La sécurité inquiète... mais pas trop

Mère d'un garçon de deux ans, Hilary Stellingwerff... (Archives La Presse)

Agrandir

Mère d'un garçon de deux ans, Hilary Stellingwerff participera au 1500 m des Jeux de Rio, ses deuxièmes. Pour se protéger contre le virus Zika, elle ne s'envolera pour Rio que quatre jours avant ses courses  et retournera à la maison dès le lendemain.

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Lori Ewing
La Presse Canadienne
EDMONTON

Doug Bishop a lu les articles au sujet des manifestations policières de Rio de Janeiro d'un oeil attentif.

Furieux en raison des retards dans le versement de leur salaire, des officiers se sont rassemblés à l'aéroport principal de Rio, brandissant des bannières sur lesquelles on pouvait lire : « Bienvenue en enfer. Les policiers et les pompiers ne sont pas payés, alors ceux qui viennent à Rio de Janeiro ne sont pas en sécurité. »

Il s'agissait de la plus récente mauvaise nouvelle à tomber sur Rio. Qu'on parle d'images horribles de ses eaux polluées, des avertissements au sujet du virus du Zika, ou encore des crimes violents commis dans la ville brésilienne, il a été difficile pour les familles des athlètes canadiens d'ignorer toute cette négativité.

Mais Bishop et sa conjointe, Alison, ne voudraient pas se trouver ailleurs que dans le Stade olympique Joao-Havelange quand leur fille Melissa courra pour une médaille au 800 m. Ils sont relativement optimistes qu'ils y seront en sécurité.

« À ce point-ci, vous ne voulez plus y penser parce que tout ce que vous voulez faire, c'est d'encourager votre fille, a déclaré Doug Bishop. Vous devez vous dire : ''Elle y va, pourquoi je ne pourrais pas?''.»

Hilary Stellingwerff participera quant à elle au 1500 m des Jeux de Rio, ses deuxièmes. Mais elle n'y restera pas plus longtemps qu'il ne le faut. Elle et son conjoint, Trent - un scientifique qui travaillera avec l'équipe canadienne au Brésil - ont un garçon de deux ans, Theo, qui demeurera à Victoria, avec ses grands-parents.

Comme ils prévoient avoir d'autres enfants, Hilary ne s'envolera pour Rio que quatre jours avant ses courses - trois, si elle atteint la finale - et retournera à la maison dès le lendemain.

« J'ai beaucoup discuté avec notre médecin, Paddy McCluskey, qui au cours des six derniers mois est devenu un véritable expert du Zika et de la dengue, a dit Trent. Alors nous savons tout du Zika. Mais le principal problème est que vous pouvez être porteur du virus tout en étant asymptomatique. »

Criminalité

Puis il y a la criminalité, « le plus sérieux problème de Rio », selon son maire, Eduardo Paes, qui a fait cette déclaration sur les ondes de CNN la semaine dernière. « Et l'État ne fait rien, a-t-il ajouté. Elle échoue dans son mandat de protéger la population. »

Au cours des dernières semaines, une navigatrice paralympique australienne s'est fait voler son vélo par des hommes armés; un trafiquant de drogues allégué a été « secouru » par un commando de sympathisants, et une chaîne de télévision allemande s'est fait voler son camion de retransmission et pour plus de 400 000 $ US d'équipement par des voleurs armés.

Les manifestations policières ont eu lieu alors que le Brésil, qui est touché par l'une des pires récessions de son histoire, a sabré les budgets. Le ministre des Sports a toutefois indiqué mardi que 24 millions $ seront ajoutés au budget de sécurité. L'armée patrouillera les sites de compétitions à compter du 24 juillet et quelque 85 000 agents de police et soldats seront déployés pendant les Jeux.

Malgré tout, certains athlètes, comme le nageur américain Michael Phelps, ont contracté des firmes privées pour assurer la sécurité de leurs proches. D'autres se sont informés de la possibilité de louer des véhicules blindés, des mesures jugées extrêmes par les membres des familles d'athlètes canadiens.

« Peut-être que nous sommes naïfs », a déclaré Lynn Lalonde, la mère de Geneviève, qui prendra part au 3000 m steeple.

Réunis à Edmonton pour la présentation de l'équipe canadienne d'athlétisme, lundi, les parents et amis des athlètes n'ont pas semblé inquiets outre mesure au sujet de la sécurité.

« Il faut seulement être prudents dans nos déplacements, être aux aguets », a noté la mère du sprinter Andre De Grasse, Beverley.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer