Un entraîneur à contre-courant

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Même s'il a tout le bagage nécessaire pour monter en grade en tant qu'entraîneur, Félix Potvin n'en fait pas une fixation.

Spectre Média, Maxime Picard

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(SHERBROOKE) Qu'on le veuille ou non, Félix Potvin tient une place importante dans la riche histoire de la Ligue de développement midget AAA du Québec. Tout d'abord, ils sont peu nombreux les joueurs issus du midget AAA (Montréal-Bourassa en 1986-87) à avoir évolué sur une base régulière durant 14 ans dans la LNH comme l'a fait Potvin. Mine de rien, depuis déjà huit ans, dont les trois dernières campagnes comme entraîneur-chef, Potvin voit au bon développement des joueurs qui percent l'alignement des Cantonniers de Magog. Bref, le courant passe bien entre Potvin et le circuit Baillargé.

Pour certains observateurs, Potvin a fait ses classes et devrait déjà être dans le junior majeur, pas à Magog. Le principal intéressé ne s'en formalise pas trop.

« Je n'ai pas de plan de carrière d'établi. Dans cinq ans, je ne serai certainement plus avec les Cantonniers, car à un moment donné il faut céder sa place à un plus jeune. C'est une ligue de développement aussi pour les entraîneurs. Si je ne suis plus dans le monde du hockey, je passerai le temps sur ma terre au lac Memphrémagog. Je n'aurai pas le temps de m'ennuyer », de confier le père de deux filles, Noémie et Félicia, et un garçon, Xavier, cerbère chez les Saguenéens de Chicoutimi.

Pas flamboyant

Dans le monde du hockey, être un entraîneur flamboyant ne nuit pas pour se dénicher un poste chez les juniors ou les professionnels. Potvin ne répond pas à ce critère. L'homme dirige même la circulation derrière son banc en ayant souvent les deux mains dans les poches. Potvin sourit.

« Ça va avec ma personnalité. J'espère qu'on me jugera plutôt sur le travail que j'accomplis avec les jeunes. Tout le monde aimerait gagner un championnat à Magog, mais avant tout mon travail consiste à développer les habiletés techniques des jeunes et les préparer pour l'étape suivante, que ce soit le junior ou les rangs collégiaux. »

Réservé, un brin solitaire, pas du genre à envoyer son CV un peu partout dans le monde du hockey, le mentor magogois ne se coupe-t-il pas des ponts lui-même en agissant de la sorte? Ne comptez pas sur lui non plus pour cogner à la porte de Hockey Québec pour diriger des formations québécoises, peu importe le groupe d'âge. Pas un gars de la gang, diront certains.

« Si on s'informe, on réalisera que je suis un passionné et que j'adore enseigner aux jeunes hockeyeurs. Je m'amuse autant que du temps où j'étais sur la glace. Après une carrière de 14 ans dans la LNH et tout près d'une dizaine comme entraîneur, en toute humilité je crois que je commence à traîner un bagage intéressant », fait valoir Potvin.

Pas Monsieur vidéo

Félix Potvin va même à contre-courant, lui qui ne fait pas une priorité des séances vidéo à n'en plus finir pour tout décortiquer.

« Ce serait différent dans le junior majeur, mais dans le midget avec des gars de 15 et 16 ans, organiser des séances vidéo sur une base quotidienne, c'est trop et on finit par les perdre. Oui à la vidéo, mais de façon bien mesurée. J'aime me fier aussi à mon instinct et mes joueurs sont tous avisés de laisser aller leur créativité sur la glace. Je ne les placerai jamais dans un carcan pour les étouffer », soutient Potvin.

Avoir connu une longue et fructueuse carrière dans la LNH se veut-il un avantage pour un entraîneur comme Potvin pour diriger des adolescents et avoir leur écoute?

« Je ne me suis jamais arrêté à ça. Et je ne suis pas dans leur tête. J'imagine qu'ils doivent se dire que je sais de quoi je parle quand je leur dis par exemple que le plus grand regret qu'ils pourraient avoir n'est pas d'avoir passé à côté d'une carrière, mais plutôt de ne pas s'être donné toutes les chances de réaliser leur rêve. Quand tu as le sentiment d'avoir tout donné, il n'y a pas de regrets à avoir», explique le choix de deuxième ronde des Maple Leafs de Toronto en 1990.

Félix Potvin se prononce...

La Tribune a abordé plusieurs sujets avec Félix Potvin, connu aussi sous le sobriquet du «Chat » à l'époque où il brillait dans la LNH. Voici ses commentaires.

Sur ses anciens entraîneurs :

« Ils ont tous été importants, chacun à leur façon. Je me suis inspiré un peu de tous mes anciens entraîneurs pour me forger une identité. Je me souviendrai toujours de Gaston Drapeau, mon premier entraîneur junior. Jos Canale était très exigeant, mais encore aujourd'hui je discute hockey avec lui quand on se croise dans les arénas. Chez les pros, j'en ai eu d'excellents, mais Pat Burns vient au sommet. Il était dur, mais honnête comme pas un. J'ai eu la chance de connaître et côtoyer Pat à l'aréna et sur le lac Memphrémagog quand il s'est installé ici. Il m'a marqué, c'est évident. »

Ses plus beaux souvenirs dans la LNH :

« Dès ma première saison à Toronto je suis venu à une victoire de participer à la finale de la Coupe Stanley. Cette année-là j'ai vécu trois séries qui ont atteint la limite de sept parties. Tout hockeyeur veut goûter à ça. Il y a eu aussi mes deux participations à la classique des étoiles. »

Sur ses anciens coéquipiers :

« J'ai toujours eu de bons amis dans mes équipes. À Toronto, Wendell Clark et Doug Guilmour m'ont bien accueilli. Même chose à Los Angeles où il y avait un certain Luc Robitaille. »

Sur sa célèbre bataille avec Ron Hextall :

« C'est incroyable, ça roule encore à la télévision et même sur les réseaux sociaux. De toute évidence, on se souvient plus de ça que de mes performances. Je ne m'en offusque pas. Heureusement, j'ai bien paru au moins. »

Sur la LNH aujourd'hui :

« Honnêtement, je regarde rarement un match au complet. À moins de travailler pour un média, la plupart des anciens joueurs de la LNH décrochent. Il y a des journalistes de Toronto qui m'appellent encore pour me demander mon opinion. Je dois faire des tours de magie pour m'en sortir parfois. »

Sur ses autres passions :

« La chasse et la pêche, sans aucun doute. L'été, je suis sur le lac tous les jours. Je suis aussi un mordu de la chasse. Mon sous-sol est rempli de souvenirs de chasse et de pêche. Nous sommes choyés par la nature ici dans la région. C'est pour ça que je me suis installé sur le bord du lac Memphrémagog avec ma famille à ma retraite. »

Sur les autres sports qu'il affectionne :

« Je suis un fan fini des Steelers de Pittsburgh. J'ai assisté à certaines de leurs parties dans leur stade. Et j'adore le soccer. Ça date même d'une vingtaine d'années. Je peux suivre tout un match à la télé, ce que je ne fais pas avec le hockey. »

Sur Hockey Québec et leur programme de développement : « Tout n'est pas parfait, mais ils ont le mérite de travailler fort et en général ça avance dans la bonne direction. Je m'interroge toutefois sur la nécessité du pee-wee AAA. D'obliger un jeune de 11 ou 12 ans à s'expatrier pour jouer AAA, je trouve que c'est exagéré. »

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