Le temps des grands changements

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Pour la première fois depuis 2006, Sherbrooke et Bishop's ne participeront pas aux séries éliminatoires du football universitaire en même temps.

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(Sherbrooke) Montréal, McGill, Concordia et Laval s'affrontent cette fin de semaine dans le cadre des matchs de demi-finale du football universitaire québécois. Des duels que Sherbrooke et Bishop's regarderont de la maison. C'est la première fois depuis 2006 que les deux programmes sherbrookois ne participent pas aux éliminatoires la même année. C'est l'heure des bilans.

Commençons par les Gaiters. L'agonie a assez duré. Trois victoires en trois ans, 21 défaites. Il est temps que l'institution prenne une décision pour le bien de son programme, de ses joueurs et de son personnel d'entraîneurs : joindre les rangs de la conférence des Maritimes.

Cette possibilité a poppé dans l'actualité avant le début de la présente saison, plus précisément en mai dernier. Et pas par hasard. C'est parce qu'on regardait cette possibilité avec attention.

On en a même évalué les coûts. Chaque voyage dans les Maritimes coûterait environ entre 25 000 $ et 35 000 $ aux Gaiters. C'est beaucoup.

Mais c'est le prix pour remettre ce programme autrefois glorieux sur les rails.

Plusieurs sources me confirment que le vent des Maritimes souffle fort. Très fort. Bishop's a jusqu'au 1er décembre pour déposer officiellement une demande.

Que ce soit pour 2017, ou pour 2018, ça doit être fait.

Les derniers mois à Bishop's confirment plus que jamais qu'un changement, n'importe quel, mais un changement, est vital.

L'Université n'a plus de directeur des sports depuis le départ de Jean-Benoît Jubinville l'été dernier, et il y a fort à parier que c'est Jackie Bailey qui va assurer la fonction, en plus de celle de doyenne aux affaires étudiantes.

Les Gaiters doivent faire encore plus, avec encore moins.

Une situation qui a déjà fait une victime ; Kevin Mackey est probablement l'homme de football le plus positif que j'ai rencontré dans ma carrière jusqu'à présent. Toujours le bon mot, toujours l'optimisme, la confiance en un meilleur futur.

Eh bien, même l'entraîneur-chef par excellence au Canada en 2013 a lancé la serviette. Le manque de soutien et d'appui figurait au sommet des doléances expliquant son départ.

Une réalité dont on prend davantage la mesure en lisant avec attention l'offre d'emploi lancée par Bishop's en début de semaine.

On y confirme sans détour que le budget de fonctionnement est de 350 000 $ et que le salaire du coach variera entre 50 000 $ et 70 000 $.

Des chiffres qui ont fortement fait réagir lorsque je les ai publiés sur le média social Twitter.

Plusieurs anciens joueurs du RSEQ ont commenté mon tweet, dont Danny Groulx, actuel joueur des Eskimos d'Edmonton et ancien du Rouge et Or.

Selon lui, la rémunération des entraîneurs à Québec est largement supérieure.

Qui sera intéressé à ce poste, avec toutes les responsabilités en découlant - le contact avec les Alumnis, le recrutement (un recrutement national, en principe), et tout ce qui entoure l'équipe - avec des conditions semblables ?

Qui voudrait déménager sa famille en Estrie pour ça ? Je ne dis pas que c'est mauvais, comme salaire. Juste que la tâche de travail est colossale.

Alors qui ? Je ne sais pas.

Ce que je sais, par contre, c'est qu'en joignant ses alliés naturels du U4 League (Bishop's, Acadia, Mount Allison et Saint-Francis-Xavier), toutes des universités qui offrent un programme d'études en « liberal arts », des universités de même taille, avec des budgets similaires, Bishop's aurait davantage de chances de compétitionner à armes égales sur le terrain de football.

Ce serait un rapprochement tout naturel.

Mais encore faut-il prendre la décision. Pas seulement pour l'avenir du programme de football, mais aussi pour l'ensemble des programmes sportifs de l'institution.

Les Gaiters sont la seule équipe du RSEQ qui n'a pas vu l'un de ses matchs diffusés à TVA Sports cette saison.

Certes, ce n'est pas une finalité en soi, mais il s'agit d'un signal fort. Le diffuseur cherche a rentabiliser ses heures d'écoutes, c'est normal. Qu'il ait eu l'aval du RSEQ, qui devrait valoriser l'exposure égale de tous ses partenaires, me dépasse. Mais ça parle.

En parallèle, si Bishop's joint la conférence des Maritimes, cela ouvre la porte toute grande à un quatrième programme francophone de football.

La direction de l'Université du Québec à Trois-Rivières a clairement indiqué qu'elle ne voulait pas aider financièrement une éventuelle équipe de football.

Même si on pouvait s'épivarder longtemps sur la légitimité d'une telle décision, n'en reste pas moins que Trois-Rivières pourrait saisir la balle au bond si Bishop's décide de joindre les Maritimes.

Je vous le précise, on est dans l'expectative, ici. En plus, quand on parle d'universités, on admet tacitement que les choses changent lentement. Très lentement.

Idem chez le Vert & Or

Le Vert & Or aussi a une introspection à faire. Cette cuvée 2016 était la première entièrement constituée de joueurs recrutés par David Lessard et son groupe d'adjoints.

Si la défensive a fait le boulot, l'ère post-Jérémi Roch a été difficile, en attaque. Le cérébral quart a biffé certaines faiblesses qui se sont montrées plus évidentes, cette année.

Rater les séries, pour Sherbrooke, est aussi un dur coup pour son recrutement futur. Le Vert & Or doit se maintenir au sommet, près de Montréal et de Québec, s'il veut espérer attirer les meilleurs joueurs collégiaux.

Le Vert & Or est condamné à gagner ; l'assistance est en baisse.

Est-ce que David Lessard sera de retour à la barre de l'équipe ? Sa prolongation de contrat d'une saison signée l'an dernier vient à échéance dans les prochaines semaines.

Voudra-t-il rester ? Voudra-t-on qu'il reste ?

L'Université de Sherbrooke devra aussi confirmer sa position par rapport à son équipe de football ; le sport d'élite, à l'UdeS, n'est plus ce qu'il était. Les coupes sont accablantes.

Une situation qui a été dénoncée par Lessard lui-même, sur le gazon naturel du Stade de l'Université de Sherbrooke, à l'issue du dernier match de l'équipe, samedi dernier.

Des mesures doivent être prises, non seulement pour la saison prochaine, mais pour une pérennité future.

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