Des Jeux mémorables, pour plusieurs raisons

Pierre Bélanger se rappellera toujours des sentiments qui... (Spectre média, René Marquis)

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Pierre Bélanger se rappellera toujours des sentiments qui l'ont envahi, le 17 juillet 1976, lorsqu'il a fait son entrée au Stade olympique de Montréal, en compagnie de l'équipe masculine de volleyball, pour le début des Jeux olympiques.

Spectre média, René Marquis

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(Sherbrooke) Chaque fois qu'on célèbre un anniversaire entourant la tenue des Jeux olympiques à Montréal, en 1976, les mêmes souvenirs reviennent à l'esprit de Pierre Bélanger. La cérémonie d'ouverture, grandiose, les quatre matchs de volleyball disputés - et perdus - contre des puissances mondiales, les yeux du monde tournés vers Montréal.

Des souvenirs toujours aussi vivants, 40 ans plus tard.

Des souvenirs qui, pourtant, ont bien failli ne pas exister.

C'est principalement sous la gouverne de Denis Custeau, à la fin des années 1960, que Pierre Bélanger se tourne vers le volleyball. C'est en 1969, se rappelle-t-il précisément, au Cégep de Sherbrooke, que se rêve olympique prend forme.

Un an plus tard, le CIO (Comité international olympique) choisit Montréal comme ville hôtesse pour les Olympiades de 1976.

« J'y pensais déjà, j'avais cette obsession d'aller aux Olympiques, c'était clair. Et avec le concours de Denis, qui était un véritable père pour nous et qui nous a donné le feu, je me suis donné l'objectif de faire partie de l'équipe nationale », a dit le grand Sherbrookois.

Dès 1971, il participe à un camp d'entraînement de l'équipe nationale, à Laval. Il évoluait alors pour l'Université de Sherbrooke.

« Au Cégep, on gagnait vraiment tout. On a d'ailleurs été la première et la seule équipe de l'extérieur de Montréal à participer aux Jeux du Canada à Saskatoon. Comme on le sait, les Jeux du Canada sont un très bon tremplin pour les Olympiques. »

Nommé recrue de l'année à sa saison 1972-73 avec le Vert & Or, Pierre Bélanger voit son rêve se concrétiser en 1973, alors qu'il est nommé sur l'équipe nationale senior. Il est tout près. Plus que trois ans d'attente, de préparation, d'expectatives.

L'équipe nationale canadienne est alors dirigée par un Américain, Bill Neville. Un entraîneur davantage reconnu pour ses qualités de motivateur. Un nom encore avantageusement connu aujourd'hui. Il a d'ailleurs gagné l'or avec l'équipe américaine de volleyball en 1984, à Los Angeles.

Mais voilà, ses méthodes ne plaisent pas à tous. En tout cas, elles ne plaisent pas aux cinq Québécois présents sur l'équipe nationale. Dont Pierre Bélanger.

Coup de tonnerre, au début de l'année 1975. En tournée de préparation, en Californie, les cinq Québécois se pointent un après l'autre dans la chambre d'hôtel de Neville. Ils démissionnent tous. Boum. Explosion cataclysmique.

Michel Roy, Claude Hallé, Pierre Marcous et Jean Letendre, en compagnie de Pierre Bélanger, quittent.

« On contestait le leadership de l'entraîneur. On est partis, on a quitté l'équipe. Je ne me rappelle pas si les Anglos de l'équipe nous appuyaient ou non. J'ai agi par solidarité. Comme les gars de l'Ouest, ou de l'Ontario, on se tenait ensemble, les gars du Québec. »

« C'était un bon motivateur, et on était sûrement l'équipe la plus en forme du monde; mais côté volley, on stagnait. On voulait du changement. »

Pourtant, Bélanger s'entendait bien avec Neville; il avait son rôle de partant sur l'équipe et ce, même s'il était le plus jeune.

À 23 ans, Bélanger rentre à la maison, et annonce la nouvelle à ses parents. À l'automne 1975, il postule, et obtient, un poste d'animateur à la vie étudiante au Cégep de Sherbrooke avec Jean Perrault comme patron.

« Avec le recul, je constate que ce n'était peut-être pas la bonne manière de faire, surtout à un an des Jeux, qui se dérouleraient à Montréal, les premiers jeux d'été au Canada. Je crois que les gars ont regretté. On s'est vu quelques fois, par la suite, mais on n'a jamais reparlé de tout ça. »

Les regrets ont été moins amers pour Bélanger. À la fin du même automne, il reçoit un coup de fil de l'équipe canadienne; on lui propose de revenir. Il dit oui.

Sa rentrée avec l'équipe, à Winnipeg en janvier 1976, est froide comme l'air du Manitoba en plein hiver.

« Ce fut correct, sans plus. Ça ne s'est pas fait dans l'enthousiasme, disons! Je n'avais pu ma place de partant. Je n'ai pas joué beaucoup, aux Jeux. Il y a eu des conséquences. »

Malgré tout, Pierre Bélanger se souvient de tout. De cette chance qu'il a eue, finalement.

« Les cérémonies d'ouverture du 17 juillet furent grandioses. Je me souviens que la délégation canadienne entrait dans le stade en dernier. Il y avait une petite descente avant d'arriver à l'intérieur du stade. Et là, il y a 73 000 personnes qui se lèvent, et qui t'acclament. C'est spécial, c'est marquant, c'est fantastique. »

Sur le court, le Canada a disputé quatre matchs. Quatre défaites. Contre la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Corée du Sud et Cuba. Aucun set gagné. Position finale, 9e sur 10, ou plutôt 9e sur 9, puisque l'Égypte a boycotté les Jeux, comme tous les autres pays africains.

« C'est là que s'est terminée ma carrière internationale. J'ai joué un peu, dans le tournoi. C'était quand même bien d'affronter des puissances comme la Pologne, qui a gagné l'or, ou les Cubains, qui étaient une puissance montante et qui a gagné le bronze. »

Pierre Bélanger a toujours avec lui le survêtement qu'il portait, lorsqu'il a pénétré dans le stade, ce fameux 17 juillet 1976. Chanceux de vivre ce moment, chanceux de le savourer.

« Il faut assumer ses choix, et les conséquences, dans la vie. Je me considère par contre chanceux, j'ai pu retourner avec l'équipe. »

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