Fitzpatrick aux portes de son rêve

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« J'aime la pression, j'aime être le gars vers qui tout le monde se tourne pour changer l'issue d'un match », explique Evan Fitzpatrick.

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(Sherbrooke) Evan Fitzpatrick est aux portes de son rêve. En fin de semaine à Buffalo, le gardien de but du Phoenix de Sherbrooke trouvera preneur parmi les 30 clubs de la LNH dans le cadre du repêchage annuel du circuit Bettman et il fera un pas de plus vers ce rêve qu'il caresse depuis qu'il est tout jeune : jouer dans la LNH.

« Je sais, ça fait un peu cliché, mais c'est tout ce qui m'occupe. Jouer au hockey, c'est toute ma vie depuis que je suis tout jeune. J'adore jouer au hockey », a récemment expliqué le rouquin gardien, classé au tout premier rang du classement nord-américain des gardiens de but.

Premier choix du Phoenix (4e au total) ici même à Sherbrooke lors du repêchage LHJMQ de 2014, Fitzpatrick débarquait au Québec déjà affublé d'une réputation le comparant à Carey Price.

Sur le parquet, pendant qu'il se rendait sur la grande scène pour y quérir son gilet bleu du Phoenix, l'entraîneur des gardiens de but de l'équipe à l'époque, Jimmy Waite, salivait déjà à l'idée de travailler avec ce jeune prodige originaire de Terre-Neuve.

On connaît la suite. Waite a quitté pour les Blackhawks de Chicago et il a été remplacé par l'ancien gardien de la LNH et membre du Temple de la Renommée de l'AHL, Jean-François Labbé.

Fitzpatrick avait de la pression. À sa première saison à Sherbrooke, il fut relégué au rang de second, derrière Alex Bureau. Une première pour lui.

Et pour sa deuxième année, Fitzpatrick fut le gardien titulaire du Phoenix. À seulement 17 ans.

« Il a fallu m'adapter à jouer moins souvent. En fin de compte, on apprend de toutes nos expériences, les bonnes comme les moins bonnes. En deux ans à Sherbrooke, je suis passé de gardien auxiliaire à gardien partant. Je considère avoir pris beaucoup de maturité en deux ans, je comprends mieux comment ça marche, et tout ce qui doit être fait pour être au sommet de mon jeu », a-t-il indiqué.

Deux saisons pas évidentes, pour Fitzpatrick. Deux saisons qui se sont ressemblées, côté statistiques. Une moyenne de 3,41 et un pourcentage d'arrêt à 0,884 en 32 matchs à sa première année, et une moyenne de 3,42 et un pourcentage d'arrêt de 0,896 en 54 matchs, à sa deuxième année.

Mais la statistique la plus impressionnante? Il a reçu le plus haut total de lancers pour tous les gardiens de la LHJMQ avec 1678, soit une moyenne de 32,8 par match. En ce sens, qui ne se rappelle pas ce fameux match des séries 2016, contre Shawinigan, alors qu'il a bloqué 73 des 76 lancers des Cataractes?

Un gardien des grandes occasions

Ses prestations inspirées au match des meilleurs espoirs BMO de la LCH en janvier dernier, et au championnat mondial U18 de l'IHHF, à Grand Forks, au Dakota du Nord, ont confirmé qu'il était l'homme des grandes occasions.

« J'aime la pression, j'aime être le gars vers qui tout le monde se tourne pour changer l'issue d'un match. C'est un peu pour ça que j'ai changé de la position de défenseur à celle de gardien, en bas âge. Je veux être le gars qui s'illustre quand le match est important, c'est l'fun. Le rendement de l'équipe l'an dernier fut difficile, mais d'affronter autant de lancers, pour moi, fut une bonne expérience. Je crois avoir progressé. »

Sa durabilité et sa maturité physique ne sont font pas de doutes auprès des équipes qui ont rencontré Fitzpatrick à Buffalo, récemment, lors des épreuves combinées destinées aux meilleurs espoirs du prochain repêchage.

« Ce fut quand même bien dans l'ensemble, j'ai bien aimé l'expérience. J'étais bien préparé et j'ai parlé à un peu plus d'une vingtaine d'équipes. On ma surtout parlé de ma famille, de mes valeurs, comment je voyais mon futur. Comme je suis un gars qui aime bien jaser, ce fut assez simple », a-t-il dit en riant.

À 6'3'', Fitzpatrick entre le moule actuel des grands gardiens qui touche la LNH.

Cette fin de semaine à Buffalo, il pourrait être le premier gardien réclamé, imitant ainsi Zachary Fucale en 2013, lorsqu'il fut réclamé par le Canadien de Montréal, au 36e rang.

Peu importe la ronde, Fitzpatrick veut aboutir dans une formation où il se sentira désiré.

« J'ai vraiment hâte, ce sera une super expérience. J'ai plus d'une vingtaine de membres de famille qui seront sur place. Alors pour moi, la ronde n'a pas trop d'importance », a dit celui qui a grandi en idolâtrant Henrik Lundqvist, des Rangers de New York.

« J'aimais davantage son look et sa prestance et sa confiance que son style, qui est différent du mien. J'ai toujours bien apprécié les Rangers, surtout, pour les couleurs de leur gilet! »

Peu importe les couleurs de l'équipe, Evan Fitzpatrick franchira une étape importante de son cheminement, cette fin de semaine.

Tirer profit d'une mauvaise nouvelle

La fin de semaine s'annonce mi-figue, mi-raisin pour le gardien Evan Fitzpatrick.

S'il sera assurément repêché à Buffalo, il a appris lundi qu'il ne fait pas partie des joueurs invités au camp estival de l'équipe canadienne U20, qui dispute le réputé championnat mondial junior, pendant la période des Fêtes.

« J'ai eu un bon talk avec lui lundi. Il était fâché, et déçu, sur le coup, mais il a rapidement oublié. Je crois que ce sera une énorme motivation pour lui, la saison prochaine. D'ailleurs, depuis qu'il est avec le Phoenix, je me plais à lui dire qu'il sera avec l'équipe canadienne à ses 19 ans », a-t-il dit à propos de son jeune gardien de 18 ans.

Evan Cormier (Saginaw, OHL), Carter Hart (Everet, WHL), Connor Ingram (Kamloops, WHL) et Zach Sawchenko (Moose Jaw, WHL) ont été invités au camp estival d'Équipe Canada.

Jean-François Labbé côtoie Evan Fitzpatrick depuis son arrivée avec le Phoenix.

Ancien gardien de la LNH avec Columbus, Labbé a récemment été intronisé au Temple de la renommée de la Ligue américaine de hockey (LAH).

« Il doit tirer profit de cette situation et la tourner à son avantage. Il doit aborder les prochaines semaines en se disant qu'il va montrer aux dirigeants de l'équipe canadienne qu'ils ont fait une erreur. Des fois, ça prend des événements comme ça pour qu'un gardien élève son jeu d'un cran », a dit Labbé.

Ce dernier a tout de même pu jaser un peu repêchage, avec son protégé, qu'il croit en mesure de trouver preneur en deuxième ronde.

« Je n'ai pas été repêché à 19 ans même si j'avais été le meilleur gardien de but au Canada chez les juniors. Je ne me suis pas laissé abattre et l'année suivante, je signais avec Ottawa. Je lui ai dit de s'amuser, que ce serait l'une des plus belles journées de sa vie.

L'important, c'est au camp de l'équipe qui t'a choisi; c'est là que tu dois démontrer que tu peux arrêter les rondelles. La ronde où tu as été repêché ne veut plus rien dire. »

Fitzpatrick et Labbé savent déjà ce que le jeune homme doit améliorer au cours des prochains mois.

« Il doit travailler sa constance. Souvent, ça vient avec la maturité. Il ne faut pas oublier qu'il a été numéro un l'an passé avec nous à 17 ans seulement. Avec les dernières séries éliminatoires qu'il a connues, il va prendre sa place dans le leadership de l'équipe. Je ne suis pas inquiet pour lui, il a toujours su faire preuve de caractère. »

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