La tête dure des Bélanger

En 2015, Gilles Bélanger a participé à l'Ironman... (Photo fournie)

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En 2015, Gilles Bélanger a participé à l'Ironman de Lake Placid avec les côtes fracturées, car il tenait à y accompagner sa fille, Geneviève Bélanger.

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(Magog) Le sport tient une place de choix dans la vie de l'homme d'affaires Magogois Gilles Bélanger et de sa fille Geneviève. Une belle complicité s'est installée entre les deux dans la réalisation de leurs exploits sportifs. Les deux sont servis par une grande résilience.

À la blague, Gilles Bélanger parle plutôt de deux têtes dures. Peu importe les mots, Geneviève Bélanger en a impressionné plus d'un par son courage et sa ténacité il y a quelques jours au Championnat mondial Ironman de Kailua-Kona, à Hawaï. Plusieurs se demandent encore comment la Magogoise de 30 ans a pu compléter la distance de 3,8 km à la nage, 180 en vélo et surtout le marathon de 42,2 km, dernière des trois disciplines du Ironman. Souffrant d'une fracture de stress, d'un névrome de Morton et d'une fasciite plantaire au même pied, Geneviève Bélanger a été la première surprise de franchir la distance du marathon à la course à pied.

Surtout qu'avant de se rendre à Hawaï, celle-ci avait passé un été quelque peu chaotique. « Le 24 juillet, j'ai fait mon quatrième Ironman en un an. Pour la première fois, j'étais blasée, pas de sentiment de bien-être, de fierté, ni d'endorphines. Et les blessures ne me lâchaient pas. J'ai même subi une légère commotion cérébrale en tombant dans les marches. Mon pied me faisait souffrir et ne guérissait pas. Je me suis remise en question. J'étais un peu perdue dans mes idées. Un retour à l'université ? Un nouvel entraîneur ? Devenir professionnelle et ne faire que ça participer à des Ironman ? Je tournais en rond et mon entraînement ne ressemblait en rien à celui d'une fille qui allait se présenter au championnat du monde Ironman en raison de mes blessures. J'ai consulté une panoplie de spécialistes, et l'inquiétude persistait », explique l'athlète de 30 ans.

Finalement, par un pur hasard, Geneviève Bélanger a été mise en contact avec une personne ayant plusieurs diplômes en santé, mais qui a réorienté sa carrière. « Un triathlon Ironman, ça hypothèque un corps, et il m'a fait réaliser toute l'importance du stretching que la plupart des athlètes prennent plus ou moins au sérieux, des massages, de l'alimentation saine et de plein de trucs du genre comme un régime alcalin pour réduire l'inflammation. Je me suis mise au yoga et j'ai commencé à me connecter à mon corps plutôt que l'utiliser pour m'entraîner. En bout de ligne, il m'a traitée comme une athlète olympique et il a changé ma vision de la vie », raconte Geneviève Bélanger.

Sauf que le pied blessé continuait de hanter la magogoise. « J'étais à une semaine du Ironman et je ne parvenais toujours pas à courir, d'enchaîner Geneviève Bélanger. À Hawaï, le mental allait super bien, mais mon pied refusait de collaborer. J'ai acheté des souliers pour faire de la marche en me disant qu'au pire je franchirais les 42,2 km en marchant. J'ai tout essayé dans les jours précédant l'Ironman. J'ai décidé de prendre le départ en me disant que je serai conservatrice et plus prudente qu'à l'habitude.».

Un km à la fois

Après les sections natation et vélo, Geneviève Bélanger n'a pas hésité et a enfilé dans la zone de transition ses souliers de course à pied. Je suis partie un kilomètre à la fois, savourant chaque instant, chaque regard. L'adrénaline aidant, je ne sentais pas mon pied et je maintenais une moyenne de 4 min 30 s du kilomètre. La douleur est réapparue et j'ai repassé dans ma tête les paroles de mon père qui m'a toujours dit de ne jamais cesser de courir, de ne pas abdiquer. À trois kilomètres de l'arrivée, je savais que je réussirais, avec un chrono sous 11 heures (10 h 58 min) en étant blessée. J'ai eu besoin de 3 h 45 min pour compléter le marathon. Ce n'est pas du tout ce qui s'annonçait pour moi. J'étais folle de joie. J'affichais le plus beau sourire sur la terre. Mon sentiment d'accomplissement que j'avais perdu le 24 juillet venait de revenir. »

Le paternel

À des milliers de kilomètres de sa fille, Gilles Bélanger, le père de Geneviève, était persuadé que celle-ci arriverait à destination avec la satisfaction du devoir accompli. « Je n'ai jamais été inquiet pour elle malgré le fait qu'elle a été contrainte de cesser de courir pendant deux mois cet été. Geneviève a toujours été en contrôle de son espace et de son corps. Elle a des gènes de tête dure et je sais de qui ça vient », a blagué l'homme d'affaires.

Lorsqu'elle a besoin d'une inspiration, Geneviève Bélanger a seulement à regarder dans sa propre cour. Son paternel a déjà une dizaine de triathlons Ironman (longue distance) à son palmarès. En 2015, tenant à participer à l'Ironman de Lake Placid en compagnie de sa fille, Gilles Bélanger s'était tapé le marathon de 42,2 km avec les côtes fracturées. Rien que ça !

Son prochain objectif : Hawaï. « Dans deux ans, j'aurai 60 ans. J'aimerais bien me qualifier et être au départ avec Geneviève. Avec l'âge, les os qui se brisent, mes projets, les aventures sportives audacieuses deviennent plus difficiles à atteindre. Mais je trouverai bien le moyen », assure Gilles Bélanger. Qui a des doutes ?

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