• La Tribune > 
  • Sports 
  • > Une Sherbrookoise participe aux «Jeux olympiques» de l'escalade 

Une Sherbrookoise participe aux «Jeux olympiques» de l'escalade

Annie Chouinard: « En escalade, lorsqu'on est dans un... (Photo fournie)

Agrandir

Annie Chouinard: « En escalade, lorsqu'on est dans un passage difficile, on doit se recentrer sur nous pour parvenir à le surmonter, pour tenir tête à la voie. »

Photo fournie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Il viendrait à l'idée de bien peu de gens de tracer des parallèles entre les sports équestres et l'escalade, c'est pourtant ce que fait spontanément Annie Chouinard lorsqu'elle aborde ses deux passions.

La Sherbrookoise est à Paris où elle participe aux Championnats du monde d'escalade aux AccorHotels Arena - « les Jeux olympiques de la discipline! » - depuis mercredi, un événement bisannuel tenu par la Fédération internationale d'escalade.

Annie Chouinard concourra à l'épreuve d'escalade de difficulté, où les participants ont six minutes pour se trouver le plus haut possible sur le mur préparé pour la compétition. Pour l'aider à se démarquer parmi les 80 grimpeuses, elle espère puiser dans les quelque 20 années où elle parcourait le globe au gré des compétitions de dressage de chevaux.

« Avec le cheval, on développe une relation particulière et c'est pareil avec la montagne. On oublie ce qui se passe autour, on ne fait qu'un avec lui et on est concentré sur le moment présent. »

Parce que même si sa forme physique ne fait aucun doute et qu'elle dit elle-même se spécialiser dans les mouvements qui requièrent de la puissance, le mental se doit d'être tout aussi fort que le corps, signale Annie Chouinard.

« On ne sait pas ce que le mur nous réserve et chaque grimpeur a ses forces et ses faiblesses, même si on essaie d'être le plus polyvalent possible. Je suis forte dans les gros mouvements dans un mur déversant, par exemple, mais j'ai de la difficulté avec les petites prises. En escalade, lorsqu'on est dans un passage difficile, on doit se recentrer sur nous pour parvenir à le surmonter, pour tenir tête à la voie », mentionne celle qui souhaite atteindre les demi-finales et se classer parmi les 26 meilleures à Paris.

Rivalisant avec des femmes de près de 20 ans ses cadettes en majorité, c'est donc sur cette expérience mentale acquise lors des compétitions internationales de dressage de chevaux que mise l'athlète de 37 ans pour réaliser ses objectifs.

« Le sport est beaucoup plus développé en Europe. Là-bas, les grimpeurs font de l'escalade depuis l'enfance. Mais avec la pression de performer devant plein de gens, il y en a qui vont peut-être figer tandis que de mon côté, j'ai déjà vécu ce type de pression. »

«Un long deuil»

Si elle revient systématiquement au dressage de chevaux lors de son entretien avec La Tribune, c'est qu'Annie Chouinard ne s'était « jamais vue faire quoi que ce soit d'autre dans la vie ». Du moins jusqu'à ce qu'une blessure de stress à l'ischion subie en 2006 vienne tout remettre en question.

« Je n'y croyais pas. J'avais 27 ans et j'avais souvent été blessée, mais là, ça faisait en sorte que je ne pouvais plus pratiquer professionnellement. Les chevaux, c'était ma passion depuis que j'avais sept ans. Ç'a été un gros revirement, un long deuil », confie-t-elle.

De retour au Québec, après avoir passé plusieurs années en Europe, Annie Chouinard s'est mise à marcher, ses pas l'attirant de plus en plus vers les montagnes.

« J'ai commencé à faire de la randonnée pédestre. Je partais seule et mes marches devenaient de plus en plus longues... »

Retour à la compétition

L'appétit de la Sherbrookoise la conduit notamment au sommet du Chimborazo, un mont de 6263m (plus de 7 fois la hauteur du mont Orford) situé en Équateur ainsi qu'au camp de base de l'Everest, puis de plus en plus hors des sentiers. En 2010, Annie Chouinard est initiée à l'escalade.

« Commencer à grimper, c'est ce qui m'a permis de tourner la page et compléter mon deuil. Je vais chercher le même feeling qu'en cheval, et je l'avais cherché vraiment longtemps, ce feeling-là. »

Ce qu'elle ne cherchait pas toutefois, c'était d'effectuer un retour à la compétition, mais son talent ne passe visiblement pas inaperçu. Pendant qu'elle terminait sa maîtrise en génie de l'environnement à Kingston, en Ontario, l'an dernier, un mécène insiste pour qu'elle participe aux Championnats provinciaux d'escalade de difficulté, desquels elle ressort championne. Après avoir tout raflé sur le circuit québécois, elle termine au troisième rang lors des Championnats canadiens. Elle a également participé à trois des six épreuves de la Coupe du monde tenue en Europe au cours des derniers mois et mercredi, elle fera partie d'un contingent de cinq hommes et cinq femmes qui représenteront le Canada aux mondiaux.

« J'aime beaucoup grimper dehors et en salle, c'est une discipline totalement différente. Mais j'aime ça, la compétition, et ça s'est enchaîné très rapidement », admet Annie Chouinard en riant.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer