Mission accomplie pour Josée Bélanger

L'équipe féminine de soccer du Canada, dont fait... (Photo fournie)

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L'équipe féminine de soccer du Canada, dont fait partie la Coaticookoise Josée Bélanger, a remporté la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Rio après une victoire contre l'équipe hôtesse brésilienne.

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(Sherbrooke) Trente-cinq heures. C'est le temps de voyage qui séparait la Coaticookoise Josée Bélanger d'un retour au Québec, lundi, lorsque La Tribune a finalement pu lui parler. La voix semble un peu fatiguée, mais le sentiment du devoir accompli, et l'éternel sourire de la jeune femme sont perceptibles, même à l'autre bout du fil. Car dans son bagage, Bélanger rapporte une belle médaille de bronze à la maison.

Josée Bélanger, âgée de 30 ans, est la seule médaillée olympique de la région à l'issue de ces Jeux qui se sont déroulés au Brésil. Une médaille de bronze remportée par une victoire de 2-1 face à l'équipe hôtesse brésilienne, vendredi dernier.

Les cérémonies de réjouissance ont été longues, les nuits très courtes depuis la médaille. Après les cérémonies de clôture de dimanche soir, c'était le casse-tête de retour pour la très vaste majorité des athlètes encore présents au Brésil.

La médaille, elle, est demeurée dans son boîtier, bien à l'abri. Elle a une grande valeur sentimentale, cette médaille.

« Le plus drôle à propos de cette médaille, tu ne devineras pas, c'est qu'elle est très lourde! J'ai vraiment fait le saut lorsqu'on me l'a passée autour du cou. On blaguait les filles ensemble après la cérémonie des médailles en se disant que ça allait nous prendre des traitements de physio au cou dans pas longtemps! », a-t-elle rigolé.

Une médaille qui représente beaucoup, pour elle. Qui représente la longue route qui l'a menée à Rio, les années d'efforts, l'encouragement des proches, les sacrifices, aussi.

« Quand le match s'est terminé, on était épuisées, c'était comme si on venait de gagner un match comme les autres. Mais quand je me suis mise à courir un peu partout sur le terrain, à serrer les filles dans mes bras, j'ai commencé à pleurer, à pleurer de joie, en pensant à tous ces gens qui m'ont supportée pendant tout ce long périple », s'est-elle rappelé.

« Guy Smith m'a envoyé un petit mot, pour me rappeler ces matins où l'on commençait à 7 h, à l'époque du sport-études au Triolet, dans le gym. Dans le temps, c'était ça, on pratiquait dans un gymnase, tu imagines? Tout ça semble bien loin. Ça me rappelle les efforts, la longue route, tout. »

« Je suis très reconnaissante envers mes parents, qui m'ont soutenue aveuglément, inconditionnellement, sans savoir que ça me mènerait aussi loin. Du Brésil, je voyais qu'ils regardaient les matchs en direct, à la télévision, à Coaticook. Je lisais les articles, c'était émouvant. »

Le Canada a terminé son tournoi avec cinq victoires, une seule défaite, et a sur son chemin vers le bronze sorti quatre équipes du top 10 mondial. Pas mal.

C'est aussi la première fois depuis le début des années 1900 qu'une équipe canadienne parvient à récolter le même résultat à deux Olympiades consécutives. On se rappelle que les Canadiennes avaient aussi remporté le bronze à Londres en 2012.

Aux prises avec des blessures récurrentes, notamment aux chevilles, Bélanger ne peut s'entraîner en 2011 et n'est même pas invitée aux présélections pour la formation de l'équipe qui ira à Londres.

Mais le changement s'était déjà opéré au sein de l'équipe canadienne. L'Anglais John Herdman a remplacé l'Italienne Caroline Morace. Tout change, pour le programme, et pour Bélanger.

« Mes expériences humaines avec l'équipe nationale n'ont pas toutes été agréables avant l'arrivée de John. Quand il m'a appelée pour me demander de revenir, il avait déjà commencé à changer les choses. C'est une personne avec de bonnes valeurs humaines. Il a donné un encadrement pro à ce programme. Notre niveau de jeu a augmenté, on pouvait affronter n'importe qui. On voit les résultats. »

La défaite contre l'Allemagne en demi-finale a fait mal. Surtout pour les filles qui étaient à Londres et qui auraient bien aimé avoir une autre couleur de médaille.

« Ce fut difficile à digérer, mais pour un temps seulement. On s'est rapidement regroupées. On avait encore une médaille à gagner, on s'est mises à la tâche pour aller chercher ce qui nous revenait. Ça a tout remis en perspective. »

Avec les résultats qu'on connaît.

Et l'avenir?

Si Josée Bélanger a adoré son expérience olympique, son hésitation est bien sentie lorsqu'on lui demande si elle a le désir de s'embarquer pour un autre quatre ans.

« Je suis à négocier le nombre de jours de congé que je pourrai avoir à la maison. Ensuite, je retourne compléter la saison à Orlando, la W-league. Il va rester environ un mois. Sinon, je compte passer un automne assez tranquille, me changer les idées. »

« Ça va faire du bien, on a tellement mis d'énergie, physique et mentale, dans la préparation et le tournoi olympique. Je veux relaxer. »

« Pour 2020, c'est trop tôt encore. Je vais y réfléchir. J'ai 30 ans, je veux avoir des enfants. »

Le parcours de Josée Bélanger vers Rio et l'or n'a jamais été une ligne droite et stable. Mais force est d'admettre ses tous ses changements de direction l'ont menée à bon port.

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