À cinq jours du rêve

Partant pour Rio de Janeiro mercredi, Pascal Plamondon... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Partant pour Rio de Janeiro mercredi, Pascal Plamondon multiplie les charges à l'épaulée-jeté et à l'arraché pour être en mesure d'offrir la meilleure performance de sa carrière le 12 août prochain, lors de la compétition d'haltérophilie chez les moins de 85 kg.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) Après plusieurs années d'entraînement, de doutes et de sacrifices, c'est un tout autre sentiment qui anime l'haltérophile Pascal Plamondon à cinq jours de son départ pour les Jeux olympiques de Rio de Janeiro, au Brésil.

« C'est un gros moment de bonheur et de l'excitation au bout! Je ne peux pas vraiment l'expliquer autrement. C'est gros du travail et je suis vraiment content. »

« Le stress commence à me gagner un peu, mais j'essaie de le contrôler le plus possible, mentionne-t-il entre deux routines d'entraînement à l'Usine CrossFit de Sherbrooke. On ne réalise pas toujours l'ampleur que ça a, les Jeux, mais des athlètes à qui j'ai parlé m'ont dit que j'allais m'en rendre compte lors de la cérémonie d'ouverture et j'ai hâte. »

Son entraîneur Gilles Poirier n'est pas moins excité, lui qui en sera également à une première expérience aux JO.

« C'est ma première fois et probablement ma dernière. C'est tellement difficile de monter un athlète là, et particulièrement au Canada où il n'y a qu'un athlète qui peut se qualifier. Ça va être toute une expérience! » mentionne M. Poirier, qui estime que son poulain peut se classer parmi les 15 premiers à Rio.

L'athlète d'Ascot Corner et son entraîneur s'envoleront pour Rio de Janeiro mercredi et ne reviendront que le 23 août prochain. Les épreuves d'haltérophilie chez les moins de 85 kg ainsi que la remise des médailles devraient précisément avoir lieu le 12 août. Entretemps, Plamondon multiplie les charges à l'épaulée-jeté et à l'arraché pour être en mesure d'offrir la meilleure performance de sa carrière le moment venu, la seule chose qu'il peut réellement contrôler.

« On ne peut pas déterminer la forme des athlètes. On peut prévoir y aller avec telle charge, mais être confronté à un athlète qui est dans la meilleure journée de sa vie. C'est vraiment la journée même que ça se passe. Ce sont trois heures intensives et c'est là que ça va se décider », souligne l'haltérophile de 23 ans.

« C'est beaucoup, beaucoup d'entraînement. C'est une des plus grosses préparations que j'ai faites dans ma carrière. On est rendu à 10 ou 11 entraînements par semaine et beaucoup de traitement de massothérapie et de physiothérapie pour garder le rythme. Sur place, ce sera trois à cinq entraînements pour garder le système nerveux actif et être prêt. »

Plamondon dit cependant faire peu de cas de l'état des installations ou du village des athlètes, qui a notamment été dénoncé par la délégation australienne, ou même du virus Zika, qui a incité plusieurs athlètes à déclarer forfait.

« C'est toujours mieux d'entrevoir le pire et de ne pas se faire trop d'attentes et si c'est mieux, tant mieux. Selon moi, ç'a été amplifié et ce ne sera pas si pire et désastreux que ce que l'on entend. Pour le virus zika, c'est l'hiver au Brésil en ce moment et notre compétition se déroule à l'intérieur. C'est sûr qu'on prend des précautions quand même. Je me suis acheté des bracelets pour éloigner les moustiques, par exemple, mais je ne crois pas que le risque de contamination par le zika sera tant élevé. »

« Ça montre qu'ils sont sérieux »

Pascal Plamondon et son entraîneur Gilles Poirier se sont dits contents du sort réservé aux haltérophiles russes, eux qui ont tous été suspendus par la Fédération internationale d'haltérophilie (IWF) vendredi.

L'IWF a indiqué à l'Associated Press que les nombreux cas de dopage impliquant des haltérophiles russes ont « entaché sérieusement » la crédibilité de la discipline. Les huit laissez-passer octroyés aux Russes ont donc été distribués aux autres pays (lire texte en page 47).

« C'est toujours l'idéal d'avoir un sport propre et on commence à voir des résultats », mentionne d'emblée l'haltérophile Pascal Plamondon.

Ce dernier tient toutefois à apporter un bémol.

« Il y en a quand même qui seront déclarés positifs, parce qu'il y en aura toujours qui voudront être sur le podium le moment venu et qui vont se foutre de se faire tester dans quatre ans. Si on voit une grosse diminution des performances aux Jeux olympiques, on va savoir pourquoi, mais si les performances demeurent les mêmes, ça va signifier qu'il reste beaucoup de travail à faire en ce qui concerne la lutte contre le dopage. »

Son entraîneur Gilles Poirier estime quant à lui que la Fédération envoie le bon message.

« Ça montre qu'ils sont sérieux dans leur volonté d'enrayer le dopage. Il y avait déjà un homme et une femme d'exclus, mais là, ça envoie un message clair aux autres pays. Ce n'est pas bon pour l'image du sport, mais le signal envoyé est le bon », résume-t-il.

S'il est évident que chaque athlète souhaite se battre à armes égales avec ses adversaires, Pascal Plamondon croit qu'il est préférable pour eux de ne pas consacrer d'énergie à dépister le dopage hypothétique chez les concurrents et de laisser l'Agence mondiale antidopage et les fédérations faire leur travail.

« Faut pas que tu cherches les bibittes chez les autres concurrents. Tant qu'il n'y a pas un contrôle positif chez un athlète, il a le bénéfice du doute. Il faut se concentrer sur soi-même, sur ses propres objectifs et faire de son mieux pour les accomplir. »

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