Les éternels troisièmes

Une défaite du Vert & Or samedi contre... (Archives, Le Soleil)

Agrandir

Une défaite du Vert & Or samedi contre le Rouge et Or les excluerait des séries éliminatoires pour la première fois depuis 2009.

Archives, Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Le Vert & Or de l'Université de Sherbrooke joue sa saison, samedi, en accueillant le Rouge et Or de l'Université Laval pour son dernier match régulier de la campagne 2016. Une défaite et c'est la fin des émissions pour cette année. Pas de séries éliminatoires.

C'est un peu injuste, tout de même, avouez-le.

Que vous soyez, ou non, un partisan de l'équipe, la froide constatation est que le Vert & Or est dans une position particulière.

Dans quel autre sport, lors d'un calendrier de huit matchs, une équipe doit-elle se mesurer, à deux reprises, aux deux meilleures équipes du classement cumulatif national? Aucun. Sherbrooke est la seule dans cette situation.

C'est comme si le Phoenix de Sherbrooke avait à affronter les Cataractes de Shawinigan ou les Huskies de Rouyn-Noranda lors de la moitié des matchs de son calendrier régulier.

Bon, la comparaison n'est pas tout à fait exacte, mais vous voyez où je veux en venir.

Demandez à la majorité des experts en foot universitaire et ils vous diront presque unanimement que la troisième meilleure équipe au Québec, c'est Sherbrooke.

Mais justement, finir troisième à répétition, dans la conférence Québec, ça ne fait pas des enfants forts.

Ça n'aide pas le recrutement.

Ça aide tout juste à sortir la tête hors de l'eau. Et ça tanne les partisans.

Et c'est un état de fait qui perdure, du moins, qui est de plus en plus visible, depuis que le RSEQ, au nom de ses membres, a rebrassé le calendrier régulier.

Rappelez-vous, c'était quelques mois après que McGill eut lancé sa menace de déménager ses pénates dans la ligue universitaire ontarienne, en 2012 pour être plus précis. On avait un ras-le-bol, majoritairement chez les Anglos, de se faire ouvrir par les universités francophones.

Il a alors été décidé qu'un calendrier à deux paliers serait adopté.

On avait même mis sur pied un comité de parité.

Pris dans un carcan

Dès 2013, un calendrier de ce type fut élaboré, lors duquel les trois premières équipes au classement s'affronteraient deux fois chacune lors de la saison suivante, et une fois seulement contre les trois équipes ayant terminé aux positions quatre à six. On complétait, lorsque c'est le cas, avec un match contre un adversaire des Maritimes.

L'inverse était aussi vrai pour les équipes du bas du classement.

En satisfaisant ainsi les demandes des universités anglophones, on destinait ainsi le Vert & Or dans le vortex de la troisième place.

Une situation, un carcan, dont il peine à se départir depuis. Et un bref regard vers l'avenir confirme que les auspices d'un monde meilleur ne sont pas tout à fait assurés pour Sherbrooke.

On le sait, compétitionner avec Montréal et Québec pour le recrutement est de plus en plus difficile.

Dans les dernières années, seul le Vert & Or (parmi Bishop's, Concordia, McGill) a été capable de battre soit Montréal ou Québec. Dans ce cas-ci, la victoire la plus récente remonte à la saison régulière 2015 contre les Carabins, lors d'un match disputé à Sherbrooke.

Ce calendrier a contribué, essentiellement, à resserrer la lutte entre Montréal et Québec.

Oui, j'entends déjà vos doléances :

Anyway, le Vert & Or va se faire éliminer en première ro2nde, peu importe l'adversaire.

Anyway, le Vert & Or a perdu des matchs - un en particulier contre McGill - qu'il aurait dû gagner, il n'a que lui à blâmer, du moins cette année.

Anyway, si Sherbrooke veut compétitionner avec les meilleurs, ils doivent être meilleurs. Arrêtons le nivellement par le bas.

Anyway, la parité est bel et bien présente, regarde la montée de McGill au classement, et celle de Concordia, aussi. Il reste bien Bishop's, mais ça, c'est une autre histoire.

Oui, j'entends toutes vos récriminations.

Voilà pourquoi, plus tôt cette semaine, quand je voyais le Sport interuniversitaire canadien (SIC) rebrasser son image corporative pour devenir USports, je me disais que justement, c'était peut-être le temps de rebrasser aussi ses disciplines sportives, dont la plus exposée médiatiquement, le football.

Allez, on fait un classement national à deux divisions, regroupant le plus possible les équipes de mêmes calibres, de même moyens financiers, de même taille de population estudiantine.

Tout le monde y trouverait son compte.

Parce que dites-vous bien une chose; le sport universitaire est chanceux d'avoir un diffuseur télé, d'avoir cette visibilité ici, au Québec. Ce fut autrefois Radio-Canada, avant que TVA Sports ne prenne le contrat.

Et le diffuseur, lui, il est là pour les cotes d'écoute. Et il sait qu'il n'aura pas de misère à vendre les affrontements Montréal-Québec. Voilà pourquoi il aime tant les affrontements Montréal-Sherbrooke, ou Québec-Sherbrooke. Ça se vend bien, ça complète la grille, ça touche un autre territoire d'importance francophone, Sherbrooke.

Ils ne le diront jamais publiquement, mais voilà pourquoi Bishop's n'est pas à la télé, en 2016. Il n'y a pas d'enjeu.

Devant ses impératifs financiers, incontournables, car la popularité du foot universitaire ne fait plus de doutes, il serait préférable d'être proactif, plutôt qu'en réaction.

Qui va lever la main?

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer