieur d'un périmètre achalandé. C'est alors une bonne idée de surveiller ces corridors de transit.

Dans mon cas, c'est tout le contraire. Le mâle a marqué son territoire à la porte de sa chambre à coucher, sans sortir du secteur isolé lui servant de refuge dans l'attente de la noirceur qui le rend plus audacieux. Je dois donc trouver le moyen de devenir son fantôme de jour.

Je n'ai aucune chance de le prendre à contrepied en pénétrant dans son couvert dense et bruyant. Je ne l'entendrai même pas décoller tellement il se poussera rapidement.

J'essaierai le rattling et le grunt, c'est sûr. Mon grunt a été complice de succès dans le passé. Mais c'est toujours au risque de provoquer l'effet contraire.

Ça m'est arrivé encore le weekend dernier. En arrivant à la hauteur d'une coulée qui avait fait la forme d'un berceau, je suis immobilisé en me disant : c'est impossible qu'il n'y ait pas un chevreuil au repos ici.

Y'en avait effectivement un! Il s'est poussé par contre en entendant mes deux coups de grunt, pourtant très doux. Cette fois-là, au lieu de confondre, le bruit m'a trahi.

La direction du vent, son intensité, la portée du call. Une cachette suffisamment éloignée pour ne pas être vu, mais assez près pour avoir un corridor de tir minimalement dégagé si des cornes venaient qu'à se mêler aux branches dans mon télescope, ça fait pas mal d'impondérables à gérer.

Mais si je ne vais pas vers ce mâle furtif, je suis loin d'être certain qu'il viendra à moi d'ici dimanche soir ou que d'autres mâles se mettront au blanc en suivant des femelles à la trace.

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