La plus grosse victoire de Sébastien Jacques

Sébastien Jacques dévore à nouveau la vie. C'est... (Photo fournie)

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Sébastien Jacques dévore à nouveau la vie. C'est en Australie que le Magogois de 27 ans s'est installé pour y enseigner le tennis, la discipline qui l'avait fait connaître à l'adolescence.

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(Magog) La vie n'a jamais été aussi resplendissante pour le Magogois Sébastien Jacques. Installé en Australie depuis le début de l'année 2016, Sébastien Jacques a renoué avec le sport qui l'a fait connaître alors qu'il était adolescent. Jacques enseigne le tennis dans un quartier de Manly à Sydney.

Le 12 février 2015 à Santa Monica, Sébastien Jacques subissait une délicate intervention chirurgicale pour retirer un kyste d'une dimension de deux centimètres qui occupait le centre de son cerveau. L'ancien espoir canadien de tennis venait de passer quatre ans à surmonter des problèmes majeurs de santé qui l'avaient confiné à l'inactivité totale.

Aujourd'hui, Sébastien Jacques est un jeune homme transformé, gonflé à bloc. « Avant d'être opéré, c'était un exploit de rester debout une petite heure. Je peux maintenant passer plus de sept heures sur le court à enseigner le tennis et me diriger ensuite vers le gymnase pour mon entraînement. Je ne suis pas au même niveau de forme qu'à mes bonnes années de tennis alors que je m'entraînais cinq à six heures par jour. Je marche, je cours. Je suis un privilégié. Ce qui m'a le plus surpris, c'est la vitesse à laquelle j'ai récupéré de mon opération. J'ai quand même passé quatre ans assis sur un divan. Ma masse musculaire en avait pris pour son rhume », confie celui qui a déjà été considéré comme le numéro un au pays vers l'âge de 16-17 ans.

Le tennis au secours

Justement, Jacques a-t-il envie de maudire la vie de l'avoir privé de ce qui s'annonçait comme une carrière sur le circuit de l'ATP? « Pas du tout, répond-il du tac au tac. Je n'ai jamais sombré dans les remords, les regrets, la dépression. J'oserais dire même que c'est le tennis qui m'a permis de traverser cette épreuve sereinement. Pour être un bon joueur de tennis, tu dois te concentrer sur un seul point à la fois, le prochain. Il faut rester dans le présent et c'est ce que j'ai fait durant ces quatre années. C'était un jour à la fois et je suis toujours demeuré confiant quant à l'issue finale. »

Le diplômé en Marketing Management de l'Université Virginia Tech ne bronche pas quand on lui raconte qu'il y a pire qu'une vie de tennisman, même dans les tournois de deuxième ordre, et que le mauvais sort a saboté un rêve qui semblait être à sa portée. Sa réplique ne laisse pas de place au doute. « Pensez-vous que je ne profite pas de la vie aujourd'hui? Je l'apprécie encore davantage et avec des yeux qui n'ont pas du tout le même regard sur ce qui m'entoure. »

Meilleure personne

Le jeune homme de 27 ans se décrit lui-même comme une meilleure personne. « Auparavant, j'avais le feu sacré pour le tennis et tout ce qui vient avec quand ton objectif est de percer dans le milieu. De l'intensité, j'en avais à revendre. Maintenant, j'ai le feu sacré pour la vie. Fini le temps des frustrations, des sautes d'humeur. Ma façon de voir la vie, c'est le plus gros changement qui s'est opéré chez moi. Je ne me projette plus cinq, six ou dix ans en avant pour savoir où je serai. Ma priorité, c'est qui je veux être. La vie vient de me donner une seconde chance. Je suis son courant, sans me soucier du lendemain », mentionne celui qui est très reconnaissant envers la population qui l'a soutenu tout au long de son calvaire.

« La facture de l'opération s'élevait au-dessus de 90 000 $ si je me souviens bien. L'argent amassé par la campagne de financement organisée à Magog a permis de régler toute la facture. J'en suis encore renversé. Je serai éternellement reconnaissant aux responsables de la campagne et aux gens qui ont donné, même un petit dollar. J'avais toute une population derrière moi. Ça donne des forces un appui de la sorte avant de passer sous le bistouri. »

Qu'on se le dise, la plus grosse victoire de Sébastien Jacques n'est plus sur un court de tennis!

L'Australie sur un coup de tête

Rien ne destinait le Magogois Sébastien Jacques à fouler le sol australien, là où il gagne maintenant sa vie. De son propre aveu, c'est sur un coup de tête qu'il a pris le chemin de ce pays.

Si le projet qu'il avait tenté de mettre de l'avant en janvier en Estrie avait donné des résultats positifs, Jacques n'aurait probablement jamais mis le cap sur le pays des kangourous. « Six mois plus tôt, j'avais reçu une offre pour aller enseigner le tennis en Nouvelle-Zélande. À l'époque j'avais ma blonde et ce n'était pas l'idée du siècle de partir à l'autre bout du monde. J'ai donc eu l'idée de mon projet, mais cela n'a pas abouti comme je le désirais. J'ai relancé la Nouvelle-Zélande, surtout que je venais de tomber célibataire, mais il était maintenant trop tard. L'idée de me tourner vers l'Australie a alors germé. J'ai envoyé des CV sans trop savoir ce que ça donnerait, mais voyez les résultats. J'aurais pu rester au Québec et me servir de mon diplôme pour me trouver du travail dans mon domaine, mais j'avais le goût de l'aventure après m'être tourné les pouces durant quatre ans. Je ne tourne pas le dos au Québec pour autant. Je reviendrai, mais ne me demandez pas quand », a commenté Jacques.

Sa famille n'avait jamais vu venir le coup. D'ailleurs, son père l'a abordé pour lui dire qu'il venait d'apprendre de la bouche de son épouse de ses projets de partir pour l'Australie. « Ce ne sont plus des projets, je pars dans quatre jours », lui ai-je annoncé.

Sébastien Jacques ne savait quand même pas trop à quoi s'attendre. « Ce que je connaissais de l'Australie, je l'avais visionné à l'écran. Depuis que j'y suis, je ne peux pas prétendre que je souffre des conditions de ce pays et de mon milieu de vie. Quand je songe à tout le chemin parcouru depuis mon opération, c'est un peu irréel », a-t-il laissé entendre lors d'une entrevue téléphonique.

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