Tireur d'élite

François Vanasse a réalisé un rêve d'enfance en... (Photo fournie par Chantal Raymond)

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François Vanasse a réalisé un rêve d'enfance en atteignant mortellement ce chevreuil alors qu'il se trouvait à 686 mètres de l'animal sorti à découvert dans une prairie de la MRC de Coaticook. M. Vanasse s'entraîne depuis dix ans pour le tir à longue distance.

Photo fournie par Chantal Raymond

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE /Contrairement aux fusils, qui ne sont efficaces qu'à courte distance (moins de 30 mètres) pour le tir à la volée sur les oiseaux migrateurs ou le petit gibier comme la perdrix, les carabines pour chasser l'orignal ou le chevreuil sont des armes à longue portée. D'où l'importance de toujours évaluer les risques d'une balle perdue.

Utilisées adéquatement et de façon sécuritaire, les carabines de gros calibre sont d'une précision renversante. Un chasseur de Coaticook, François Vanasse, a atteint mortellement ces derniers jours un cerf de Virginie bien panaché qui se trouvait à 2250 pieds, bien comptés, de lui. Faites la conversion : cela représente une distance de 686 mètres ou presque 7/10 de kilomètre.

« Quand j'étais jeune, je m'imaginais souvent en train d'épauler en direction d'un beau buck sorti au fond de cette prairie de la ferme familiale. C'est un rêve qui m'habite depuis 40 ans. J'en avais fait un objectif personnel. Pas pour pouvoir me vanter, mais parce le tir sur longue distance est une passion pour moi », raconte-t-il.

Précisons que la sécurité d'autrui n'était pas un facteur de risque pour un tir sans obstacle, sur un territoire que le chasseur savait exclusif.

On peut voir l'exploit sur une vidéo que M. Vanasse a mise en ligne sur sa page Facebook, de l'attente du chasseur le temps que le chevreuil se place dans un angle favorable jusqu'au coup de feu qu'encaisse la bête sans prendre la fuite.

« Le cerf est resté immobile quelques secondes, s'est effondré, puis a tenté de se relever. Je l'ai achevé. Je n'ai pas mis cette séquence en ligne, car j'estimais qu'elle pouvait choquer », précise le chasseur.

Ce n'est pas un coup de chance, car rien n'avait été laissé au hasard.

« Ma carabine de 7 mm est équipée d'un télescope qui grossit l'image 36 fois. C'est la seule utilisation que je peux faire de cette arme. J'ai consulté les meilleurs francs-tireurs au Canada. Ils m'ont enseigné les techniques les plus efficaces, notamment pour la préparation des cartouches. De plus, je me suis entraîné plusieurs fois à cet endroit. »

Au bénéfice de lecteurs moins connaisseurs, le chevreuil abattu par M. Vanasse aurait été minuscule dans mon télescope à focale fixe de 2,5 (la force de l'oeil humain) efficace pour la chasse fine. À l'opposé, le sniper verrait les troncs d'arbres tellement gros dans sa lunette 36 X qu'il peinerait en forêt à cadrer un cerf immobile à 20 m devant lui.

« J'ai eu plusieurs autres opportunités ces dernières années d'effectuer le même tir. Par temps sombre, s'il y avait du vent ou de la pluie, je m'abstenais. À l'approche de la noirceur, alors qu'il devient difficile d'être précis et ensuite de repérer des traces de sang au sol, même chose. »

François Vanasse est administrateur au sein du comité régional de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, l'organisme mandaté au Québec pour offrir les cours de maniement d'armes à feu préalables à l'obtention d'un permis pour chasser.

« Qu'un coup de feu soit effectué à courte ou à longue distance, les principes de base sont les mêmes. Il faut s'assurer qu'on utilise la bonne arme pour le bon tir. Il faut éviter les manoeuvres précipitées diminuant l'efficacité et augmentant les risques de blesser un animal. Ce soir-là, toutes les conditions idéales étaient réunies. C'est la raison pour laquelle j'ai obtenu le résultat escompté. »

La prochaine fois que vous irez voir un match de football, imaginez un chasseur à la ligne des buts et un chevreuil à l'autre extrémité, mais six longueurs de terrain plus loin. Vous conviendrez que ça prend pas mal de concentration et de précision pour loger à cette distance une balle dans une zone vitale qui fait à peu près 20 cm x 20 cm.

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