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Une petite contribution aux JO, mais un immense bonheur

L'ex-journaliste de La Tribune Pierre Turgeon garde un... (Spectre média, Frédéric Côté)

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L'ex-journaliste de La Tribune Pierre Turgeon garde un souvenir impérissable des trois années passées à la direction générale des communication des Jeux olympiques de Montréal.

Spectre média, Frédéric Côté

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Pierre turegon
La Tribune

40 ans, vous dites! Je ne peux même pas y croire...

Mais ça doit être vrai puisque j'ai passé 37 ans à La Tribune après mon expérience au Comité organisateur des Jeux olympiques Montréal 1976 (Cojo) et qu'il y a déjà un peu plus de deux ans que je suis à la retraite... 

Du mois de juin 1974, soit deux années complètes avant les Jeux de Montréal, jusqu'en mars 1977, huit mois après la cérémonie de clôture des Jeux, j'ai eu l'immense bonheur d'apporter une petite contribution à la réalisation de ce grand moment de l'histoire sportive du Québec et du Canada. Pendant tout ce temps, j'oeuvrais à la direction générale des communications, à la préparation des communiqués de presse et du bulletin hebdomadaire d'information interne du Cojo. Pendant les Jeux, j'ai été affecté au centre de presse principal et, après les Jeux, j'ai travaillé à la rédaction du rapport officiel des Jeux de la XXIe olympiade, Montréal 1976.

Bien sûr, il y avait toute la frénésie de côtoyer quotidiennement des gens de renom qui allaient réaliser les Jeux de Montréal, mais j'étais aussi confronté à de petits défis, comme celui de savoir que mon nouvel emploi prendrait fin quelques mois après les Jeux. C'était un peu bizarre d'avoir toujours en tête qu'il me faudrait chercher et trouver un emploi dans quelques mois. C'est peut-être pour cela que j'ai passé 37 ans avec le même employeur après les Jeux!

On a collaboré à un projet grandiose qui a assurément aidé les athlètes québécois et canadiens à atteindre le niveau d'excellence qu'ils connaissent aujourd'hui. À cette époque, les sports autres que le hockey progressaient à pas de tortue au sein de nos institutions. Les Jeux de Montréal devaient contribuer à nous ouvrir les yeux et nous faire comprendre l'importance de la pratique sportive dans nos vies. Au cours des 40 dernières années, le développement du sport aurait probablement progressé sans la tenue des Jeux de Montréal, mais certainement pas à la même vitesse.

Parallèlement à la l'importance du projet, on sentait également toute l'opposition que soulevaient les Jeux de Montréal, les coûts et les conflits de travail qu'ils ont engendrés, les retards dans la construction des installations olympiques, l'inquiétude à savoir si Montréal serait prête à temps pour recevoir les athlètes du monde entier... Je me souviens qu'on se disait avoir la chance que 1976 soit une année bissextile, ce qui nous donnait une journée de plus pour terminer la tâche!

On était continuellement tiraillé, d'un côté les pour, de l'autre les contre... Mais tout le monde vit cela à divers niveaux, peu importe le domaine.

Le 2 août 1976, arrive l'apothéose. Après la cérémonie de clôture, on a pu se dire mission accomplie. Les quelques centaines d'employés réguliers, mais aussi les 22 000 travailleurs engagés pour les quelques semaines des Jeux pouvaient affirmer avoir contribué un petit quelque chose dans la réalisation de ce projet colossal.

Pour moi, tout avait commencé une dizaine d'années auparavant quand, adolescent, je m'étais mis dans la tête que je deviendrais un « journaliste sportif » et que j'irais aux Jeux olympiques. Bizarrement, j'y suis allé, mais pas comme journaliste. J'avais plutôt le rôle de participer à rendre l'information « officielle » accessible et d'aider les gens de la presse mondiale affectés à la couverture des Jeux. C'est certainement là que j'ai réalisé que certains journalistes pouvaient être exigeants, même désagréables à certains moments.

Pendant les deux semaines des Jeux, je n'ai pu voir en direct tous les exploits réalisés par les athlètes, comme je n'avais pu être au Stade olympique pour la cérémonie d'ouverture, mais au centre de presse principal, on avait quand même droit de jeter un oeil sur les nombreux écrans de télévision qui, en fait, nous donnaient toutes les images projetées dans le monde. Aujourd'hui, je rêve encore de pouvoir m'asseoir devant mon téléviseur et de n'avoir qu'à apprécier le spectacle. Ça pourrait bien être le cas cette année.

Même 40 ans plus tard, mes plus beaux souvenirs tiennent probablement dans l'immense rapport officiel des Jeux de Montréal 1976 auquel j'ai collaboré avec plusieurs autres rédacteurs. Mon nom y apparaît à titre de rédacteur, mais aussi dans la longue liste des employés réguliers et le hasard a voulu qu'une photo prise lors d'une visite d'un entrepôt et dans laquelle j'apparais soit publiée dans le rapport officiel.

La présence de la Ville de Sherbrooke qui tient aussi un bel espace dans ce rapport officiel pour son apport aux Jeux, ajoute à ma fierté d'avoir contribué à l'aventure olympique de 1976.

Pendant longtemps, j'ai espéré en vain que Montréal possède un endroit où on pourrait se rappeler qu'elle a été ville olympique, comme j'en ai vu à Calgary (Jeux d'hiver en 1988) ou encore Atlanta (Jeux d'été 1996), un endroit où on pourrait sentir toute sa fierté d'avoir tenu et présenté les Jeux d'été de 1976 tout en rendant hommage aux grands athlètes qui y ont participé. Peut-être y arrivera-t-on si la Maison olympique de Montréal finit par ouvrir ses portes au public.

À Sherbrooke aussi, il serait intéressant d'avoir quelque chose pour rappeler qu'on y a présenté en 1976 des compétitions olympiques en football (soccer) et en handball. Peut-être que cela viendra...

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