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La mise en valeur de la faune est sous-exploitée, déplore le commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars, tout en rappelant au gouvernement québécois l'importance de la chasse et la pêche pour l'économie des régions.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Le Rapport du commissaire au développement durable sur la gestion de la faune au Québec qui vient d'être rendu public tombe dans sa palette, mais pas nécessairement dans le palmarès de ses réussites.

Au contraire, « bien que les retombées économiques s'élèvent à 900 M$ et que les activités de prélèvement, dont la chasse et la pêche, créent plusieurs emplois en région, le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP) n'a pas fait preuve du leadership nécessaire pour mettre en valeur la faune », relève le commissaire Jean Cinq-Mars après avoir examiné les pratiques au sein de ce ministère.

Êtes-vous surpris?

Pas moi. Difficile d'exploiter efficacement la ressource après avoir balloté la faune d'un ministère à l'autre, d'une réforme à l'autre. Or, les régions se meurent et la majorité des 13 500 emplois reliés à la faune se trouvent dans des secteurs frappés par la dévitalisation.

Preuve évidente que la vision s'égare dans ces labyrinthes administratifs, le plan stratégique 2014-2018 du MFFP a été adopté... en septembre 2015, a constaté l'équipe relevant du bureau de la vérificatrice générale du Québec. Cela illustre à quel point la gestion de crise (budgétaire) a pris le pas sur la planification gouvernementale.

Sans blâmer ouvertement le ministre Laurent Lessard d'avoir cautionné une hausse vertigineuse du prix des permis de chasse et de pêche en 2015, le commissaire au développement durable note qu'une baisse de clientèle est observée depuis 2007. On conviendra que ce n'était pas l'approche la plus porteuse pour freiner la décroissance.

« La part du budget (moins de 2 pour cent) consacrée à la mise en valeur de la faune semble peu compte tenu de la baisse des ventes de permis observée et de celle appréhendée à l'avenir », conclut l'analyste.

Le Ministère prétend accorder la priorité « aux menaces les plus dommageables pour la faune ». L'efficacité laisse alors à désirer, puisque « 93 des 839 dossiers pour des infractions relevées pouvant avoir un impact significatif sur les habitats ont été abandonnés en raison de retard dans la production de rapports d'expertise », retrouve-t-on également dans le rapport.

Et cela, en dépit du fait que plus de 50 pour cent des heures travaillées par les agents de protection de la faune sont passées au bureau, une proportion jugée d'ailleurs trop élevée.

« Il faut revoir l'organisation du travail des agents afin d'accroître l'effet dissuasif découlant de leur présence sur le terrain et améliorer le soutien aux zecs et aux pourvoiries », recommande le commissaire au développement durable.

Notons que la direction régionale de l'Estrie n'est pas parmi celles dont les opérations ont été passées sous la loupe pour la production de ce rapport. Les travaux de vérification ont été effectués de juillet 2015 à janvier 2016 dans les régions de la Mauricie-Centre-du-Québec, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et du Bas-Saint-Laurent.

Le ministre Lessard, à la fois répondant de la Forêt, de la Faune et des Parcs et ministre responsable du Centre-du-Québec, a pas mal d'ouvrage devant lui s'il veut nous prouver qu'il est à son affaire!

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