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Prête-noms démasqués avec une surveillance tenace

La substitution de noms lors de l'enregistrement d'un... (Courtoisie SÉPAQ, Steve Deschênes)

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La substitution de noms lors de l'enregistrement d'un orignal est une infraction qui a rattrapé des chasseurs de l'Estrie. L'un d'eux aura été sous enquête durant presque dix ans.

Courtoisie SÉPAQ, Steve Deschênes

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / Retour sur les condamnations annoncées plus tôt cette semaine et qui visaient des chasseurs de l'Estrie. La tricherie qui est tentante lors de l'enregistrement d'un orignal peut laisser des traces ne s'effaçant pas après quelques pluies...

Stéphane Poulin, d'East-Angus, qui a été trouvé coupable d'une série d'infractions, ne s'en doutait peut-être pas, mais il a fait l'objet d'une attention particulière durant presque dix ans.

Les premiers soupçons à son sujet ont été communiqués aux agents de protection de la faune de l'Estrie en 2004. Ils portaient sur des manigances pour prolonger une saison de chasse qui aurait dû prendre fin après la récolte d'un orignal.

Le stratège des prête-noms n'est pas propre au financement des partis politiques. Il est malheureusement connu et répandu chez les chasseurs d'orignaux.

Une première infraction est commise dès qu'un chasseur omet d'apposer son coupon de transport sur l'animal qu'il vient d'abattre. C'est une obligation légale qui, du coup, annule son permis.

Le cas s'alourdit s'il y a fausse déclaration au moment où un autre chasseur se fait complice du premier en acceptant de signer la fiche d'enregistrement à sa place. Il arrive également qu'une personne soit prise en défaut pour avoir accepté que son permis soit associé à la récolte d'une bête par un groupe auquel elle n'a jamais appartenu.

« À la suite de signalements, les gens pensent que nous allons tout de suite confronter les individus. Ce serait leur mettre la puce à l'oreille sans nécessairement avoir de preuves contre eux. Après l'analyse des fiches d'enregistrement, sans se concentrer sur un seul individu, les agents accumulent des informations sur le terrain dans les dossiers de personnes ciblées jusqu'à ce que le croisement d'informations nous permette de déposer des accusations. Ce processus a effectivement duré presque dix ans dans le dossier de Stéphane Poulin », explique le sergent François Laprise, du bureau régional de la protection de la faune.

Si cet accusé a admis certains faits, c'est un juge qui l'a déclaré coupable d'avoir chassé sans permis, du fait qu'un tiers avait enregistré son orignal en son nom. M. Poulin a écopé d'une amende de 1250 $ et son complice a également fait l'objet de poursuites. Les deux dossiers judiciaires ayant évolué en parallèle, le sort de ce dernier n'a pas été communiqué cette semaine.

L'autre chasseur dont la sanction a été confirmée lundi dernier par les autorités provinciales est Patrick Rodrigue, d'Orford, qui a trempé dans un stratagème semblable. Le magistrat qui a entendu la cause a jugé les preuves suffisantes pour lui infliger des amendes s'élevant à 1725 $.

Les deux condamnés ont toutefois bénéficié d'une certaine clémence du tribunal en n'écopant pas d'une suspension complète de leur droit de chasse. Ils ne pourront toutefois chasser l'orignal cette saison.

« Nous avions déjà d'autres dossiers en enquête et la médiatisation de ces infractions a amené d'autres signalements cette semaine. Nous poursuivrons notre travail de vérification », précise le sergent Laprise.

La vigilance des agents de protection de la faune ne se mesure donc pas nécessairement au nombre de fois que vous les croisez dans votre coin!

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