Profiter de la vie malgré une paralysie

Michel Champigny (à droite) était bien fier d'accueillir... (Spectre Média, André Vuillemin)

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Michel Champigny (à droite) était bien fier d'accueillir l'ancien joueur des Bruins de Boston Normand Léveillé et sa conjointe Denise Blanchette Léveillé à l'occasion du Tournoi de golf du Pub Central, au profit de la Fondation Christian Vachon, qui parraine la Journée Natalie-Champigny.

Spectre Média, André Vuillemin

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(Sherbrooke) On l'a déclaré mort à deux reprises, ce qui ne l'empêche pas aujourd'hui d'être un bon vivant. L'ancien joueur des Bruins de Boston Normand Léveillé profitait encore de la vie vendredi en participant à un tournoi de golf caritatif à East Angus, et ce, même s'il ne joue que d'une main, lui qui est paralysé du côté droit depuis un accident survenu sur la patinoire.

Après avoir connu une saison de 101 points avec les Saguenéens de Chicoutimi, Normand Léveillé a été repêché en première ronde, 14e au total, par les Bruins.

À 18 ans, il a marqué 14 buts en plus d'amasser 19 passes en 66 matchs dans la LNH en 1981.

« La saison suivante, il était l'un des meilleurs pointeurs du circuit grâce à ses neuf points en neuf parties, mais sa carrière a pris un autre tournant, se souvient sa conjointe, Denise Blanchette Léveillé. La veille de son accident, il a joué contre Edmonton. Il avait voulu plaquer Wayne Gretzky et peu après, le dur à cuire Dave Semenko l'a plaqué à son tour. Normand avait mal à la tête, mais il a rejoué le lendemain à Vancouver malgré tout. Normand aimait tellement le hockey qu'il a décidé de jouer quand même. Mais durant ce match, il s'est fait plaquer par Marc Crawford alors qu'il se préparait à compter un but. »

Sa tête a frappé la bande. Normand Léveillé croyait que deux capsules d'Aspirin allaient suffire.

« Il est soudainement tombé du côté droit dans le vestiaire, raconte Denise Blanchette Léveillé. On a compris qu'il était paralysé et peu après, il tombait dans le coma. Il a été déclaré mort à deux reprises et a subi cinq opérations au cerveau. Il a dû réapprendre à marcher et à parler de nouveau. Après 15 ans, il était tanné de regarder la télévision et voulait faire quelque chose de sa vie. C'est là qu'il s'est mis à chercher un endroit pour établir à Drummondville le Centre Normand-Léveillé, qui donne aujourd'hui du répit aux parents qui vivent des situations difficiles avec des enfants handicapés. »

Du golf à une main

Encore aujourd'hui, Normand Léveillé se déplace difficilement, vit avec son handicap et parle très peu, même s'il semble avoir beaucoup à dire.

Invité par son ancien coéquipier Michel Champigny, il participait vendredi au Tournoi de golf du Pub Central, au profit de la Journée Natalie-Champigny, parrainé par la Fondation Christian-Vachon.

« Je joue à une main. Mes coups de départ atteignent les 160 verges parfois. J'ai juste une vie à vivre, alors j'en profite! J'ai toujours joué au golf, mais beaucoup plus depuis 20 ans. Je joue maintenant pour m'amuser. Avant je jouais pour gagner », confie-t-il.

« Il a presque fait un trou d'un coup l'autre jour à Boston! » ajoute sa conjointe.

« Ça faisait 36 ans qu'on ne s'était pas vus, explique pour sa part Michel Champigny. On avait joué ensemble à Chicoutimi et grâce à Facebook, on s'est retrouvés. Il tenait à participer au tournoi, parce qu'il adore donner au suivant. »

Voilà entre autres pourquoi il a voulu créer il y a près de 20 ans un lieu adapté aux besoins des personnes vivant avec des incapacités. Aujourd'hui, le Centre Normand-Léveillé est une importante ressource de répit pour les familles vivant avec une personne handicapée.

Donner un sens à son accident

Après avoir écrit un livre intitulé Un arrêt en plein vol, qui parle de lui et de son combat pour sa vie, de son ascension vers la Ligue nationale, de son terrible accident et de sa réadaptation, Normand Léveillé compte ouvrir prochainement la Maison Normand-Léveillé, qui servira d'hébergement pour les gens handicapés semi-autonomes.

« C'était important de donner un sens à cet accident, résume Denise Blanchette Léveillé. Il ne sortait jamais de la maison le 23 octobre, la date de son accident. Maintenant, il voit tout ça autrement. Il a eu beaucoup de peine pendant longtemps. Je le voyais sortir ses talons de paie des Bruins à chaque début de saison et ses autres souvenirs, mais on a tout vendu. Il est passé à autre chose et profite de la vie malgré son handicap. »

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