Le miraculé des Gaiters

Benjamin Pouliot savourera chaque moment de cette dernière... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Benjamin Pouliot savourera chaque moment de cette dernière année de football avec les Gaiters.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) Benjamin Pouliot disputera à compter de samedi une dernière saison au football universitaire québécois. À 25 ans, il sera le plus vieux joueur de son équipe, et de toute la conférence Québec, probablement.

Il a demandé, et obtenu, une permission spéciale du SIC (Sport interuniversitaire canadien) pour ce faire. Une demande de compassion, qu'on appelle, afin de disputer la saison de foot qu'il a ratée, autrefois.

C'est qu'il y a quatre ans, Benjamin Pouliot a frôlé la mort.

« J'étais assis dans le bureau du chirurgien et le verdict était sans appel; si je ne me faisais pas opérer, j'avais six mois à vivre. Six mois! Tu ne veux pas y croire, tu mets en doute la validité du test. Pourtant, le médicament qu'on avait prescrit marchait! Je ne devais plus être malade! C'était vraiment sournois, comme diagnostic; j'ai toujours été en forme, et je n'ai eu aucun signal d'alarme! Six mois, ça fesse. »

D'aussi loin qu'il se rappelle, Benjamin Pouliot a toujours été sportif. Il aimait se donner à fond.

C'est en deuxième secondaire, dans son Québec natal, qu'il a découvert le football. Un sport d'équipe qu'il a immédiatement aimé. « Pas comme au hockey, où deux ou trois gars traînent l'équipe », dit-il.

En 2010, un examen médical de routine requis pour le football fait sourciller son médecin. Le coeur de Benjamin fait un bruit anormal.

Des tests plus poussés confirment que son aorte est très grosse, ce qui complique l'alimentation sanguine au coeur.

Terminé le sport, l'activité physique intense, afin d'éviter des pressions supplémentaires sur l'aorte.

On lui prescrit finalement un médicament qui diminue l'afflux sanguin et la dilatation de l'aorte.

Sauf que cette médication a un effet pervers : la pression sur la valve aortique augmente considérablement. Ainsi, la déchirure antérieure s'agrandissait. L'opération à coeur ouvert devenait nécessaire, mieux connue comme Opération de Ross. Benjamin a à ce moment 21 ans.

Il s'agit d'une chirurgie cardiaque où la valve aortique qui ne fonctionne pas bien est remplacée par la valve pulmonaire du patient. Et cette dernière est remplacée par une homogreffe.

Dans le cas de Benjamin, c'est la valve pulmonaire d'un donneur d'organes qu'on lui greffe.

« Sans cette opération, mon aorte aurait pu exploser à tout moment, et je serais mort d'une hémorragie interne. On m'a appris par la suite que c'était génétique, du côté de mon père. Un souffle au coeur qui se serait aggravé », dit-il.

Les chances de réussite de l'opération étaient estimées à 90 % et il y avait 5 % de chances qu'il y ait des séquelles. L'opération s'est déroulée avec succès à l'Hôpital Laval, à Québec.

Pendant trois mois, tout effort était proscrit. Petit à petit, il s'est remis sur pied. Plus lentement que rapidement.

Une longue cicatrice est encore visible sur son abdomen, stigmate de cette épreuve difficile. « Je ne parle pas trop de tout ça; si on me le demande, je donne quelques détails, mais pas plus. »

« Au total, ça m'a pris entre six à huit mois pour être correct, et dix avant de ne rien sentir en me levant le matin. Je suis chanceux. Je suis un gars positif, je n'avais pas le choix de rester fort là-dedans. C'est un peu troublant de réaliser que tu ne reverras plus tes amis et ta famille. Tu prends un pas de recul sur ta vie, tu repenses à plein de choses. »

Savourer 2016

Benjamin Pouliot est l'un des vétérans de l'équipe des Gaiters. Il doit non seulement montrer l'exemple sur le terrain, mais aussi à l'extérieur.

Et d'après les commentaires recueillis à gauche et à droite, il est l'un des boutentrains de l'équipe. Sa bonne humeur est contagieuse.

« Cette saison 2016 est une chance qui ne reviendra plus. C'est une année en extra, je n'ai pas le choix de tout donner. Comme l'habitude, mes parents seront là pour regarder mes matchs, m'encourager et s'inquiéter! »

« Je réalise à quel point je suis choyé d'être aussi bien entouré. Je n'ai jamais été seul, dans tout ça. »

Après la saison de football, Benjamin Pouliot terminera ses études en administration, lui qui a déjà en poche deux certificats. Ses plans sont déjà bien arrêtés pour l'avenir qui, oui, s'oriente vers la santé, à titre de consultant en médecine sportive.

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