Les tiques sévissent encore

Le responsable de la grande faune en Estrie,... (Photo fournie, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs)

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Le responsable de la grande faune en Estrie, Éric Jaccard, inspecte à nouveau cette année des carcasses d'originaux abattus par des chasseurs afin de suivre l'évolution des tiques, les parasites décimant le cheptel.

Photo fournie, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) La saison de chasse à l'orignal bat son plein en Estrie. Les archers et les arbalétriers tentent cette semaine de confondre les mâles durant les derniers moments de la période d'appel. À compter du 15 octobre, les chasseurs à l'arme à feu entreront en action dans la zone 4.

Le biologiste Éric Jaccard et son équipe sont également au rendez-vous, assurant de nouveau cette année une présence dans certaines stations d'enregistrement afin d'examiner les carcasses des bêtes récoltées par les chasseurs.

« Nous continuons évidemment à surveiller les effets de la tique d'hiver. Nous en sommes à la cinquième année de collecte d'information et les données seront bientôt mises en commun afin de produire un portrait provincial. Plus nous aurons de données à comparer, plus nous parviendrons à mesurer les effets du climat », explique M. Jaccard.

Dans l'attente de ce bilan quinquennal au Québec, les observations de nos voisins américains ne sont pas nécessairement de bonnes nouvelles.

Après avoir posé des colliers à 27 jeunes orignaux (veaux) l'an dernier sur leur territoire, les biologistes du New Hamsphire ont fait le constat en avril que 75 pour cent d'entre eux avaient été emportés par les tiques. La proportion de bêtes vidées de leur sang par ces parasites avait été de 60 pour cent l'année précédente.

Les ravages chez les jeunes orignaux sont semblables dans le Maine. Une légère amélioration a toutefois été notée dans cet État au cours de la dernière année, notamment chez les adultes. Alors que le tiers des individus de plus d'un an ayant été suivis par les biologistes avaient succombé en 2014 dans le Maine, la mortalité aurait chuté à 8 pour cent dans cette catégorie l'an dernier.

Les observations en territoire québécois seront partagées avec nos voisins américains, qui sont tout aussi inquiets que nous face à l'érosion de leur cheptel, dont la dispersion était un important facteur d'expansion en Estrie.

Rappelons que devant ce fléau parasitaire, les autorités québécoises ont dû mettre un frein à la règle d'alternance, qui permettait de récolter les femelles une année sur deux. Comme la situation tarde à s'améliorer, certains appréhendent une suspension de la chasse à l'orignal d'ici quelques années en Estrie.

« La mortalité causée par les tiques demeure préoccupante, mais il y a moyen d'ajuster les saisons avant d'envisager une interdiction complète de chasser », répond à ce sujet le biologiste Jaccard.

Nous sommes à mi-chemin de l'actuel plan de gestion de l'orignal au Québec, qui couvre la période 2012-2019. La concurrence que les tiques livrent aux chasseurs va continuer à peser dans la balance.

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